AccueilExpressions par MontaigneAssurance Maladie : rĂ©duire le dĂ©ficit ou (et) repenser la solidaritĂ© ?La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne SantĂ©23/12/2009ImprimerPARTAGERAssurance Maladie : rĂ©duire le dĂ©ficit ou (et) repenser la solidaritĂ© ?Auteur Réduire le déficit de l’Assurance Maladie obligatoire (30 milliards d’€ prévu en 2010) est la priorité des priorités des responsables de la CNAM. Les décisions prises depuis quelques années vont dans ce sens :- le forfait de 1 € par consultation médicale ; - les hausses successives du forfait hospitalier ; - la franchise sur les médicaments et les actes chirurgicaux ; - le déremboursement de nombreux médicaments.Cependant, ces décisions, sans réduire drastiquement le niveau du déficit, remettent en question le principe de solidarité qui fonde notre sécurité sociale.Observons que dans le contexte de l’assurance maladie le concept de solidaritĂ© est ambigu : il recouvre une solidaritĂ© entre ceux qui sont malades et ceux qui sont bien portants (qui n’est qu’une mutualisation technique spĂ©cifique Ă l’assurance), ainsi qu’une redistribution financière des revenus du travail vers les bas salaires et les retraites.Or aujourd’hui, les restes Ă charge (part des dĂ©penses de santĂ© demeurant Ă la charge des mĂ©nages) après remboursement de l’assurance et de l’assurance complĂ©mentaire Ă©ventuelle sont en forte croissance. Ils atteignent des niveaux importants pour les mĂ©nages qui ne disposent pas d’assurance complĂ©mentaire (et dont les revenus, lĂ©gèrement supĂ©rieurs au seuil, ne leur permettent pas de bĂ©nĂ©ficier de la couverture universelle complĂ©mentaire) et conduisent Ă limiter fortement l'accès aux soins pour ces populations. Pour ĂŞtre rigoureux, il convient d’ajouter aux restes Ă charge (ticket modĂ©rateur, franchises, forfaits journaliers, dĂ©passement d’honoraires) le coĂ»t de l’assurance complĂ©mentaire pour apprĂ©cier le rĂ©el reste Ă charge (RRC) par rapport Ă l’assurance maladie obligatoire. C’est ce qu’a fait Jalma dans un rapport en tout point remarquable (Quel avenir pour l’assurance maladie ?www.jalma.com).Deux exemples :Une famille dont les parents ont la quarantaine, en Ile-de-France, non cadre, avec deux enfants et un contrat d’assurance complĂ©mentaire (2009), milieu de gamme :- la cotisation complĂ©mentaire : 5,95 % du revenu ; - le reste Ă charge (RAC) : 2,57 % du revenu ; - le total (rĂ©el reste Ă charge) : 8,52 % du revenu.Un couple de retraitĂ©s de 65 ans, toujours en Ile-de-France, avec un contrat d’assurance complĂ©mentaire, milieu de gamme (2009) :- la cotisation assurance complĂ©mentaire : 7,60 % du revenu ; - le reste Ă charge (RAC) : 4,05 % du revenu ; - le total (rĂ©el reste Ă charge) : 11,65 % du revenu.Par ailleurs, il est possible d’estimer le montant moyen des charges maladie : cotisation d’assurance maladie obligatoire + rĂ©el reste Ă charge en pourcentage du revenu.Pour la première famille :- l’assurance maladie obligatoire : cotisations abusivement dĂ©nommĂ©es patronales + CSG ≈ 19 % ; - le rĂ©el reste Ă charge : 8,52 % ; - soit un total de l’ordre de 27 % du revenu annuel (plus d’un trimestre).Pour le couple de retraitĂ©s :- l’assurance maladie obligatoire : CSG = 6 % ; - le rĂ©el reste Ă charge : 11,65 % ; - soit un total de l’ordre de 17,65 %.Le dĂ©ficit se creuse donc et le principe de solidaritĂ© est remis en cause ! Peut-on continuer sur cette lancĂ©e ? A notre sens, certainement pas. Les propositions de l’Institut Montaigne formulĂ©es dans RĂ©inventer l’assurance maladie sont plus que jamais pertinentes pour rĂ©duire, voire Ă©liminer les dĂ©ficits et donner tout son sens Ă la solidaritĂ©. ImprimerPARTAGER