Rechercher un rapport, une publication, un expert...
Rapport
Mars 2017

Tourisme en France :
cliquez ici pour rafraîchir

<p><strong>Tourisme en France</strong> :<br />
cliquez ici pour rafraîchir</p>
Auteurs
Blanche Leridon
Directrice des études France de l’Institut Montaigne, spécialiste des questions démocratiques et institutionnelles

Blanche Leridon est Directrice des Ă©tudes France de l’Institut Montaigne, spĂ©cialiste des questions dĂ©mocratiques et institutionnelles. Elle a rejoint pour la première fois l'Institut Montaigne en 2015. 

Tout savoir sur le groupe de travail qui a produit ce rapport
  • Lionel Benatia, Public policy manager, Blablacar
  • Cyril Delattre, EMEA business operations, Airbnb
  • Patricia Delon, Directrice du dĂ©partement commercial, RATP
  • Eric DorĂ©, Directeur gĂ©nĂ©ral, ComitĂ© RĂ©gional du Tourisme CĂ´te d’Azur
  • Anne-Sophie Frenove, EMEA business development, Airbnb
  • Franck Gervais, Directeur gĂ©nĂ©ral, Voyages-sncf.com
  • Benjamin Grange, Directeur gĂ©nĂ©ral dĂ©lĂ©guĂ©, Dentsu Aegis Network
  • Samuel Lacombe, Directeur dĂ©lĂ©guĂ© relations institutionnelles, Accorhotels.com
  • Lucie PĂ©nicaud, Digital acceleration manager, Voyages-sncf.com
  • Philippe Portier, Avocat aux barreaux de Paris, New York et Luxembourg, Jeantet AARPI
  • Benoit Sineau, Directeur gĂ©nĂ©ral, Ouicar

 

  • Jean Boschat, Partner, A.T. Kearney, rapporteur
  • Charles-Etienne Bost, Partner, A.T. Kearney, rapporteur
  • Blanche Leridon, ChargĂ©e d’études, Institut Montaigne, rapporteur
  • Patrick Rabbat, Manager, A.T. Kearney, rapporteur

Laura, de Chicago, part en France pour ses prochaines vacances d’étĂ©. Ce sera Paris pour commencer, mais impossible de programmer la suite du voyage tant il est difficile de trouver sur internet des renseignements pratiques pour visiter le reste de la France. Tant pis, elle s'organisera sur place !

Pour sa première nuit, un de ses amis français lui a recommandé un lieu insolite dans les petites rues de Montmartre. Mais impossible de réserver en ligne. Heureusement, Laura finit par trouver un numéro de téléphone…

C'est le grand jour, l'avion de Laura atterrit, la ville Lumière n'attend qu'elle… et elle attendra encore plus d’une heure avant d’arriver en transport en commun. Après avoir déposé ses bagages, elle cherche désespérément un restaurant typique ou un spectacle pour le soir mais elle ne dispose pas de wifi. Il va falloir s’équiper d’un guide et se passer des notes et commentaires des autres touristes. C'est décidé, l'année prochaine, elle partira en Espagne.

Ce tableau vous semble caricatural ? Et pourtant, il n’est pas si Ă©loignĂ© du vĂ©cu des touristes Ă©trangers en France. Explication.

L’adoption massive des sites de recommandations et de rĂ©servation en ligne, des rĂ©seaux sociaux et du partage de l’expĂ©rience touristique, ou encore la croissance exponentielle de l’usage des plateformes de l’économie numĂ©rique nous obligent Ă  nous interroger sur l’adĂ©quation de notre promotion et de notre offre touristique Ă  ces nouveaux usages. Pour rĂ©soudre cette Ă©quation nouvelle, et permettre Ă  deux des atouts majeurs de la France que sont le tourisme et la French Tech d’avancer ensemble, une mobilisation de tous les acteurs â€“ pouvoirs publics, entreprises historiques du secteur, nouveaux acteurs de l’économie numĂ©rique – est nĂ©cessaire. De leur coordination et de leurs engagements pourra Ă©merger une stratĂ©gie ambitieuse et partagĂ©e pour l’avenir du tourisme français.

Le tourisme français en perte de vitesse

Même si le contexte est difficile…

Le tourisme français est en perte de vitesse. Dans une industrie mondiale en croissance exponentielle (+8 % par an en termes de recettes touristiques en 2010 et 2015), ses performances dĂ©clinent, tant en termes de parts de marchĂ© que de recettes touristiques globales. Si ce phĂ©nomène est indissociable des Ă©vĂ©nements rĂ©cents qui ont frappĂ© la France – attentats, climat social, intempĂ©ries –  la dĂ©gradation de nos performances touristiques est surtout le fait de problèmes de fond apparus il y a bien plus longtemps.  

