AccueilExpressions par MontaigneAssurance Maladie : Comment sauver le système ?La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne SantĂ©04/02/2007ImprimerPARTAGERAssurance Maladie : Comment sauver le système ?Auteur Nos dépenses de santé augmentent plus vite que le taux de croissance de l'économie (1 à 2 points de plus par an), c'est une bonne chose ! Ces dépenses contribuent en effet à la création de richesse et d'emplois et, surtout, elles sont le signe que nous nous soignons bien et que nous vivons vieux. Mais … pour les comptes de notre assurance maladie, c’est autre chose ! En 2020, si nous voulons que la SĂ©cu assure le mĂŞme taux de prise en charge qu’aujourd’hui, (76%), alors nous devrons d’ici lĂ avoir doublĂ© le taux de la CSG.Si, d’ici Ă cette date, nous stabilisons en revanche en euros constants le v.olume des remboursements, le taux de couverture assurĂ© par les remboursements sera ramenĂ© de 76% Ă 55% ( soit Ă peu près le poids des dĂ©penses hospitalières par rapport au total) Les deux solutions sont inacceptables. Pour sortir de ce dilemme l’Institut Montaigne prĂ©conise de : 1. Clarifier le financement Combien de salariĂ©s sont-ils conscients que leur contribution Ă l’assurance maladie reprĂ©sente plus de 2 mois de salaire (en tenant compte de la cotisation employeur) ? Savons-nous que la cotisation d’une retraite est le tiers de celle d’un actif disposant d’un mĂŞme revenu ? En rĂ©alitĂ©, voilĂ huit ans que l’affiliation Ă la SĂ©curitĂ© sociale, historiquement liĂ©e Ă une activitĂ© professionnelle, ne l’est plus. C’est pour cela que nous prĂ©conisons un financement universel : il ne faut plus prĂ©lever une partie des cotisations maladie sur la masse salariale des entreprises, ce qui n’avait de sens que lorsque, Ă ses dĂ©buts, la sĂ©cu Ă©tait liĂ©e Ă l’état de salariĂ©. Dans le nouveau cadre que nous recommandons, les salariĂ©s percevraient un salaire super-brut (leur salaire brut actuel+ les cotisations maladie dites employeurs). Nous proposons ensuite, un financement universel qui exprime la solidaritĂ© de l’ensemble des rĂ©sidents via une CSG SantĂ© prĂ©levĂ©e sur l’ensemble des revenus (mais qui pourrait ĂŞtre modulĂ©e en fonction de leur nature – par exemple , salariĂ©s et retraitĂ©s pourraient avoir des taux diffĂ©rents… mais pas autant qu’aujourd’hui) . Autre possibilitĂ©, une TVA santĂ©. Une combinaison des deux est mĂŞme possible. Mais la fiction des cotisations sociales ne l’est plus. 2. DĂ©finir une couverture santĂ©-solidaritĂ© : c'est-Ă -dire les soins et les services de santĂ© qui relèvent de la solidaritĂ© et qui seraient pris en charge totalement. La couverture de ces biens et services est Ă la fois fonction de la pathologie du prescripteur et de l’assurĂ© (maladies les plus lourdes, personnes les plus fragiles). Elle exige Ă©galement le respect de protocoles thĂ©rapeutiques vĂ©rifiĂ©s. Le ticket modĂ©rateur, c'est-Ă -dire le la part de la dĂ©pense non remboursĂ©e, serait ainsi supprimĂ©. Ce ticket modĂ©rateur ne modère rien du tout et laisse parfois des sommes Ă charge très Ă©levĂ©es pour les assurĂ©s sociaux, souvent les plus faibles. Pour responsabiliser les assurĂ©s dans le cadre de cette couverture santĂ© solidaire, on pourrait recourir Ă une franchise annuelle raisonnable, ce qui donnerait une sĂ©curitĂ© absolue aux assurĂ©s. La franchise dĂ©finirait le plafond des dĂ©penses restant Ă leur charge. Les biens et les services non inclus dans la couverture santĂ© solidaire, les plus petits risques, relèveraient d’une assurance supplĂ©mentaire souscrite Ă titre individuel ou collectif auprès d’une caisse de sĂ©curitĂ© sociale ou dans le secteur des mutuelles ou du privĂ©, assortie d’une aide personnalisĂ©e pour les bas revenus et totalement dĂ©connectĂ©e de la couverture santĂ© solidaire. ImprimerPARTAGER