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14/04/2009
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De la fiction des diplômes nationaux garantis par l’Etat

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La crise universitaire révèle la fiction des diplômes nationaux garantis par l’Etat. Dans certains établissements universitaires, les enseignements sont interrompus depuis plusieurs mois. Cependant, les diplômes seront probablement délivrés "as usual" et visés par les Recteurs-Chanceliers, représentants de l’Etat !

A partir de ces Ă©vĂ©nements, il est temps d’ouvrir le dĂ©bat sur le maintien du monopole de la collation des grades et titres universitaires, qui freine l’harmonisation europĂ©enne – dont la France a Ă©tĂ© Ă  l’origine – pour de nombreux Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur tant publics que privĂ©s dans notre pays.

Qu’en est-il du monopole de la collation des grades et des titres universitaires par l’Etat ?

Le processus d’harmonisation europĂ©en dit de Bologne a dĂ©fini trois niveaux de rĂ©fĂ©rence de diplĂ´mes : la licence (bac + 3), le master (bac + 5), le doctorat (bac + 8).

Ces trois niveaux correspondent dans notre pays Ă  des grades, et "l’Etat a le monopole de la collation des grades et des titres universitaires". Les diplĂ´mes nationaux confĂ©rant ces grades sont fixĂ©s par voie rĂ©glementaire.

Dans les faits, c’est une direction, la Direction GĂ©nĂ©rale des Enseignements SupĂ©rieurs (DGES), qui dispose de ce monopole, un vĂ©ritable pouvoir discrĂ©tionnaire qui favorise les formations universitaires au dĂ©triment des autres Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur. Ainsi, par exemple, les Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur, consulaires ou privĂ©s, qui souhaitent dĂ©livrer le grade de master dans le domaine de la gestion, sont Ă©valuĂ©s a priori par une commission particulière, la commission Helfer, qui est beaucoup plus exigeante vis-Ă -vis de ces Ă©tablissements que ne l’est la DGES vis-Ă -vis des formations universitaires comparables. Pour la petite histoire, l’Ecole Polytechnique ne peut aujourd’hui dĂ©livrer le grade de Master en MathĂ©matiques ou en Physique Ă  ses Ă©lèves…

Si le monopole devait ĂŞtre maintenu, ne devrait-il pas ĂŞtre transfĂ©rĂ© Ă  une autoritĂ© indĂ©pendante en charge de l’accrĂ©ditation sur la base d’un cahier des charges ? Celle-ci veillerait au respect de ce cahier pour tous les Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur de notre pays publics ou privĂ©s sur un pied d’Ă©galitĂ©. Or que cette agence existe : c’est l’AERES (Agence d’Ă©valuation de la recherche et de l’enseignement supĂ©rieur), créée il y a un peu plus de deux ans. Alors pourquoi ne pas lui dĂ©lĂ©guer dès maintenant la collation des grades et titres universitaires rĂ©fĂ©rencĂ©s au niveau europĂ©en ?

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