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Rapport
Juin 2019

Europe-Afrique :
partenaires particuliers

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partenaires particuliers

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Auteurs
Mahaut de Fougières
Responsable du programme Politique internationale

Mahaut de Fougières Ă©tait responsable du programme Politique internationale jusqu'Ă  FĂ©vrier 2023. Dans ce cadre, elle pilote les travaux de l'Institut Montaigne sur la dĂ©fense, la politique Ă©trangère, l'Afrique et le Moyen-Orient, et mène des projets transversaux au sein du pĂ´le international. Auparavant, elle Ă©tait chargĂ©e d'Ă©tudes sur les questions internationales, depuis 2018.

Diplômée de King's College London et de University College London (UCL) en relations internationales, elle a également étudié à l'université américaine de Beyrouth (AUB).

Dalila Berritane
Contributrice sur les questions africaines

Dalila Berritane a créé et dirige la société Nedjma Consulting. À la tête de sa société de conseil en influence et communication, elle accompagne les entreprises qui investissent en Afrique, en Europe et en Asie. En 2017, elle a été rapporteur du dernier rapport sur l’Afrique de l’Institut Montaigne. Avant de créer sa société, Dalila Berritane dirigeait la Communication et la RSE de la filiale Afrique d’un groupe international. Spécialiste des questions économiques, Dalila Berritane a également été pendant près de 20 ans grand reporter pour RFI, où elle s’est rendue dans une quarantaine de pays d’Afrique. Dalila Berritane a vécu 3 ans en Côte d’Ivoire.

Groupe de travail

Les opinions exprimées dans ce rapport n’engagent ni ces personnes ni les institutions dont elles sont membres.

Membres du groupe de travail

  • Dalila Berritane, Founder & CEO, Nedjma Consulting
  • Thierry DĂ©au, PrĂ©sident, Meridiam
  • Jean-Michel Huet, Partner, BearingPoint
  • Larabi JaĂŻdi, Senior Fellow, Policy Center for the New South
  • Dominique Lafont, CEO, Lafont Africa Corporation
  • Frannie LĂ©autier, COO, Trade & Development Bank
  • Alain Le Roy, Ambassadeur de France, ancien SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Service europĂ©en pour l’action extĂ©rieure
  • Antoine de Saint-Affrique, CEO, Barry Callebaut
  • Georges Serre, Relations institutionnelles, CMA CGM

Rapporteurs

  • Lucie Cogino
  • Awa DĂ©, Policy Expert, Banque de France
  • Ludovic Morinière, Directeur Afrique et dĂ©veloppement international, BearingPoint

Ainsi que

  • WaĂ«l Abdallah, assistant chargĂ© d’études, Institut Montaigne
  • Mahaut de Fougières, chargĂ©e d’études, Institut Montaigne
  • François Jolys, assistant chargĂ© d’études, Institut Montaigne
Personnes auditionnées

Les opinions exprimées dans ce rapport n’engagent ni ces personnes ni les institutions dont elles sont membres.

L’Institut Montaigne remercie également toutes les personnes rencontrées ou auditionnées dans l’élaboration de ce rapport, et particulièrement Gilles Babinet, Conseiller sur les questions numériques à l’Institut Montaigne, Eric Chaney, Conseiller économique à l’Institut Montaigne, Michaël Cheylan, Président de Corrèze & Zambèze et Viviane Nardon, Directrice de cabinet chez Meridiam.

