Rechercher un rapport, une publication, un expert...
La plateforme de débats et d’actualités de l’Institut Montaigne
Imprimer
PARTAGER

Les leaders rĂ©vĂ©lĂ©s par le Covid-19 : Joe Biden et Kamala Harris, l’Irlandais du Delaware et la Californienne aux parents venus d’ailleurs

Les leaders révélés par le Covid-19 : Joe Biden et Kamala Harris, l’Irlandais du Delaware et la Californienne aux parents venus d’ailleurs
 Michel Duclos
Auteur
Expert Résident, Conseiller spécial - Géopolitique et Diplomatie

Comment terminer notre série de l’été sur les leaders révélés par le Covid-19 autrement que par un portrait croisé des figures du ticket Démocrate pour la Maison-Blanche ?

Michel Duclos, conseiller spĂ©cial gĂ©opolitique, rĂ©dacteur en chef de cette sĂ©rie de l'Ă©tĂ©, et auteur de ce dernier Ă©pisode

C’est peut-ĂŞtre en fĂ©vrier-mars que l’élection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine s’est jouĂ©e. Le 3 fĂ©vrier, le candidat Joe Biden Ă©tait largement distancĂ© dans les primaires de l’Iowa. Sa dĂ©faite dans le New-Hampshire Ă©tait programmĂ©e. Les rentrĂ©es de fonds se faisaient rares pour son camp. 

Beaucoup d’observateurs pensaient qu’il ne pourrait plus rester très longtemps dans la course. D’autres candidats Ă  l’investiture du parti DĂ©mocrate avaient alors le vent en poupe, tel Pete Buttitgieg, le maire si moderne, et surtout le duo des "gauchistes" formĂ© par Bernie Sanders et Elizabeth Warren. C’est d’ailleurs sans doute la rivalitĂ© entre les deux leaders de l'aile "progressiste" du parti qui a empĂŞchĂ© l’un et l’autre de gagner.

Dès les premiers meetings de la campagne, le ton avait Ă©tĂ© donnĂ©. Les militants apprĂ©ciaient tous les candidats, car la prioritĂ© des prioritĂ©s Ă©taient de "sortir" Donald Trump. Une Ă©crasante majoritĂ© de militants confiaient cependant aux observateurs que "Biden (77 ans) Ă©tait trop vieux". Ses interventions parfois dĂ©cousues et souvent larmoyantes ne contribuaient pas Ă  corriger cette perception. Pour un politicien, il y a quelque chose de pire que l’âge, c’est de faire son âge – c’est le cas de Joe Biden, malgrĂ© sa remarquable prestance physique, lorsqu’il s’exprime de manière "non scriptĂ©e". 

Puis un homme a fait basculer la campagne : Jim Clyburn (80 ans), représentant de Caroline du Sud, figure respectée de la communauté noire. Lors des primaires dans son État le 26 février, il appelle sans ambiguïté à voter pour Joe Biden malgré les piètres performances de celui-ci dans les scrutins précédents. Biden remporte la primaire de Caroline du Sud, puis celles qui suivent. Jim Clyburn n’a pas à proprement parlé apporté à Biden le vote des Afro-Américains. Il a conforté ces derniers dans leur sentiment profond : celui qui a été le second d’Obama pendant 8 ans, qui s’est toujours positionné au centre du parti, leur inspire davantage confiance que la nouvelle garde des Démocrates, plus avancée sur le plan des idées.

Un homme honnĂŞte, de souche irlandaise 

Cheval de retour s’il en est, entré en politique en 1972 comme Sénateur du Delaware, candidat malheureux à l’investiture de son parti pour les présidentielles à deux reprises, gaffeur impénitent, Joe Biden rassure à défaut d’inspirer. De souche irlandaise, il a cette qualité essentielle dans la psyché américaine, difficile à traduire en français : "he is a decent man" (c’est un homme honnête). Les drames personnels qu’il a traversés – la mort de sa femme et d’une fille alors qu’il vient à l’âge de 29 ans d’être élu au Sénat, la mort de son fils Beau lorsqu’il était Vice-Président – ont développé chez lui le sens de la compassion et de l’empathie.