… il n’explique pas les difficultés de fond rencontrées par l’industrie touristique

Les problèmes structurels rencontrés par l’industrie touristique ont déjà été identifiés dans notre rapport de 2014, et c’est pour y faire face que nous formulions 12 recommandations pour restaurer la compétitivité d’une industrie fragilisée. Si des avancées significatives ont été réalisées dans de nombreux domaines, force est de constater que certaines des conclusions que nous avions dressées en 2014 restent toujours d’actualité. Elles ont parfois, à la suite des évènements de 2015 et 2016, empirées.
 

  • Depuis 2000, le rang de la France en termes de recettes touristiques internationales n’a cessĂ© de dĂ©cliner. Deuxième en 2000 derrière les Etats-Unis, la France a depuis Ă©tĂ© dĂ©passĂ©e par l’Espagne et par la Chine. 
  • La comparaison avec l’Espagne met plus encore en exergue le retard français : en moyenne, un touriste international en France gĂ©nère 490€ quand l’Espagne gĂ©nère 746€ de recettes de chacun de ses touristes internationaux, soit 50 % de plus.

Le rythme de réformes engagé doit être poursuivi et accéléré

Si des avancĂ©es très significatives - quoiqu’encore inachevĂ©es - ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es dans de nombreux domaines, telles que l’émergence de marques touristiques françaises de forte notoriĂ©tĂ©, la politique de visas, la segmentation des clientèles touristiques ou encore l’ouverture des commerces le dimanche dans certaines zones touristiques, d’autres initiatives, pourtant porteuses, tardent aujourd’hui Ă  se mettre en place, si bien qu’il nous semble essentiel de rĂ©affirmer certaines recommandations :

  • la modernisation de la promotion de nos destinations et, en particulier, la bascule vers une promotion numĂ©rique efficace ;

  • le dĂ©veloppement de la connectivitĂ© aĂ©rienne avec les marchĂ©s les plus porteurs ;

  • la refonte de la formation initiale et continue de nos professionnels du tourisme ;

  • la rĂ©forme en profondeur de la gouvernance du tourisme.

Le tourisme en France doit maintenant faire sa rĂ©volution digitale !

Pour redresser le secteur touristique français, le numĂ©rique a un rĂ´le clĂ© Ă  jouer. Economie du partage, pratiques collaboratives ou usages numĂ©riques au sens large sont autant de leviers de promotion et de renouvellement de notre offre touristique, et doivent ĂŞtre actionnĂ©s comme tels. Ils contribueront alors Ă  plein Ă  la crĂ©ation de valeur pour notre pays. 

Que peut apporter l’économie numĂ©rique  au secteur touristique ? 

  1. L’économie numérique permet de proposer des offres plus adaptées aux besoins spécifiques de certains clients et de valoriser des destinations moins connues. Si les points forts de la France sont reconnus et solidement ancrés dans les imaginaires du monde entier (patrimoine culturel, gastronomie et œnologie, art de vivre), le numérique permet de valoriser nos destinations autour de thématiques plus rares, pour s’adresser plus spécifiquement à des clientèles ciblées. Le numérique permet également la valorisation de destinations confidentielles ou très locales, en mettant à disposition des touristes du monde entier des informations pointues sur des destinations qui traditionnellement ne sont pas mises en avant.

  2. Elle crée des offres nouvelles. C’est le cas par exemple pour le tourisme nautique. La start-up Click&Boat propose des locations de bateaux de courte durée entre particuliers, en s’appuyant sur le fait qu’un bateau ne navigue que 10 jours par an en moyenne. L’ouverture de nouveaux marchés se manifeste notamment au travers du marché fluvial nautique à Paris, inexistant jusqu’alors. L’économie numérique peut jouer un rôle important dans la valorisation d’activités pendant le séjour, ce qui constitue un levier clé d’augmentation de la dépense moyenne des touristes et de l’attractivité de la destination.

  3. Le numĂ©rique est dĂ©sormais une composante incontournable de la rĂ©putation de la destination France : la France doit capitaliser sur les touristes satisfaits de leur sĂ©jour, qui peuvent constituer une chambre de rĂ©sonance puissante pour l’attractivitĂ© de la France, par exemple en ciblant les cercles les plus prescripteurs (classes crĂ©atives, designers, artistes, etc.). Le pouvoir de prescription des blogs de voyages, ainsi que des avis clients, dĂ©sormais gĂ©nĂ©ralisĂ©s, doivent Ă©galement ĂŞtre centraux dans la stratĂ©gie de promotion numĂ©rique de la France.

  4. L’économie numĂ©rique et plus spĂ©cifiquement l’économie de partage permet d’ouvrir des capacitĂ©s supplĂ©mentaires dans des zones tendues et des territoires sous-exploitĂ©s. A Paris, on estime Ă  20 000 chambres le dĂ©ficit de logements touristiques. Avec 70 000 offres de logements, des acteurs de l’économie de partage permettent de rĂ©pondre en partie au sujet de la sous-capacitĂ© Ă  Paris, en particulier lors d’évĂ©nements ponctuels. A l’inverse, des pans entiers de nos territoires ne sont pas suffisamment exploitĂ©s. L’ouverture de capacitĂ©s d’hĂ©bergement chez l’habitant sur ces territoires est une vraie solution Ă  une meilleure valorisation touristique de certains territoires et Ă  une meilleure rĂ©partition de nos flux touristiques, aujourd’hui concentrĂ©s Ă  60 % sur quatre rĂ©gions (Ile-de-France, PACA, RhĂ´ne-Alpes et Languedoc-Roussillon).
     