  • Zineb Abbad El Andaloussi, Partner, Helios Investment Partners
  • Ibrahim Assane Mayaki, SecrĂ©taire exĂ©cutif, ADUA-NEPAD
  • Benjamin Audinos, Directeur rĂ©gional Afrique, Egis
  • Mossadeck Bally, PrĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral, AzalaĂŻ Hotels
  • Dolika Banda, CEO, African Risk Capacity
  • Chakib Benmoussa, Ambassadeur du Maroc en France
  • Christian Bevc, Head of Infrastructure, KfW IPEX
  • Pascal Blanchard, Chercheur au Laboratoire communication et politique (CNRS) et codirecteur du Groupe de recherche Achac
  • Khaldoun Bouacida, Managing Director and Country Cluster Head Northwest Africa, BASF
  • Alexandre Boudet, Project manager Africa, MEDEF International
  • Deborah Brautigam, Director of the SAIS China Africa Research Initiative, Johns Hopkins School of Advanced International Studies (SAIS)
  • Sophie Burel, Directeur adjoint des Affaires Publiques, Renault
  • Guillaume Chabert, Chef du service des affaires multilatĂ©rales et du dĂ©veloppement, Direction GĂ©nĂ©rale du TrĂ©sor
  • GrĂ©goire Chauvière Le Drian, Conseiller du Vice-prĂ©sident, Banque europĂ©enne d’investissement
  • Sarga Antoine Coulibaly
  • Muriel Dubois, Directrice du dĂ©veloppement Afrique, SciencesPo Executive Education
  • Robert Dussey, Ministre des Affaires Ă©trangères du Togo, NĂ©gociateur en chef ACP - Cotonou 2020
  • Ambroise Fayolle, Vice-prĂ©sident, Banque europĂ©enne d’investissement
  • Louise Fresco, PrĂ©sident du Conseil ExĂ©cutif de Wageningen University and Research
  • Sandrine Gaudin, SecrĂ©taire GĂ©nĂ©rale, SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral des affaires europĂ©ennes
  • Philippe Gautier, Directeur gĂ©nĂ©ral, MEDEF International
  • Etienne Giros, PrĂ©sident dĂ©lĂ©guĂ©, CIAN
  • Stephan-EloĂŻse Gras, Directrice des partenariats stratĂ©giques - Afrique, OpenClassrooms
  • Jean-Louis Guigou, PrĂ©sident, IPEMED
  • Jaouad Hamri, PrĂ©sident de la Commission Ă©thique et bonne gouvernance, ConfĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale des entreprises du Maroc
  • François HĂ©ran, Professeur, Collège de France
  • Mohamed Laâziz Kadiri, PrĂ©sident de la Commission diplomatie Ă©conomique, Afrique et Sud-Sud, ConfĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale des entreprises du Maroc
  • Anne-Elvire Kormann-Esmel, Programs Coordinator & Advocacy Lead, AfroChampions
  • Philippe Labonne, Directeur gĂ©nĂ©ral adjoint, BollorĂ©
  • Patrick Lawson, Directeur des Concessions, BollorĂ©
  • FaĂŻcal Leamari, Directeur exĂ©cutif marchĂ©s de capitaux Groupe, Attijariwafa Bank
  • Camille Le Coz, Policy Analyst, Migration Policy Institute Europe
  • Thibault Le Gonidec, Conseiller relations extĂ©rieures, Ministère de l’Europe et des Affaires Ă©trangères
  • Carlos Lopes, Haut reprĂ©sentant de l’Union africaine pour les Partenariats avec l’Europe
  • Stefano Manservisi, Directeur gĂ©nĂ©ral pour la coopĂ©ration internationale et le dĂ©veloppement, Commission EuropĂ©enne
  • RĂ©mi MarĂ©chaux, Directeur Afrique et OcĂ©an Indien, Ministère de l’Europe et des Affaires Ă©trangères
  • Amine Marrat, Head of Strategy and Chief Economist, Attijariwafa Bank
  • Nicolas Martin, CEO e-commerce, Jumia
  • Kabirou Mbodje, PrĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral, WARI
  • Yvonne Mburu, CEO, Nexakili, membre du Conseil prĂ©sidentiel pour l’Afrique
  • AĂŻchatou Mindaoudou, Ancienne Ministre des Affaires Etrangères du Niger, Ancienne ReprĂ©sentante SpĂ©ciale du SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral des Nations-Unies en CĂ´te d’Ivoire, CEO Ipiti Consulting
  • Elisabeth Moreno, Vice President and Managing Director HP Africa
  • Faycal Mouaci, Directeur, VAMED Projets Hospitaliers Internationaux France
  • Uwe Mueller, Director for Ports, Airports, Social Infrastructure, KfW IPEX
  • Dominique Musset, Directeur du Business Development de la RĂ©gion Afrique Moyen-Orient Inde et Pacifique, Renault
  • Emmanuel Okalany, Technical Specialist for Development and Partnership, RUFORUM
  • AkotchayĂ© Okio, ChargĂ© de dĂ©veloppement Afrique, SACEM
  • Dr Gilles OlakounlĂ© Yabi, Fondateur, WATHI
  • Talal Ouazzani, Directeur syndication Groupe, Attijariwafa Bank
  • Franck Paris, Conseiller Afrique, PrĂ©sidence de la RĂ©publique
  • Christophe Parisot, Sous-directeur des relations extĂ©rieures de l’UE, Ministère de l’Europe et des Affaires Ă©trangères
  • Eric Pignot, CEO Enko Education
  • Jean-Michel Ristori, Directeur du dĂ©veloppement international, Egis
  • RĂ©my Rioux, Directeur gĂ©nĂ©ral, AFD
  • StĂ©phanie Rivoal, Ambassadrice, SecrĂ©taire GĂ©nĂ©rale du Sommet Afrique-France 2020
  • Hamza Rkha Chaham, CEO, Sowit
  • Kamil Senhaji, Regional Director Africa, Middle East, Asia & Latin America, Galileo Global Education
  • Patrick Sevaistre, PrĂ©sident de la commission institutions europĂ©ennes, CIAN
  • Coumba TraorĂ©-Peytavin, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©rale, Fondation Forum de Bamako
  • Bruno Witvoet, PrĂ©sident Afrique, Unilever

