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Financement des soins : la France a-t-elle besoin d’une "Grande sĂ©cu" ?

Financement des soins : la France a-t-elle besoin d’une
 Laure Millet
Auteur
Experte Associée - Santé
 Emma Ros
Auteur
Ancienne chargée de projets - Santé

En juillet dernier, Olivier VĂ©ran, ministre des SolidaritĂ©s et de la SantĂ©, confiait au Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie (HCAAM) l’étude de plusieurs scĂ©narios d’évolution sur l’articulation entre la part des dĂ©penses assumĂ©es par l’État (l’Assurance maladie, aussi appelĂ©e "SĂ©cu") et celle prise en charge par les organismes complĂ©mentaires privĂ©s (les mutuelles). Bien que le sujet semble pour le moment en suspens, il convient d’étudier les dĂ©bats soulevĂ©s par ce projet clivant. Ă€ ce titre, l’Institut Montaigne propose un Ă©clairage sur les enjeux sous-jacents en France, ainsi qu’une comparaison internationale du financement des soins dans diffĂ©rents systèmes de santĂ©. 

DĂ©penses de santĂ© : qui paie quoi en France ? 

En France, les dĂ©penses de santĂ© sont assumĂ©es par trois acteurs distincts. D’une part, la SĂ©curitĂ© sociale (ou Assurance maladie) prend en charge 79,8 % de la consommation de soins et de biens mĂ©dicaux (CSBM). Cette part Ă©tatique est financĂ©e en grande partie par l’impĂ´t ou encore les taxes affectĂ©es, comme celles sur le tabac ou l’alcool. Cette contribution de l’État est majeure et finance en quasi-totalitĂ© les soins hospitaliers (92,8 %) et une large part des soins de ville (69,2 %). 

D’autre part, les organismes complĂ©mentaires, dits Ă©galement "mutuelles", contribuent Ă  hauteur de 12,3 % au financement de la CSBM. Ces organismes interviennent principalement dans le remboursement des autres biens mĂ©dicaux tels que les audioprothèses ou les soins optiques. Ils financent Ă©galement les soins de ville Ă  19,7 %, mais ne participent qu’à hauteur de 4,6 % au financement des soins hospitaliers. 

Enfin, les ménages participent à hauteur de 6,5 %, soit 202 euros par habitant et par an, du montant de la CSBM. Ce reste à charge, l’un des plus faibles d’Europe, diminue depuis 10 ans avec la forte progression du nombre de personnes exonérées de ticket modérateur au titre des affections longue durée (ALD) et du vieillissement de la population. Les ménages participent principalement au financement des soins de ville (à hauteur de 9,3 %) et aux autres biens médicaux (17,3 %, dont 27,4 % pour l’optique médicale et 58,1 % pour les audioprothèses).

Ainsi, le système de santĂ© français rembourse très bien les soins hospitaliers, les plus coĂ»teux, mais laisse au contribuable la charge d’une part du financement des soins les plus frĂ©quents comme les soins de ville et autres biens mĂ©dicaux. Par ailleurs, bien que près de 95 % bĂ©nĂ©ficient d’une assurance santĂ© complĂ©mentaire, 5 % des Français restent exclus d’un panier de soins couvert par ces organismes. Ces inĂ©galitĂ©s d’accès aux soins peuvent notamment s’observer par l’écart d’espĂ©rance de vie Ă  30 ans entre les personnes les plus et les moins Ă©duquĂ©es (chez les hommes il est de 6 ans et demi, soit 1,5 fois plus qu’en Suède). 

C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet de "Grande SĂ©cu" dont les objectifs principaux sont de réévaluer l'articulation entre l’Assurance maladie et les organismes complĂ©mentaires, de garantir un Ă©gal accès aux soins aux citoyens et d’allĂ©ger les budgets de gestion des mutuelles. Un tel dĂ©bat ne peut nĂ©anmoins s’affranchir d’un Ă©clairage Ă  l’international afin de comprendre les diffĂ©rentes modalitĂ©s d’organisation possibles pour nos systèmes de soins. 

Quels sont les différents modèles de système de santé ?