Dix propositions pour que le digital donne un nouvel élan au tourisme en France

1
Refondre notre système statistique de mesure du tourisme pour le mettre en conformité avec les nouveaux usages numériques et le rendre disponible et lisible à l’ensemble des acteurs
Détails
  • Proposition 1 IntĂ©grer dans la statistique nationale tous les aspects de la nouvelle Ă©conomie, dont les nuitĂ©es en location touristique de courte-durĂ©e via plateformes, les dĂ©placements en covoiturage et la restauration entre particuliers, qu’il est nĂ©cessaire d’identifier en tant que tels dans les reportings nationaux.
  • Proposition 2 Accompagner le travail d’Atout France de segmentation touristique pour bâtir un dispositif national d’enquĂŞte sur les profils clients. ComplĂ©ter les indicateurs mesurĂ©s sur chacun de ces segments pour permettre une meilleure comprĂ©hension des comportements. DĂ©finir une base d’indicateurs communs et harmonisĂ©s pour les enquĂŞtes rĂ©alisĂ©es par les 13 observatoires rĂ©gionaux du tourisme des CRT des nouvelles grandes rĂ©gions. Les rĂ©ponses annualisĂ©es seront ensuite agrĂ©gĂ©es par Atout France, qui animera le lien opĂ©rationnel entre les diffĂ©rents observatoires.
  • Proposition 3 Rendre disponible l’ensemble des informations agrĂ©gĂ©es sur le site d’Atout France, afin de crĂ©er un observatoire des pratiques et des flux touristiques, Ă  disposition de l’ensemble des acteurs du secteur.
2
Restaurer la compétitivité internationale des acteurs du tourisme en France en veillant à la simplicité et à l’utilité de toute réglementation future et en l’évaluant à l’aune de la valeur ajoutée touristique
Détails
  • Proposition 4 Ă‰valuer par des Ă©tudes d’impact toute nouvelle rĂ©glementation destinĂ©e Ă  encadrer l’activitĂ© des acteurs de la restauration et de l’hĂ´tellerie, en prioritĂ© Ă  l’aune de la valeur ajoutĂ©e pour les touristes.
  • Proposition 5 Veiller Ă  ce que toute rĂ©glementation nouvelle prĂ©serve et garantisse la simplicitĂ© d’usages de l’hĂ©bergement occasionnel entre particuliers.
3
Aligner les stratégies marketing des entreprises du tourisme avec la stratégie de promotion nationale définie par Atout France.
Détails
  • Proposition 6 Impliquer davantage les entreprises de la filière touristique dans la traduction opĂ©rationnelle du schĂ©ma promotionnel de la France. Leur place au sein des clusters et des commissions stratĂ©giques d’Atout France doit ĂŞtre renforcĂ©e.
  • Proposition 7 Partager des stratĂ©gies de promotion de destinations spĂ©cifiques selon un calendrier annuel en coordination avec les instances stratĂ©giques de la destination France (Atout France, comitĂ©s rĂ©gionaux du tourisme, offices du tourisme, etc.). Charge aux marques de coordonner leurs actions commerciales en fonction de ce calendrier.
  • Proposition 8 Utiliser le levier du digital pour comprendre finement les besoins des touristes. Cela peut passer par la consolidation par un tiers de confiance de donnĂ©es propres Ă  diffĂ©rents acteurs du tourisme, afin de permettre une meilleure comprĂ©hension de la consommation touristique en France.
  • Proposition 9 Initier des expĂ©rimentations permettant  de crĂ©er des parcours touristiques complets entre diffĂ©rents acteurs.
4
Créer des synergies fortes entre le secteur du tourisme et le dynamisme du secteur numérique en France
Détails
  • Proposition 10 CrĂ©er un rĂ©seau national d’incubateurs dans le secteur touristique. DĂ©cliner le modèle du Welcome City Lab sur un certain nombre de filières touristiques (tourisme littoral, de montagne, gastronomique, patrimonial, etc.) afin de rĂ©pondre au double impĂ©ratif de spĂ©cialisation et d’innovation de ces filières. RĂ©partir les diffĂ©rents incubateurs spĂ©cialisĂ©s sur l’ensemble du territoire français afin de crĂ©er le premier rĂ©seau national d’incubateurs du tourisme.
Télécharger
<p><strong>Tourisme en France</strong> :<br />
cliquez ici pour rafraîchir</p>
Rapport
(108 pages)
Télécharger
Recevez chaque semaine l’actualité de l’Institut Montaigne
Je m'abonne