14 kilomètres sĂ©parent l’Europe de l’Afrique par le dĂ©troit de Gibraltar. Cette proximitĂ© gĂ©ographique va de pair avec des relations Ă©conomiques, des Ă©changes diplomatiques et de nombreux dĂ©fis communs (sĂ©curitaires et climatiques notamment). Pourquoi parler de cette relation aujourd’hui ? Parce que l’Accord de Cotonou, qui rĂ©git les relations politiques, Ă©conomiques et financières entre l’Union europĂ©enne et 48 pays d’Afrique subsaharienne, expire le 29 fĂ©vrier 2020. Se pose ainsi aux deux continents la question du partenariat qu’ils souhaitent dĂ©finir entre eux pour les 20 prochaines annĂ©es, et du niveau d’ambition de celui-ci. 

Il convient aujourd'hui de replacer le partenariat avec le continent africain au centre de l’agenda européen. De fait, le cours actuel des négociations ne semble pas être à la hauteur des enjeux.

C’est dans ce contexte que l’Institut Montaigne s’est affranchi du cadre formel de Cotonou et a rassemblé des acteurs africains et européens, issus des secteurs public, privé et de la société civile pour penser pleinement un partenariat ambitieux, basé sur des priorités claires. Une nouvelle vision des relations Europe-Afrique doit être concrétisée.

Une communauté de destin dans un contexte en perpétuelle évolution

Depuis la signature de l’Accord de Cotonou, il y a près de 20 ans, l’Afrique, l’Union européenne et le contexte international ont profondément évolué. L’UE s’est élargie à 28 Etats membres, dont certains n’ont aucun lien historique avec les pays africains. L’Afrique, pour sa part, a connu de profondes ruptures démographiques, technologiques et économiques, qui ont propulsé sa croissance et porté des changements institutionnels, comme la transformation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) des pères fondateurs, en Union africaine (UA).
 

    Europe-Afrique : partenaires particuliers


    Loin des seules questions Ă©conomiques et sĂ©curitaires, auxquelles on tend Ă  rĂ©duire leur relation, l’UE et l’Afrique sont Ă©troitement liĂ©s sur quatre questions clĂ©s : diplomatie, multilatĂ©ralisme et influence internationale ; Ă©conomie, dĂ©veloppement et finances ; sĂ©curitĂ© et dĂ©fense ; changement climatique et mobilitĂ© humaine. 

    Une vĂ©ritable "communautĂ© de destin" qui appelle Ă  un partenariat fort et renouvelĂ©, dont la vision doit reposer sur trois axes principaux :

    • rĂ©affirmer les objectifs du dĂ©veloppement durable (ODD) comme vision commune, d’abord. Au nombre de 17, les ODD sont des objectifs de prospĂ©ritĂ© qui prennent en compte la prĂ©servation de la planète. Ils ont Ă©tĂ© adoptĂ©s en 2015 par l’ensemble des pays du monde et doivent ĂŞtre atteints d’ici 2030 ;
       
    • mieux se connaĂ®tre, ensuite : des rĂ©seaux d’influence communs, des Ă©changes entre Ă©tudiants et chercheurs europĂ©ens et africains, une communication plus active sur les rĂ©alisations de l’UE sur le terrain sont essentiels ; 
       
    • enfin, placer l’objectif de crĂ©ation d’emplois en Afrique en prioritĂ© absolue, et urgente : d’ici 2050, 30 millions de jeunes Africains entreront sur le marchĂ© du travail !

