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17/03/2009
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Assurance Maladie : vers un plafond et un plancher

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Si 90 % des assurés ont recours aux soins et à l’assurance, les dépenses de santé les plus lourdes ne sont en réalité le fait que d’une très faible proportion d’entre eux. Or, une partie de ces dépenses ne sont pas prises en charge par la collectivité. Comment restaurer la solidarité "entre peu malades et plus malades" sans mettre en péril l'équilibre du système ? Eléments de réponse dans cette analyse de Jacqueline Simon.

1 – Un constat

• "... fait maintenant de pièces et de morceaux qui n’ont plus aucune cohĂ©rence entre eux, notre système ne remplit plus son rĂ´le. En ce sens, le dĂ©ficit n’est qu’une partie du problème. Etroitement dĂ©pendant de la conception mĂŞme du système, il n’est que le symptĂ´me de bien d’autres sommes toutes plus importantes".

• "Un grand nombre de personnes qui relèvent du grand risque sont insuffisamment protĂ©gĂ©es ce qui veut dire qu’elles sont laissĂ©es avec des "restes Ă  charge" incompatibles avec des budgets de particuliers".

• "On sait qu’il est vain d’essayer d’assurer des risques… oĂą il y a autant de bĂ©nĂ©ficiaires que de cotisants". Aujourd’hui, dans une annĂ©e donnĂ©e, il n’y a que quelque 10 % de personnes qui ne vont pas voir le mĂ©decin.

2 – Une analyse du risque

Elle repose sur la rĂ©partition en vingt quantiles, par ordre croissant des dĂ©penses, de la population qui "consomme" des soins et de l’assurance :

• 90 % des assurĂ©s ont recours aux soins et Ă  l’assurance.
• La très grande majoritĂ© des assurĂ©s n’expose que des dĂ©penses modĂ©rĂ©es ou très modĂ©rĂ©es.
• Dans le dernier quantile, la dĂ©pense est plus de quatre fois supĂ©rieure Ă  celle de l’avant-dernier, reflĂ©tant ainsi le poids extrĂŞme du risque lourd.

3 – Une proposition

• En deçà d’un certain seuil annuel, les dĂ©penses de santĂ© (tant hospitalières que relevant de la mĂ©decine ambulatoire) ne seront pas prises en charge par l’Assurance Maladie. En revanche, au-delĂ  de ce seuil, les dĂ©penses seront prises en charge Ă  100 %.

• Le petit risque ainsi dĂ©fini ne sera plus pris en charge, le grand le sera en totalitĂ© par l’assureur public.

• La frontière entre les deux est Ă  la fois un plafond et un plancher : un plafond pour les sommes restant Ă  la charge de l’assurĂ©, un plancher Ă  partir duquel la prise en charge est Ă  100 %.

• Jacqueline Simon Ă©voque un seuil de 600 € qui devra ĂŞtre fixĂ© pour ramener le dĂ©ficit Ă  zĂ©ro et prĂ©conise un certain nombre de dispositions d’accompagnement :

- plancher à zéro pour les bénéficiaires actuels de la CMU ;
- plancher à zéro pour les enfants ;
- modulation du plancher pour les budgets modestes.

Cette proposition prĂ©sente l’avantage de banaliser le concept d’affection de longue durĂ©e (ALD), de rĂ©duire considĂ©rablement les restes Ă  charge pour les pathologies les plus lourdes, et restaure la solidaritĂ©, pour reprendre la formule de Jacqueline Simon, "entre peu malades et plus malades".

Elle amènera les mutuelles et les assureurs Ă  revoir leur mode d’intervention dans l’assurance maladie car nombre de nos concitoyens recourront alors Ă  l’auto-assurance.

Cette analyse de Jacqueline Simon se situe dans le prolongement de 2 études déjà publiées en janvier 2006 et février 2008[1].

Consultez ou tĂ©lĂ©chargez "RĂ©inventer l’assurance maladie" (Institut Montaigne, mars 2008)

Notes

[1] Sociétal n° 63, février 2008 ; Commentaire n° 116, janvier 2006.

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