En un sens, Joe Biden est l’anti-Trump par excellence.

En un sens, Joe Biden est l’anti-Trump par excellence : un politicien professionnel, adepte du compromis, qui aujourd’hui encore n’a pas de fortune personnelle. Il est mariĂ© en secondes noces Ă  une femme qui n’a jamais quittĂ© son emploi de professeur, mĂŞme quand son mari occupait la vice-prĂ©sidence. 

En ce dĂ©but d’annĂ©e 2020, il se trouve que le monde de Donald Trump bascule Ă©galement. Jusqu’alors, ses chances d’être réélu paraissaient Ă©levĂ©es. L’économie en effet Ă©tait florissante, le chĂ´mage rĂ©duit. L’ascension de Biden chez les DĂ©mocrates pouvait d’ailleurs apparaĂ®tre comme une bonne nouvelle pour le milliardaire new-yorkais. La modĂ©ration souvent teintĂ©e de confusion dans les propos qui est la marque de Biden risquait de ne pas tenir le choc devant l’énergie vindicative et le talent du dĂ©nigrement que possède Trump. L’establishment dĂ©mocrate voulait un candidat centriste pour battre Trump. Ă€ vrai dire, le raisonnement inverse aurait pu se concevoir : Ă  un homme exprimant avec violence, en violant tous les tabous, la frustration des travailleurs blancs non diplĂ´mĂ©s, peut-ĂŞtre fallait-il opposer une figure Ă©galement  "en colère", pour mobiliser notamment les minoritĂ©s, les jeunes et les abstentionnistes. Populisme contre populisme en somme.

Le Covid-19 est venu en quelques semaines bouleverser les données de la campagne. La gestion désastreuse de la pandémie nuit à l’image de Donald Trump, devenu difficile à défendre par exemple par les caciques Républicains qui ne le soutiennent que par opportunisme. Mais surtout l’économie – mère de tous les batailles électorales en Amérique - ne repart pas aussi vite et aussi fortement que cela ne serait nécessaire pour une réélection sans accroc de l’actuel Président. La crise sanitaire s’éternise, notamment dans certains États Républicains.

Elle joue aussi en faveur de Joe Biden pour une autre raison : elle le dispense d’une campagne publique, ponctuĂ©e d’innombrables meetings et dĂ©bats, qui auraient pu faire paraĂ®tre au grand jour les faiblesses du candidat. 

Sur cette campagne en elle-mĂŞme extraordinaire, s’est greffĂ©e Ă  partir du mois de mai l’affaire George Floyd. Les Ă©meutes antiracistes qu’elle dĂ©clenche ne sont pas sans rappeler l’AmĂ©rique des annĂ©es 1960. Trump essaie de rejouer le scĂ©nario de Richard Nixon qui s’était fait Ă©lire sur le slogan "Law and order". Face au mouvement "Black Lives Matter" il menace de mater les manifestants par la Garde Nationale – conformĂ©ment Ă  vrai dire Ă  de nombreux prĂ©cĂ©dents. Mais, cette fois, cette tactique lui revient en boomerang. Un dĂ©veloppement historique, que nul n’avait prĂ©vu, se manifeste dans les profondeurs de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine. Une majoritĂ© d’AmĂ©ricains, toutes appartenances raciales ou politiques confondues, se sentent solidaires de la cause antiraciste.

Peut-ĂŞtre la force et la prolongation dans le temps du mouvement "Black Lives Matter" viennent-t-elles de ce que ce qu’il constitue la rĂ©ponse de l’âme amĂ©ricaine Ă  l’idĂ©ologie suprĂ©maciste plus ou moins ouvertement promue par le prĂ©sident Trump et sa garde rapprochĂ©e. Peut-ĂŞtre plus simplement l’ampleur de la vague antiraciste rĂ©sulte-t-elle de l’évolution de la structure dĂ©mographique du pays, dans laquelle les Blancs perdent progressivement leur position dominante (par opposition aux minoritĂ©s hispaniques, afro-amĂ©ricaines et asiatiques). 