    Un partenariat centré autour de cinq défis clés

    Le partenariat Europe-Afrique doit ĂŞtre centrĂ© sur cinq prioritĂ©s, rĂ©pondant aux dĂ©fis majeurs auquel le continent africain devra faire face afin d’atteindre l’objectif ultime de crĂ©ation d’emplois. Ces dĂ©fis sont les suivants : l’environnement des affaires, l’industrialisation et l’insertion dans l’économie mondiale, la fiscalitĂ©, l’intĂ©gration rĂ©gionale, et la formation professionnelle. Si apporter des rĂ©ponses Ă  ces enjeux sera bĂ©nĂ©fique pour le continent africain, l’Europe aussi en tirera des bĂ©nĂ©fices dans le cadre d’une coopĂ©ration privilĂ©giĂ©e.

    L’environnement des affaires

    Les conditions politiques, lĂ©gales, institutionnelles et rĂ©glementaires des pays africains ne sont aujourd’hui pas optimales pour les entreprises Ă©trangères souhaitant investir sur le continent africain, ce qui entrave l’attractivitĂ© de ces pays. Les infrastructures sont un Ă©lĂ©ment clĂ© de l’attractivitĂ© - et donc de l’activitĂ© Ă©conomique - d’un pays ou d’un marchĂ©. Sans route ou chemin de fer en bon Ă©tat entre Dakar et Bamako, quelle entreprise Ă©trangère comme locale peut considĂ©rer le SĂ©nĂ©gal ou le Mali comme un grand marchĂ©, dans lequel il est intĂ©ressant d’investir ? Or, les besoins en matière d’infrastructures demeurent colossaux dans les pays africains, en quĂŞte d’investissements Ă©trangers. 

    L’industrialisation et l’insertion dans l’économie mondiale 

    L’Afrique ne reprĂ©sente aujourd’hui que 2 % des chaĂ®nes de valeur - c’est-Ă -dire de l’ensemble des activitĂ©s amenant un produit de la conception, Ă  la production, jusqu’à la livraison au consommateur final - mondiales. L’industrie du continent, centrĂ©e en grande partie sur les matières premières, est insuffisamment compĂ©titive et crĂ©e localement peu de valeur ajoutĂ©e. Par ailleurs, le continent africain souffre aujourd’hui d’un dĂ©ficit de chaĂ®nes de valeur rĂ©gionales africaines.  

    La fiscalitĂ© 

    Pour financer les 600 milliards de dollars par an nĂ©cessaires au dĂ©veloppement, les Etats africains doivent et ont le potentiel de dĂ©gager davantage de ressources domestiques, par la collecte des impĂ´ts. Cela aura Ă©galement un impact sur l’attractivitĂ© des pays africains pour les entreprises, notamment europĂ©ennes, qui ont tendance Ă  ĂŞtre surimposĂ©es. 

    L’intĂ©gration rĂ©gionale 

    Le commerce intra-africain reprĂ©sente aujourd'hui moins de 18 % des Ă©changes du continent. Si l’entrĂ©e en vigueur, en juillet 2019, d’une Zone de libre-Ă©change continentale (ZLEC) signĂ©e par 44 pays africains et ratifiĂ©e par 22, est une promesse d’amĂ©lioration de ce point de vue, celle-ci ne doit pas masquer les dĂ©fis futurs de l’intĂ©gration rĂ©gionale africaine. Il existe en effet d’importantes diffĂ©rences de revenus entre les pays et les capacitĂ©s des institutions rĂ©gionales existantes - UEMOA (Union Ă©conomique et monĂ©taire ouest africaine), CEDEAO (CommunautĂ© Ă©conomique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), CEEAC (CommunautĂ© Ă©conomique des Etats de l’Afrique centrale), SADC (CommunautĂ© de dĂ©veloppement d’Afrique australe), EAC (CommunautĂ© d’Afrique de l’Est) - sont aujourd’hui trop faibles. 

    La formation professionnelle 

    Environ 30 millions de jeunes africains arrivent sur le marchĂ© du travail chaque annĂ©e. Or, la formation professionnelle n’est pas Ă  la hauteur des besoins du continent africain  : elle est trop peu financĂ©e et inadaptĂ©e aux besoins des entreprises qui doivent souvent supporter des formations de rattrapage, ce qui reprĂ©sente des coĂ»ts importants, voire rĂ©dhibitoires, pour ces dernières.
     

    Quels outils pour l’UE au service de ces prioritĂ©s ?

    Bien qu’elle engage des moyens variĂ©s et importants Ă  destination du continent africain, l’action de l’UE est encore trop peu lisible, visible et efficace. L’UE doit repenser les outils de son partenariat avec l’Afrique, en particulier sur trois volets.  