À l’échelle européenne et occidentale, on peut distinguer trois types de systèmes de santé

1. Les systèmes nationaux de santĂ© 

Les systèmes nationaux de santé, inspirés du rapport Beveridge de 1942 et présents principalement dans les pays scandinaves, en Grande-Bretagne, Irlande, Italie et en Espagne, garantissent une universalité de la couverture maladie pour tous les citoyens, quel que soit leur statut et revenu. Le système est ainsi organisé comme un service public de santé où l’offre de soins est organisée principalement par l’État et financée par l’impôt

Ces systèmes financĂ©s par l’État tendent Ă  contrĂ´ler la circulation des patients au sein des prestataires du système de santĂ©. Ce contrĂ´le s’effectue par le mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste, qui oriente ensuite le patient vers des soins plus spĂ©cialisĂ©s. Ainsi, ces systèmes de santĂ© sont caractĂ©risĂ©s par une Ă©galitĂ© des soins ainsi que des dĂ©penses de santĂ© relativement basses dĂ»es au contrĂ´le de la circulation des patients empĂŞchant la multiplication des actes. En Suède et au Royaume-Uni, en 2020, celles-ci Ă©quivalent Ă  environ 10,3 % du PIB. NĂ©anmoins, ces systèmes s’illustrent par des files d'attente très longues pour les soins spĂ©cialisĂ©s qui empiètent sur leur efficacitĂ©. 

Au sein des systèmes nationaux de santĂ©, il est Ă©galement important de distinguer les systèmes basĂ©s sur une organisation centralisĂ©e, comme au Royaume-Uni, et ceux basĂ©s sur la dĂ©centralisation, comme en Suède. 

Au sein des systèmes nationaux de santĂ©, il est Ă©galement important de distinguer les systèmes basĂ©s sur une organisation centralisĂ©e, comme au Royaume-Uni, et ceux basĂ©s sur la dĂ©centralisation, comme en Suède. 

Ainsi, au Royaume-Uni, le National Health Service garantit aux rĂ©sidents un accès gratuit Ă  tous ses services de santĂ©. Chaque pays (Angleterre, Pays-de-Galles, Écosse et Irlande du Nord) garde une autonomie en matière de politique de santĂ©. Les soins sont organisĂ©s de manière centralisĂ©e et financĂ©s en grande partie par l'Ă©chelon national. Le système britannique prĂ©voit nĂ©anmoins la possibilitĂ© de souscrire Ă  une assurance privĂ©e Ă  la discrĂ©tion de chacun. En termes d’accès aux prestataires de soins, tout rĂ©sident britannique a la possibilitĂ© de choisir son mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste ("General Practitioner"), auprès duquel il s'enregistre pour une durĂ©e d’au moins 6 mois. Les patients ont ensuite accès aux spĂ©cialistes exerçant Ă  l’hĂ´pital, mais seulement avec l’accord prĂ©alable du gĂ©nĂ©raliste. 

En Suède, le système de santĂ© est en revanche caractĂ©risĂ© par une forte dĂ©centralisation et un accès universel aux soins. Les 21 comtĂ©s, gouvernĂ©s par des assemblĂ©es Ă©lues, ont le droit de lever des impĂ´ts pour couvrir les dĂ©penses de santĂ© et sont, Ă  cet effet, responsables de l’organisation et du financement du système de santĂ©. Celui-ci est ainsi financĂ© Ă  67 % par la fiscalitĂ© locale. Ă€ l’instar du Royaume-Uni, l'accès aux prestataires de soins en Suède est filtrĂ©. En effet, les soins primaires sont principalement assurĂ©s par des centres de santĂ© locaux regroupant des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, des infirmières et d’autres personnels paramĂ©dicaux. Les patients ont l’obligation de passer par ces centres de santĂ© et n’accèdent aux soins spĂ©cialisĂ©s et hospitaliers qu’après une consultation chez le mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste ou dans un de ces centres. 

La création d’un financement à la capitation (rémunération annuelle en fonction du nombre de patients inscrits chez le médecin référent) pour les médecins suédois dans le but de les inciter à fournir des soins de meilleure qualité afin de conserver leur patientèle a permis l’introduction progressive de la concurrence dans le système suédois. En leur offrant la possibilité de choisir leur médecin généraliste, ce changement a de plus ouvert la porte à une plus grande liberté de choix des patients.