Une majorité d’Américains, toutes appartenances raciales ou politiques confondues, se sentent solidaires de la cause antiraciste.

Il est vraisemblable enfin que le Covid-19 a contribuĂ© Ă  la puissance de la protestation anti raciste car les consĂ©quences Ă©conomiques et sociales de la crise ont mis Ă  nu le système d’inĂ©galitĂ©s cumulĂ©es, reposant largement sur la question raciale, qui sous-tend encore la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine du XXIe siècle : ce sont les plus pauvres, souvent de couleur, qui perdent leurs emplois, se retrouvent sans assurance, ne peuvent plus payer leur loyer, etc.

À la lumière du Covid-19 donc, derrière la question raciale, surgit en pleine lumière celle des inégalités.

La sénatrice aux parents venus d’ailleurs

C’est ici qu'entre en scène le choix de Kamala Harris comme colistière. Joe Biden avait très rapidement dĂ©clarĂ© qu’il souhaitait une femme comme vice-prĂ©sidente. ArithmĂ©tiquement, il aurait pu recruter une politicienne blanche, puisque le vote noir, et plus gĂ©nĂ©ralement le vote des Ă©lecteurs de couleur, lui paraissait acquis. Elizabeth Warren faisait difficilement l’affaire en raison de son âge et de ses positions "radicales", de nature Ă  repousser l’électorat modĂ©rĂ©. 

D’autres noms de gouverneurs ou de responsables du parti du genre fĂ©minin et de race "caucasienne" auraient pu apporter au "ticket" DĂ©mocrate un appui en voix intĂ©ressant pour le candidat Biden, notamment dans ces États du Midwest oĂą en dĂ©finitive se dĂ©terminera comme en 2016 l’élection prĂ©sidentielle.

Toutefois, le candidat et ses conseillers ont vite compris que les griefs accumulĂ©s par les Afro-AmĂ©ricains, poussĂ©s Ă  bout par les provocations de Trump, exigeaient une vice-prĂ©sidente issue de leur communautĂ©. LĂ  aussi, de nombreux noms ont circulĂ©s, soigneusement Ă©pluchĂ©s par le comitĂ© de sĂ©lection mis en place par Joe Biden. Les candidates possibles avaient cependant toutes des handicaps : la respectĂ©e prĂ©sidente du Black Caucus Ă  la Chambre des ReprĂ©sentants, Karen Bass, avaient montrĂ© par le passĂ© une tolĂ©rance rĂ©dhibitoire pour le rĂ©gime castriste ; l’ancienne ambassadrice d’Obama Ă  l’ONU, Suzanne Rice, proche de Joe Biden n’avait pas d’expĂ©rience politique ; son curriculum vitae la rendait en outre vulnĂ©rable aux critiques des RĂ©publicains. D’autres personnalitĂ©s lĂ©gitimes manquaient d’une stature nationale.

Kamala Harris, sĂ©natrice de Californie, candidate elle-mĂŞme au dĂ©part de la course Ă  l’investiture de son parti, rapidement Ă©liminĂ©e lors des primaires, aussi centriste que l’ancien vice-prĂ©sident d’Obama, reprĂ©sente-t-elle pour Biden un choix par dĂ©faut ? Ce serait excessif de le dire, tant l’envergure intellectuelle de l’ancienne procureur de Californie, son charisme, son Ă©nergie, la dĂ©signent avec Ă©vidence pour un grand destin. Elle possède a priori le profil – ou du moins le "potentiel" - d’une "Veep" capable de remplacer un PrĂ©sident âgĂ© en cas de malheur, et de porter les couleurs du parti DĂ©mocrate lors des Ă©lections de 2024. 

Les choses n’avaient pourtant pas très bien commencé entre Joe Biden et Kamala Harris dans la campagne pour les primaires.

Au Sénat, où elle n’a siégé que deux ans, elle avait particulièrement brillé par sa pugnacité à mettre en cause les candidats de Trump aux postes d’Attorney General (Jeff Sessions) ou de membre de la Cour Suprême (Brett Kavanaugh). Flottante dans beaucoup de ses opinions, elle s’est toujours battue pour la justice sociale.