    • Le Fonds europĂ©en de dĂ©veloppement (FED), l’instrument financier de l’UE Ă  destination des pays d’Afrique subsaharienne dans le cadre de Cotonou, privilĂ©gie aujourd’hui l’aide sous forme de soutien financier, en particulier aux Etats. Afin de crĂ©er un environnement favorable Ă  l’investissement privĂ© dans les pays africains, il convient de favoriser l’assistance technique, c’est Ă  dire l’apport de savoir-faire, sous forme de personnel ou de formation par exemple, qui reprĂ©sente aujourd’hui Ă  peine plus de 3 % de l’aide de l’UE. Cette assistance technique doit ĂŞtre ciblĂ©e tout particulièrement vers le secteur privĂ©, PME et ETI en premier lieu, sans nĂ©anmoins dĂ©laisser l’assistance technique auprès des administrations africaines, notamment dans la mise en oeuvre des projets, et l’harmonisation des lĂ©gislations.
       
    • Ă€ l’heure actuelle, parmi les financements de l’UE, peu sont dĂ©diĂ©s au secteur privĂ©. En outre, les procĂ©dures permettant aux acteurs du secteur privĂ© d’obtenir ces financements sont trop lentes et complexes - c’est lĂ  l’un des talons d’Achille de l’Europe en Afrique, notamment face aux pays Ă©mergents. Un exemple parlant : six ans de discussions ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires entre Africains et EuropĂ©ens pour dĂ©velopper une infrastructure ferroviaire qui relie Djibouti Ă  Addis Abeba, sans succès... tandis qu’il n’a fallu que deux ans Ă  la Chine pour construire les rails et faire rouler un train. L’UE doit s’atteler Ă  faciliter l’accès Ă  ses financements pour les entreprises africaines et europĂ©ennes, qui sont les plus Ă  mĂŞme de crĂ©er des emplois sur le continent africain.
       
    • Dès 1970, la plupart des pays membres du ComitĂ© d’aide au dĂ©veloppement de l’OCDE se sont engagĂ©s Ă  consacrer 0,7 % de leur RNB Ă  l’aide publique au dĂ©veloppement (APD). Cet objectif, aussi symbolique soit-il, axe les politiques publiques en matière d’APD sur les montants engagĂ©s plutĂ´t que sur l’impact des projets financĂ©s. Afin de maximiser l’impact de l’APD versĂ©e par l’UE, cette dernière doit dĂ©velopper des outils destinĂ©s Ă  diminuer le risque associĂ© Ă  l'investissement privĂ© sur le continent africain, tels que des garanties. Dans ce cadre, les initiatives de finance mixte (“blending finance”), associant ressources publiques et privĂ©es, doivent ĂŞtre dĂ©multipliĂ©es.

    Nos propositions

    1
    Repenser le paradigme du partenariat UE-Afrique
    Détails

    Partager une vision commune du partenariat
    Centrer le partenariat UE-Afrique autour des 17 objectifs de développement durable (ODD). S’appuyer sur les ODD pour faire du partenariat UE-Afrique un espace de réciprocité et d’équilibre des échanges pour une meilleure appropriation par chacune des parties des enjeux nationaux, continentaux et mondiaux.
     
    Faire de l’environnement des affaires une prioritĂ© commune 
    Mettre en place une chambre arbitrale euro-africaine sur les litiges commerciaux, financiers et judiciaires qui touchent les entreprises européennes en Afrique et africaines en Europe.
     
    Miser sur les institutions pour renforcer les intégrations régionales et continentales
    DĂ©finir une feuille de route prĂ©cise pour dĂ©velopper une relation forte de continent Ă  continent entre l’UA et l’UE, au sein de laquelle cette dernière pourrait mieux partager son expertise d’intĂ©gration acquise au cours de ses 60 annĂ©es d’existence. Cette feuille de route pourra notamment fixer le cadre :

    • des compĂ©tences renforcĂ©es de l’UA et de la dĂ©finition de sa subsidiaritĂ© par rapport aux États membres et aux organisations rĂ©gionales ;
    • de la stricte application par tous des règles rĂ©gionales de tarification douanière et de libre circulation des biens, des personnes et des capitaux au sein de la zone de libre-Ă©change continentale africaine (ZLECA) ;
    • du renforcement des capacitĂ©s sectorielles prioritaires (agriculture, Ă©ducation, santĂ© et infrastructures rĂ©gionales) des instances rĂ©gionales existantes.
    2
    Porter ensemble une ambition économique forte
    Détails

    Structurer une offre europĂ©enne sur les infrastructures 
    Bâtir une offre europĂ©enne intĂ©grĂ©e publique/privĂ©e de dĂ©ploiement d’infrastructures durables en Afrique en valorisant les avantages comparatifs europĂ©ens (l’attention portĂ©e Ă  la soutenabilitĂ© financière, Ă  la qualitĂ© et au caractère durable, Ă  la maintenance, ainsi qu’à l’accompagnement autour des projets sur la formation ou la gouvernance). La doubler d’une prioritĂ© : la rapiditĂ© d’exĂ©cution.
     
