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Rencontres
Avril 2015

Les Barbares attaquent… l’environnement !

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Retrouvez les temps forts de la séance du 14 avril 2015 avec Daniel Clément, directeur scientifique adjoint de l’ADEME, Pauline Mispoulet, présidente-directrice générale du Gesec, et Nicolas Colin, cofondateur de TheFamily,

Le modèle de l’économie de masse qui a dicté les choix de production et de consommation au XXe siècle se retrouve aujourd’hui confronté aux limites naturelles de la planète. Un changement de paradigme s’impose. Comment le numérique peut-il accompagner cette transformation et optimiser la politique de l'environnement ? Est-il possible de renouveler les approches traditionnelles à travers la figure de l’entrepreneur ?

Le modèle de l’économie de masse face au dĂ©fi environnemental  


Le monde est confrontĂ© Ă  un dĂ©fi environnemental sans prĂ©cĂ©dent que nous ne pourrons pas relever sans changer de paradigme Ă©conomique. Le modèle ancien de "l’économie de masse", basĂ© sur la production de longues sĂ©ries de produits standardisĂ©s, a aujourd’hui atteint sa propre limite et s’étend au prix funeste de la prĂ©dation des ressources naturelles.

Mais face Ă  la crise environnementale, convaincre les diffĂ©rents acteurs Ă©conomiques, des plus grands aux plus petits, de l’importance de leur activitĂ© sur la sauvegarde de l’équilibre planĂ©taire n’est pas chose aisĂ©e, d’autant plus que l’argument seul de protection de l’environnement s’avère très peu efficace : "tout le monde est d’accord pour protĂ©ger l’environnement, mais personne n’est prĂŞt Ă  en payer le prix". 

Numérique et environnement : quel rôle pour les pouvoirs publics ?


Jamais les pouvoirs publics n’ont investi dans l’environnement comme ils ont investi dans les technologies de l’information et de la communication.Ce soutien, ainsi que l’accès au capital risque et l’ouverture des usages, sont pourtant des prĂ©requis au dĂ©veloppement d’un entrepreneuriat spĂ©cifique Ă  la politique de l’environnement. De plus, l’approche politique des enjeux liĂ©s Ă  l’environnement et Ă  la maĂ®trise de l’énergie a longtemps Ă©tĂ© punitive, bien que le dĂ©veloppement de l’arsenal lĂ©gislatif consĂ©quent que nous connaissons aujourd’hui a permis d’intĂ©grer de nombreuses normes et outils techniques nouveaux, Ă  caractère plus positif.

La loi de transition Ă©nergĂ©tique reste très fidèle Ă  la politique Ă©nergĂ©tique française, centrĂ©e sur l’offre d’énergie au dĂ©triment de la demande : la politique de l’énergie ne peut pas prĂ©server son modèle actuel tout en favorisant un modèle d’affaires innovant qui constituerait une menace pour elle-mĂŞme. Les pouvoirs publics sont dans une position de dĂ©fense beaucoup plus que d’ouverture et l’extrĂŞme complexitĂ© des nĂ©gociations au Parlement a un effet dissuasif.
 

Les dĂ©penses publiques dans l’environnement sont-elles mal orientĂ©es ? 

Beaucoup d’argent public a Ă©tĂ© investi mais souvent avec trop peu de pertinence, ce qui a gĂ©nĂ©rĂ© de nombreux effets pervers et de rĂ©elles dĂ©sillusions. L’ouverture du secteur Ă©nergĂ©tique Ă  la concurrence est une idĂ©e qui continue de susciter une forte opposition, dont les racines sont largement culturelles. 

Ainsi, en l’absence d’une action politique volontariste, la politique de l’environnement souffre de l’absence de transparence sur les donnĂ©es de consommation, ce qui empĂŞche toute Ă©volution des comportements individuels. Le numĂ©rique permet de diffuser les donnĂ©es et de les valoriser : il est le meilleur vecteur pour inciter les individus Ă  ĂŞtre responsables de leurs actions. 
 

Politique publique de l’environnement : oĂą sont les entrepreneurs ? 


La politique de l’environnement, dans laquelle des sommes massives d’argent public sont investies, manque d’entrepreneurs qui pourraient les exploiter au mieux afin de développer des activités innovantes.
Pourtant, l’entreprise numĂ©rique a ceci de particulier qu’elle se fonde et gĂ©nère des effets de rĂ©seaux gigantesques : plus elle grandit, plus il lui est facile de grandir. Ces effets de rĂ©seaux permettent d’avoir in fine un impact sur l’environnement : Uber par exemple rĂ©troagit sur l'achat de voitures, le partage, les transports, mais aussi l'Ă©mission de gaz polluants. 

A terme, ces effets de rĂ©seaux convergent entre les diffĂ©rents secteurs d’activitĂ©. Par exemple, les batteries qui deviendront obsolètes pour les voitures pourront servir aux panneaux photovoltaĂŻques installĂ©s sur le toit des maisons, comme le prĂ©voit l’entreprise Tesla, qui compte bien profiter de son expertise dans le domaine des batteries Ă©lectriques des vĂ©hicules pour conquĂ©rir le marchĂ© de l’énergie au sein des foyers. AssociĂ©e Ă  des panneaux solaires, ces batteries permettraient de fournir de l’électricitĂ© aux particuliers et aux professionnels sans avoir Ă  se raccorder Ă  un rĂ©seau ! 

On oppose Ă  tort transition Ă©nergĂ©tique et transition numĂ©rique. Si les datacenter sont en effet de plus en plus Ă©nergivores, les entreprises numĂ©riques sont Ă©galement particulièrement attentives Ă  l’optimisation de leurs coĂ»ts. C’est ainsi que Facebook a dĂ©veloppĂ© sa propre technologie de datacenters (OpenCompute) et, pour l’amĂ©liorer de façon continue, l’a mise en open source. On assiste ainsi Ă  une convergence progressive entre environnement et Ă©nergie, qui permet notamment d’espĂ©rer que le dĂ©veloppement des objets connectĂ©s et intelligents sera porteur de solutions nouvelles.

Les Barbares du numérique ont d’ores et déjà de nombreux atouts à leur disposition. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils en tirer profit et construire les solutions avec eux ?

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