AccueilExpressions par MontaigneUn rapport sur la valorisation de la recherche descendu en flamme !La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Éducation26/03/2007ImprimerPARTAGERUn rapport sur la valorisation de la recherche descendu en flamme !Auteur Un rapport officiel traitant de la valorisation de la recherche, établi sous la supervision d'Henri Guillaume, a été publié récemment. Ce rapport a été descendu en flamme y compris par le Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Or, je trouve le diagnostic formulé dans ce rapport pertinent. Que dit-il ? La valorisation de la recherche ne progresse pas dans notre pays. « Des pans importants de la recherche publique restent Ă l’écart de la valorisation en particulier dans les universitĂ©s et au CNRS. » L’augmentation des dĂ©pĂ´ts de brevets sur les dix dernières annĂ©es ne s’est pas accompagnĂ©e de leur valorisation c'est-Ă -dire de la conclusion des licences d’exploitation avec les entreprises. Au CNRS, la gestion de la propriĂ©tĂ© intellectuelle est peu pilotĂ©e et repose sur des intervenants nombreux et Ă©loignĂ©s des laboratoires de recherche. Une seule dĂ©couverte le « taxotĂ©re » engendre 90% des revenus de valorisation du CNRS. La copropriĂ©tĂ© des brevets entre Ă©tablissements entraine des lourdeurs de gestion qui se traduisent in fine par la moindre valorisation de la propriĂ©tĂ© intellectuelle. L’organisation atypique de la recherche publique française s’avère un handicap pour la valorisation. Il se trouve qu’à la date de sortie de ce rapport, une mission de l’Institut Montaigne Ă©tait en IsraĂ«l pour analyser les modes de transfert de technologie mis en Ĺ“uvre dans ce pays (au Weizmann Institute Ă Tel Aviv et au Technion Ă Haiffa). Rappelons qu'IsraĂ«l se situe dans le peloton de tĂŞte des pays qui comptent au plan scientifique. Il consacre près de 4,8% de son PIB Ă la R/D, ce qui le situe devant l’Europe (1,9%) et les USA (2,6%). Des Ă©quipes de recherche sont Ă la pointe dans le domaine des cellules souches et des biotechnologies (Ă la 4e place mondiale derrière les USA, le Royaume-Uni et le Japon). Quatre des meilleurs articles publiĂ©s sur les cellules souches ont Ă©tĂ© Ă©crits par des israĂ©liens. C’est vrai Ă©galement en mathĂ©matiques, en cryptographie, l’un des inventeurs du code RSA est professeur au Weizmann Institute, en physique thĂ©orique, en sciences des matĂ©riaux, en chimie… Ces recherches fondamentales diffusent « naturellement » dans l’économie du pays et sont Ă l’origine de crĂ©ations d’entreprises ex-nilho ou au dĂ©veloppement d’entreprises existantes, en pharmacie, instrumentation mĂ©dicale, agriculture, environnement et bien sĂ»r dans le complexe militaro-industriel (informatique, Ă©lectronique, tĂ©lĂ©com…). En IsraĂ«l, pas de recette miracle, mais une dĂ©marche qui se caractĂ©rise par les trois Ă©lĂ©ments suivants :Une vision : L’objectif et la prioritĂ© absolue sont le dĂ©veloppement d’une recherche fondamentale d’excellence selon les standards internationaux « Our aim is to excel in basic sciences not to develop technologies ». La recherche fondamentale a nĂ©cessairement des retombĂ©es technologiques et industrielles qu’il appartient aux Institutions acadĂ©miques d’identifier, de valoriser. « Identify new scientific results which have commercial potential ».Le pragmatisme : L’institution et le chercheur peuvent s’enrichir ! Un principe opĂ©ratoire : le Brevet reste la propriĂ©tĂ© de l’institution qui cède la licence, la valorisation est gĂ©rĂ©e au plus proche de l'Ă©tablissement. Au Weizmann les royalties sont rĂ©parties de la façon suivante : 40% pour les (l’) inventeurs et 60% pour l’InstitutionAu Technion 50/50 Au Weizmann, Portefeuille de 450 Brevets dont 68% en sciences de la vie. Exemple : Pharmacie : Brevet sur 2 blockbusters (CA ~ 1 milliard de $): Le copaxone /Le rebif Estimation des revenus pour ces 2 Brevets (base de 4%) = 80 millions de $ /an dont : 48 millions $ Weizmann /32 millions $ Inventeurs Le montant global des royalties ne nous a pas Ă©tĂ© communiquĂ© (de l’ordre de 160 millions de $/an ?)Le professionnalisme De vĂ©ritables entreprises en charge de l’identification et du transfert technologique (YEDA au Weizmann, Research and Development Foundation Ltd au Technion) dirigĂ©s par des personnalitĂ©s de haut niveau. Au Technion la personne en charge dirige Ă©galement l’incubateur privĂ©. Les chercheurs cherchent ! les entitĂ©s de transfert s’occupent de toute l’intendance (Brevet…) et des nĂ©gociations avec partenaires extĂ©rieurs. Un concept intĂ©ressant : des Technical Transfet Officers avec une compĂ©tence mixte (Sciences + Business) qui rĂ©partissent leur temps Ă 50% contact interne, attitude très proactive avec les laboratoires et 50% Ă l’externe, recherche nĂ©gociations avec partenaires industriels et commerciaux.Quelques enseignements pour la France ?<br /> a) D'abord, privilĂ©gier la recherche fondamentale, les propositions de l'Institut Montaigne sont toujours d'actualitĂ©. b) Les transferts de technologies doivent-ĂŞtre gĂ©rĂ©s au niveau des Ă©tablissements ce qui exige : autonomie rĂ©elle, rĂ©activitĂ© *, prise de risque et gouvernance responsable. c) Les transferts rĂ©ussis doivent enrichir l’établissement et le (les) chercheurs Ă l’origine du transfert. Retenir les modes opĂ©ratoires suivants : Quelle que soit l’origine des fonds qui ont supportĂ© la recherche, le Brevet est propriĂ©tĂ© de l’établissement (l'universitĂ© par exemple). Les « royalties » provenant des licences sont rĂ©parties Ă 60% pour l’établissement, 40% pour les inventeurs, sans plafond pour ces derniers.ImprimerPARTAGER