Les choses n’avaient pourtant pas très bien commencĂ© entre Joe Biden et Kamala Harris dans la campagne pour les primaires. Lors du dĂ©bat du 27 juin, la sĂ©natrice de Californie avait impitoyablement rappelĂ© Ă  l’ancien Vice-PrĂ©sident qu’il Ă©tait, dans les premières annĂ©es de sa carrière, opposĂ© au "busing" ( le transport en bus des Ă©coliers noirs pour lutter contre la sĂ©grĂ©gation raciale). Cette attaque avait d’autant plus blessĂ© Joe Biden qu’il ne s’attendait pas Ă  une telle attaque personnelle de la part de Kamala Harris : celle-ci avait Ă©tĂ© une amie de son fils Beau, attorney general du Delaware. 

Dans l’emploi qui lui est dĂ©sormais dĂ©volu, Kamala Harris n’est en outre pas dĂ©pourvue de faiblesses : son style offensif lui a fait des ennemis dans son État d’origine et au parti DĂ©mocrate. Comme procureur d’abord Ă  San-Francisco, puis pour l’État de Californie, elle a dĂ©fendu une ligne particulièrement dure pour les inculpĂ©s, qui n’est plus dans l’air du temps en raison du mouvement "Black Lives Matter". Sur beaucoup de sujets, ses positions ont Ă©tĂ© pour le moins floues et Ă©volutives. 

Surtout, la SĂ©natrice "noire", mariĂ© Ă  un juriste juif, est en rĂ©alitĂ© descendante d’immigrants, jamaĂŻcain s’agissant de son père et indienne s’agissant de sa mère. Mais c’est peut-ĂŞtre lĂ  en fait l’atout principal qu’elle apporte au ticket : Kamala Harris, Ă  55 ans, reprĂ©sente le point de gravitĂ© dĂ©mographique de l’AmĂ©rique multiraciale en devenir. Elle peut incarner le futur de la nation. Elle est de ce point de vue complĂ©mentaire d’un homme issu du vieux monde, dont l’ambition, rĂ©pète-t-il lui-mĂŞme, est de servir de pont entre les idĂ©es et entre les gĂ©nĂ©rations. 

De même que Joe Biden a eu le courage politique de surmonter sa blessure d’amour propre vis-à-vis d’une opposante particulièrement coriace, de même Kamala Harris a géré avec doigté la campagne feutrée pour le poste de candidate à la vice-présidence. Elle a su trouver l’attitude convenable – retour au Sénat après son retrait de la campagne pour les primaires, travail acharné sur les questions sociales, la lutte contre le Covid-19, le combat antiraciste. Elle s’est efforcée d’atténuer son image de brillante ambitieuse pouvant faire de l’ombre à l’éventuel futur Président des États-Unis.

Par ces temps de populisme et de crise existentielle, il n’est pas indiffĂ©rent que Joe Biden et Kamala Harris soient l’un et l’autre des politiciens professionnels. AidĂ©s par la crainte d’un scĂ©nario tel que celui de 2016 (Trump Ă©lu malgrĂ© un diffĂ©rentiel de 3 millions de voix en faveur d’Hillary Clinton), ils ont obtenu un alignement spectaculaire de tous les tĂ©nors du parti, et d’abord de Bernie Sanders lui-mĂŞme, contrairement Ă  ce qui s’était passĂ© en 2016. 

Alors mĂŞme que le programme du candidat ne retient qu’une version "light" des propositions de rĂ©forme du SĂ©nateur du Maine, Bernie Sanders a dĂ©clarĂ© lors de la convention virtuelle du parti que Joe Biden Ă©tait le plus "progressiste" des candidats endossĂ©s par les DĂ©mocrates depuis des dĂ©cennies. 

Joe Biden et Kamala Harris ont en commun cette capacité d’empathie, qui a été l’un des leitmotivs de la convention Démocrate. Michelle Obama a développé ce thème avec une efficacité oratoire remarquable. On sent confusément après des mois de Covid-19 que les populistes, tout en prétendant représenter le peuple contre les élites, sont avant tout clivants. Cela contribue à l’inefficacité de leur approche face à une crise qui s’approfondit (voir aussi Bolsonaro et dans une certaine mesure Boris Johnson).