2. Les systèmes d’assurance maladie 

En second lieu, on retrouve les systèmes d’assurance maladie, inspirĂ©s du rĂ©gime de Bismarck en Allemagne, et qui sont prĂ©sents notamment en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Belgique ou encore au Japon. Ils se sont initialement organisĂ©s par le biais de caisses d’assurance maladie dont le but premier Ă©tait de garantir aux travailleurs un revenu de remplacement en cas de maladie. Ces systèmes de protection se sont ensuite peu Ă  peu ouverts Ă  l’ensemble des citoyens. 

Financés initialement par les cotisations sociales, l’offre de soins y est à la fois privée et publique, et ce notamment pour les soins hospitaliers. Ces systèmes privilégient une liberté de choix du médecin par le patient et sont ainsi caractérisés par des dépenses de santé plus élevées que les systèmes nationaux (en raison de la possibilité de consulter plusieurs médecins pour une même pathologie). En France et en Allemagne, elles s'élèvent par exemple à 12,5 % du PIB. La qualité des soins est théoriquement assurée par la mise en place d’une concurrence entre les médecins.

Financés initialement par les cotisations sociales, l’offre de soins y est à la fois privée et publique, et ce notamment pour les soins hospitaliers.

Pour autant, malgrĂ© l’extension de la couverture maladie aux plus dĂ©munis dans la majoritĂ© de ces pays, des inĂ©galitĂ©s d’accès aux soins demeurent. 

Le premier des systèmes nationaux d’assurance maladie est apparu en Allemagne en 1883 sous l’autoritĂ© du chancelier allemand Otto von Bismarck. Depuis, le système allemand a bien Ă©voluĂ© et aujourd’hui tous les citoyens allemands sont tenus de souscrire Ă  une assurance maladie qu’elle soit publique ou privĂ©e. Ces caisses d’assurance maladie peuvent ĂŞtre publiques comme privĂ©es et sont financĂ©es par les cotisations de leurs membres. Les caisses publiques prennent en charge 87,7 % de la population et sont obligatoires pour les salariĂ©s. Leur niveau de cotisations dĂ©pend du revenu de leurs membres afin de garantir le concept de solidaritĂ©. Les caisses privĂ©es, qui couvrent 10,5 % de la population et sont rĂ©servĂ©es aux indĂ©pendants ou aux fonctionnaires, sont dĂ©pendantes de l’état de santĂ© et l’âge de l’usager. Ces cotisations sont en partie payĂ©es par les employeurs et/ou les caisses de retraite. 

Dans ce système d’assurance sociale oĂą collaborent prestataires privĂ©s et publics Ă  travers une dynamique d’autogestion, les patients ont le libre choix de leur mĂ©decin. NĂ©anmoins, l’introduction du mĂ©decin de famille (en France, le mĂ©decin traitant) a pour but de rĂ©guler la circulation des patients dans le système de soins. 

3. Les systèmes libĂ©raux de santĂ© 

Le troisième type de système de santĂ© sont les systèmes libĂ©raux de santĂ©, prĂ©sents aux États-Unis et dans certains pays d’AmĂ©rique latine. Ceux-ci proposent un système public de couverture maladie partiel et rĂ©servĂ© uniquement Ă  une partie restreinte de la population, notamment les plus dĂ©munis et les personnes âgĂ©es. Le reste de la population recourt ainsi Ă  un système d’assurance privĂ©e potentiellement pris en charge par les employeurs mais excluant une grande partie de la population de toute couverture maladie. En consĂ©quence, ces systèmes sont caractĂ©risĂ©s par de fortes inĂ©galitĂ©s d’accès et d’état de santĂ© de la population. Bien qu’ils garantissent une grande performance technologique, l’offre de soins Ă©tant quasi exclusivement privĂ©e, ils entraĂ®nent cependant des dĂ©penses de santĂ© importantes. Celles-ci reprĂ©sentaient en effet 16,8 % du PIB amĂ©ricain en 2020.