    Renforcer la valeur ajoutĂ©e produite en Afrique 
    Cibler des industries d’intérêt commun et construire un modèle d’ouverture graduée aux marchés mondiaux, afin d’accompagner et de faire grandir la création de chaînes de valeur africaines et de champions régionaux et in fine les soutenir dans leur stratégie d’export à l’international, particulièrement en Europe. Afin de stimuler et de développer l’écosystème productif national africain, mettre à jour conjointement une cartographie industrielle de l’Afrique, à partir du travail initié par le NEPAD, doublée d’une cartographie des compétences associées.
     
    Financer l’agriculture, soit 60 % des actifs africains 
    Augmenter le montant des financements dédiés aux petits agriculteurs et aux exploitations familiales notamment via l’appui aux coopératives et l’échange d’expertises avec les agriculteurs européens.

    3
    Employer des outils plus efficaces
    Détails

    Mobiliser davantage de ressources domestiques 
    Orienter davantage de financements vers la formation des administrations fiscales africaines et soutenir la coopération entre administrations fiscales africaines, notamment autour de la question de la disponibilité et de l’échange de données. Contribuer à la construction avec les Etats africains de projets de collecte de l’impôt grâce au déploiement d’outils numériques. Travailler aux côtés des Etats africains à des solutions fiscales et de protection sociale permettant une démarche flexible et graduée selon le degré d'insertion des acteurs économiques dans le secteur formel ou informel.
     
    DĂ©ployer une assistance technique efficace et ciblĂ©e 
    Réorienter et renforcer une assistance technique harmonisée de l’UE vers le secteur privé et l’amélioration de l’environnement des affaires, à travers la mise en place d’équipes mixtes Europe-Afrique pour éviter les biais culturels qui freinent la mise en place de bonnes pratiques.
     
    Appuyer le secteur privĂ©, PME et ETI en prioritĂ© 
    Faciliter l’accès aux outils de financement européens pour les PME et ETI européennes et africaines en leur octroyant un accès simplifié. Accélérer le déploiement du Plan d’investissement extérieur (PIE) européen. Créer des chambres de commerce et d’industrie européennes dans les pays africains chargées d’animer le dialogue entre entreprises européennes et africaines et de diffuser l’information sur les financements européens, conjointement avec les délégations de l’UE.
     
    Recourir davantage Ă  la finance mixte ("blending finance")

    Augmenter et cibler l’utilisation du "blending finance", associant ressources publiques et privées, sur la conception amont des projets, les financements en monnaie locale et les projets les plus risqués souvent délaissés par ce type de financement et pourtant susceptibles des plus forts effets d'entraînement sur l'économie. Mesurer et privilégier comme critère d’impact l'effet de levier sur le marché et d’entraînement sur la croissance et le développement.

    4
    La connaissance et le savoir, des préalables indispensables
    Détails

    Investir davantage dans la formation professionnelle
    Allouer des financements européens conséquents à la formation, en particulier à la formation technique (productivité pour le milieu agricole, agents de maîtrise dans l’industrie et les services) et à la formation des formateurs. Allouer une part substantielle de ces financements à la formation professionnelle des femmes, majoritaires dans des secteurs à fort potentiel (transformation agricole, petit commerce), et à la formation au numérique, qui garantit un accès à une meilleure information et permet de maîtriser des outils nécessaires. Co-construire avec les pays africains des référentiels de compétences communs pour la formation professionnelle favorisant l’acquisition, le partage des connaissances et le dialogue, qui répondent aux besoins spécifiques identifiés pour le pays ou le marché, que ce soit pour le secteur formel ou informel.
     
    Développer les acteurs de terrain et les maîtrises d’ouvrage de demain
    Cartographier, structurer et animer un réseau de nouveaux acteurs économiques, politiques et culturels africains. Accentuer l’effort financier dédié au renforcement des organisations, des compétences et de la gouvernance de ces structures.

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