Le candidat Démocrate s’est présenté en pacificateur, en unificateur, avec l’ambition de renouer avec la vraie Amérique.

Est-ce finalement que seuls des leaders politiques "classiques" peuvent rassembler vraiment dans des circonstances aussi terribles que celles qu’affrontent les États-Unis d’aujourd’hui ? Leur habiletĂ© politique, non plus que la "politique de l’empathie" que pratiquent Joe Biden et Kamala Harris, ne suffiront Ă©videmment pas Ă  provoquer dans les quatre ans qui viennent ce nouveau "moment Franklin Delano Roosevelt" indispensable Ă  l’AmĂ©rique. Il peut s’agir cependant de deux conditions nĂ©cessaires.

Allons plus loin : dans son discours d’acceptation de l’investiture du parti, Joe Biden s’est incontestablement haussĂ© Ă  la hauteur des circonstances. Tous les autres intervenants avaient abondamment pilonnĂ© le bilan de Trump. Sans lĂ©siner certes sur le pathos, le candidat DĂ©mocrate s’est prĂ©sentĂ© en pacificateur, en unificateur, avec l’ambition de renouer avec la vraie AmĂ©rique – a "Nation under the eyes of God" - qui n’a rien Ă  voir avec "America first". Il a aussi esquissĂ© un programme concret, expliquant avec clartĂ© ses prioritĂ©s d’action. Il a parfaitement fait passer l’idĂ©e que, Ă  la diffĂ©rence d’il y a quatre ans, les DĂ©mocrates ont cette fois une mission : sortir le pays de la crise et restaurer "l'âme de l’AmĂ©rique".

Notons au passage que toute la rhĂ©torique de la convention virtuelle des DĂ©mocrates a baignĂ© dans la religiositĂ© : c’est traditionnel aux États-Unis, mais ce trait banal trouve sans doute un Ă©cho particulier Ă  un moment oĂą un prĂ©sident aussi peu religieux que possible a pour soutien principal le mouvement Ă©vangĂ©liste. 

L’Irlandais du Delaware et la Californienne aux parents venus d’ailleurs gagneront-ils finalement les Ă©lections du 3 novembre ? L’Histoire n’est pas Ă©crite. S’ils arrivent au pouvoir, parviendront-ils vraiment, pour paraphraser leur langage, Ă  exorciser les dĂ©mons qui se sont emparĂ© de l’AmĂ©rique ? Comment fonctionnera l’alchimie entre le PrĂ©sident et la Vice-PrĂ©sidente ? Celle-ci, comme on le murmure, ne pourrait-elle, compte de tenu de l’âge du capitaine, s’imposer comme une vĂ©ritable co-prĂ©sidente, au moins en politique intĂ©rieure ? Kamala Harris s’est bien gardĂ©e dans son intervention Ă  la convention DĂ©mocrate de donner l’impression qu’elle pouvait songer Ă  un tel rĂ´le. Elle s’est surtout attachĂ©e Ă  se prĂ©senter.

Ses propos se sont par ailleurs inscrits dans la thĂ©matique sous-jacente Ă  toute cette convention, peut-ĂŞtre le vrai message de tous ces discours souvent convenus : les DĂ©mocrates veulent retrouver les sources de la "promesse de l’AmĂ©rique", renouer avec des valeurs traditionnelles – la famille, l’ouverture aux autres, l’espoir, tout ce qu’il y a de positif dans l’esprit amĂ©ricain - en relevant que ces valeurs conduisent naturellement aujourd’hui Ă  donner une place de plus en plus grande Ă  des Ă©lites beaucoup plus diverses qu’autrefois. N’est-ce pas tout le sens du ticket Biden-Harris ?

 

 

Illustration : David MARTIN pour l'Institut Montaigne

Recevez chaque semaine l’actualité de l’Institut Montaigne
Je m'abonne