Le système amĂ©ricain combine trois types de protection maladie possibles : l'assistance mĂ©dicale gratuite pour les plus pauvres incarnĂ©e par le Medicaid ou encore le State Children’s Health Insurance Program (SCHIP), l’assurance maladie pour les plus âgĂ©s appelĂ©e Medicare, et enfin l’assurance privĂ©e. FinancĂ©e par les employeurs ou par les usagers, cette dernière est en majoritĂ© Ă  but non lucratif et concerne principalement les classes moyennes et aisĂ©es. 

Le système amĂ©ricain est ainsi orientĂ© dans une dĂ©marche d'Ă©conomie de marchĂ© dans laquelle l’État joue un rĂ´le subordonnĂ©. En effet, l'organisation et la gestion du secteur de la santĂ© incombent en grande majoritĂ© aux acteurs privĂ©s. Ainsi, aux États-Unis en 2017, seulement 36 % de la population Ă©tait couverte par un programme public de santĂ©, 55 % par une assurance privĂ©e de santĂ© et 9 % de la population ne possĂ©dait aucune couverture santĂ©.

Existe-t-il un modèle idĂ©al ? 

Chacun des trois types de systèmes de santĂ© existants possèdent ses modalitĂ©s de financement et d’organisation des soins distinctes, rendant difficile une comparaison de la "performance" de ces systèmes. Certains facteurs, comme l'espĂ©rance de vie Ă  la naissance ou encore la part des besoins de santĂ© non satisfaits, peuvent nĂ©anmoins nous aider Ă  Ă©valuer leur bon ou mauvais fonctionnement et mettre en lumière leurs forces et faiblesses. 

Seuls les États-Unis prĂ©sentent une espĂ©rance de vie infĂ©rieure Ă  la moyenne de l’OCDE [...] En termes de facteurs de risque, cependant, c’est la France qui se retrouve Ă  la dernière place.

En termes d'espĂ©rance de vie Ă  la naissance, tout d’abord, on remarque que tous les pays citĂ©s prĂ©cĂ©demment se retrouvent autour de la moyenne de l’OCDE qui est de 81 ans. L'espĂ©rance de vie Ă  la naissance pour un SuĂ©dois est de 83,2 ans, 82,9 ans pour un Français et, enfin, 81,4 ans en Allemagne et au Royaume-Uni. Seuls les États-Unis prĂ©sentent une espĂ©rance de vie infĂ©rieure Ă  la moyenne de l’OCDE (78,9 ans), mettant Ă  lumière les inĂ©galitĂ©s de prise en charge des citoyens amĂ©ricains. 

Le Royaume-Uni semble quant Ă  lui avoir le plus grand nombre de besoins non satisfaits. En effet, 4,5 % de la population britannique aurait des besoins mĂ©dicaux non satisfaits, alors qu’en Allemagne seule 0,3 % de la population se considère dans cette catĂ©gorie. En France et en Suède, ce chiffre s'Ă©lève respectivement Ă  1,2 % et 1,4 %.

La question de l’équitĂ© du système de soins peut se mesurer avec la part des dĂ©penses publiques par rapport aux dĂ©penses totales de santĂ©. Bien qu’aucun État ne couvre la totalitĂ© des dĂ©penses de santĂ©, la contribution publique est de 85 % des dĂ©penses totales en Suède, 79 % au Royaume-Uni, 78 % en Allemagne et 77 % en France. Ă€ contrario, aux États-Unis, les dĂ©penses publiques reprĂ©sentent Ă  peine 51 % des dĂ©penses totales de santĂ©, le rendant enclin Ă  des plus grandes inĂ©galitĂ©s. 

En termes de facteurs de risque, cependant, c’est la France qui se retrouve Ă  la dernière place. Des cinq pays sur lesquels nous nous sommes penchĂ©s, elle est celui avec la plus grande proportion de fumeurs journaliers. Ceux-ci reprĂ©sentent en effet près de 24 % de la population, soit presque deux fois plus qu’en Suède et aux États-Unis. En ce qui concerne la consommation d’alcool, la France est Ă  nouveau en tĂŞte du classement avec 11,4 litres consommĂ©s par habitant. Ces chiffres font Ă©cho Ă  la faible part qu’occupent les dĂ©penses liĂ©es Ă  la prĂ©vention en France : moins de 2 % des dĂ©penses de santĂ© contre une moyenne de 3,1 % pour l’OCDE. Ce manque de prĂ©vention a aussi pour consĂ©quence une perte d’autonomie prĂ©coce chez nos seniors : l’espĂ©rance de vie sans incapacitĂ© est ainsi de 64,5 ans pour les femmes et 63,4 ans pour les hommes en 2018. 

Ă€ quoi servirait une "Grande sĂ©cu" ?

Ces comparaisons internationales soulignent la diversitĂ© des modes de financement et d’organisation des systèmes de santĂ©. Tous ont leurs forces et faiblesses : les systèmes nationaux de santĂ© nous montrent qu’un "tout public" complexifie l’accès aux soins, les systèmes d’assurance maladie ne permettent pas d’assurer une couverture pour l’ensemble de sa population, tandis que les systèmes libĂ©raux en excluent une immense partie. 

Notre système de santĂ© français prĂ©sente l’un des restes Ă  charge les plus faibles d’Europe, nĂ©anmoins l’accès aux soins (financier comme organisationnel) apparaĂ®t de plus en plus complexe Ă  nos citoyens. D’après le Baromètre des Territoires, rĂ©alisĂ© par l’Institut Montaigne en collaboration avec Elabe en 2019 (et donc avant la crise sanitaire), 31 % des Français cumulent un accès compliquĂ© ou nul aux services de soins et un renoncement ou retard de soins par manque de moyens financiers. Par ailleurs, en 2021, 37 % d’entre eux dĂ©clarent avoir l’impression de vivre dans un dĂ©sert mĂ©dical. 

Ces dĂ©fis ont Ă©tĂ© soulevĂ©s durant les dĂ©bats autour de la Grande SĂ©cu opposant Assurance maladie et organismes complĂ©mentaires. Le système actuel gĂ©nère des coĂ»ts de gestion importants et exclut en effet les plus modestes de soins pris en charge par des mutuelles. Cette rĂ©forme mettrait ainsi fin Ă  cette dualitĂ© propre au système de santĂ© français, en Ă©largissant le pĂ©rimètre de la SĂ©curitĂ© sociale et en rĂ©duisant drastiquement, de fait, celui des mutuelles. Pour autant, ce projet n’adresse en rien les problĂ©matiques structurelles du fonctionnement en silo de notre système de santĂ© ni des dĂ©terminants des inĂ©galitĂ©s de santĂ© liĂ©s aux modes de vie. 

Une part prĂ©pondĂ©rante des remboursements des soins hospitaliers au dĂ©triment des soins les plus courants : comme dĂ©crit plus haut, notre système national d’assurance maladie rembourse très bien les soins hospitaliers et laisse aux organismes complĂ©mentaires et aux mĂ©nages une part consĂ©quente du financement des soins de ville et des autres biens mĂ©dicaux (optique, dentaires, prothèses auditives, etc.). Cette faible rĂ©munĂ©ration des acteurs de ville contribue au fonctionnement en silo de notre système de soins et n’incite pas les acteurs Ă  l’introduction de la qualitĂ© dans leur pratique. 

Les mutuelles jouent un rĂ´le important pour faire face aux enjeux de demain en matière de santĂ©. Elles ont un rĂ´le complĂ©mentaire Ă  l’Assurance maladie en proposant des services de santĂ© publique tels que des programmes de prĂ©vention ou encore l’accompagnement du vieillissement et de l’autonomie Ă  domicile. Ces services doivent ĂŞtre renforcĂ©s et s’inscrire dans une logique nationale de santĂ© publique. Très prĂ©sentes et actives Ă  l’échelle territoriale, les mutuelles ont ainsi la capacitĂ© de dĂ©velopper des programmes adaptĂ©s aux besoins de santĂ© de leur population en collaboration Ă©troite avec les acteurs du territoire. 

Co-écrit avec Kenza Sabri, Assistante chargée d’études.

 

Copyright : Fred DUFOUR / AFP

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