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Rapport
Mai 2021

Bien-vieillir :
faire mûrir nos ambitions

<p><strong>Bien-vieillir : </strong><br />
faire mûrir nos ambitions</p>
Auteurs
Laure Millet
Experte Associée - Santé

Laure Millet est experte associée en Santé à l'Institut Montaigne après avoir dirigé le Programme Santé puis le Pôle Cohésion sociale de l’Institut. Membre de la Chaire Santé de Sciences Po Paris, elle est lauréate du Harkness Fellowship du Commonwealth Fund.

Groupe de travail

Présidentes du groupe de travail :

  • BĂ©nĂ©dicte Garbil, directrice gĂ©nĂ©rale France, Edwards Lifesciences
  • Delphine Mallet, directrice de la Business Unit Silver Ă©conomie et SantĂ©, Groupe La Poste et vice-prĂ©sidente du Conseil National de la Silver Ă©conomie

Membres du groupe de travail :

  • Dr Jean-Pierre Aquino, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral, SociĂ©tĂ© Française de GĂ©riatrie et GĂ©rontologie
  • Thierry Chiche, directeur gĂ©nĂ©ral, Elsan
  • François Demesmay, directeur de l’innovation et de l’expĂ©rience patient, Ramsay
  • Dr Philippe Denormandie, directeur des relations santĂ©, nehs
  • Caroline Elisseche, directrice StratĂ©gie Seniors France, Sodexo
  • Serge GuĂ©rin, sociologue, INSEEC
  • Florence Herry, prĂ©sidente et fondatrice, Libheros
  • Olivier Nataf, prĂ©sident, AstraZeneca France
  • Maryse Poulnot, directrice Projets, Malakoff Humanis
  • Thomas Rapp, maĂ®tre de confĂ©rences, UniversitĂ© de Paris
  • FrĂ©dĂ©ric Verdavaine, directeur gĂ©nĂ©ral dĂ©lĂ©guĂ©, Nexity
  • Charles-Henri des Villettes, vice-prĂ©sident SantĂ© Ă  Domicile France, Air Liquide Healthcare

Équipe projet :

  • Antoine Armand, haut fonctionnaire
  • Nicolas de Chabrol, haut fonctionnaire
  • Angèle Malâtre-Lansac, directrice dĂ©lĂ©guĂ©e Ă  la santĂ©, Institut Montaigne
  • Laure Millet, responsable du programme SantĂ©, Institut Montaigne
Personnes auditionnées
  • Pierre-Olivier Adrey, directeur de missions relations extĂ©rieures, Groupe Macif
  • Yves Agid, neurologue, membre fondateur de l’Institut du Cerveau
  • Sylvie Arzelier, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale Fondation d’entreprise, Ramsay SantĂ©
  • Olivier Audit, responsable Humanis formation, Direction Retraite complĂ©mentaire et Action sociale retraite, Malakoff Humanis
  • Nathaniel Bern, co-fondateur, Medadom
  • Annette Bertelsen Arbes, chargĂ©e des affaires de santĂ©, Ambassade du Danemark
  • Jean-Luc Bilhou-Nabera, inspecteur gĂ©nĂ©ral, AG2R La Mondiale
  • AurĂ©lien Bordet, directeur des Affaires Publiques, Aegide Domitys
  • Emile Brin, prĂ©sident, Mon Émile
  • Luc Broussy, prĂ©sident, France Silver Economie
  • Virginie Buquet, directrice, Synaxia Conseil
  • Nicolas Chiquet, CEO, LifePlus
  • Audrey ChrĂ©tien, responsable Gestion de Carrière et Recrutement, fondation Apprentis d'Auteuil
  • Emmanuelle Crosnier, co-fondatrice & AssociĂ©e, Synaxia Conseil
  • StĂ©phanie du Boucher, responsable des Affaires Publiques, Roche
  • FrĂ©dĂ©ric du Sart, directeur du PĂ´le de GĂ©rontologie Saint Damien, Groupe Saint Sauveur Mulhouse
  • Caroline Desaegher, directrice Communication, Marque & RSE, groupe Ramsay SantĂ© & DĂ©lĂ©guĂ©e GĂ©nĂ©rale, Fondation Ramsay SantĂ©
  • Roger-Pol Droit, philosophe et Ă©crivain
  • Audrey Dufeu, vice-prĂ©sidente de la commission des affaires sociales de l'AssemblĂ©e nationale
  • Mathias Dufour, prĂ©sident du think tank #Leplusimportant
  • Hakim El Karoui, senior fellow de l’Institut Montaigne
  • Rym Favreau, responsable Accès au marchĂ©, UCB Pharma
  • Françoise Forette, professeure de mĂ©decine, spĂ©cialiste en gĂ©riatrie, directrice de l’ILC-France (International Longevity Center)
  • Sandra Fredj, responsable StratĂ©gie des nouveaux produits en ophtalmologie, Roche
  • Alexis Genin, directeur des applications de la recherche, Institut du Cerveau
  • Johan Girard, dĂ©lĂ©guĂ© national filière personnes âgĂ©es et domicile, Croix Rouge française
  • Thomas Godard, directeur du service aux mutuelles et de la transformation, MutualitĂ© française
  • Anne-Sophie Godon-Rensonnet, directrice de l'innovation, Malakoff Humanis
  • Alain Grimfeld, chargĂ© de la coordination des travaux de recherche, Adef RĂ©sidences
  • Mathieu Grosheny, co-fondateur & AssociĂ©, Synaxia Conseil
  • JĂ©rĂ´me Guedj, conseiller DĂ©partemental de l’Essonne
  • HĂ©lène Herbin, infirmière libĂ©rale, Libheros
  • GĂ©rard Hermant, directeur gĂ©nĂ©ral, ISRP
  • Caroline Janvier, dĂ©putĂ©e du Loiret
  • Christophe Le Paih, direction de l’innovation sociale – direction de l’action sociale retraite complĂ©mentaire, Malakoff-Humanis
  • Pierre-Olivier Lefebvre, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral, RĂ©seau Francophone des Villes Amies des AĂ®nĂ©s
  • Franck Lemonnier, directeur des opĂ©rations et de la qualitĂ©, ISRP
  • Armel de Lesquen, cofondateur, Famileo
  • Jean-HervĂ© Lorenzi, titulaire de la Chaire Transitions dĂ©mographiques Transitions Ă©conomiques, Fondation du Risque
  • Alexandre Maisonneuve, co-fondateur & Directeur MĂ©dical, Qare
  • Ignacio Martin, directeur MĂ©dical, Air Liquide Healthcare & Directeur gĂ©nĂ©ral, Care4Chronics
  • Agathe Maury Le Breton, directrice Affaires gouvernementales et Accès au marchĂ©, UCB Pharma
  • Nicolas Menet, directeur GĂ©nĂ©ral, Silver Valley & Vice-PrĂ©sident innovation, Filière Silver Economie
  • Philippe Metzenthin, directeur gĂ©nĂ©ral, G-ACTIV
  • Elie-Dan Mimouni, co-fondateur, Medadom
  • Virginie Monteil-Hautin, responsable stratĂ©gie pipeline Neurosciences, Roche
  • Jean-Luc Novella, professeur de gĂ©riatrie, CHU de Reims
  • Maximilien Petitgenet, directeur associĂ©, Domalys
  • Franck Pitteri, directeur pĂ©dagogique et scientifique, ISRP-Paris
  • Philippe Presles, directeur R&D santĂ©, AXA France
  • Magalie Rascle, directrice du DĂ©veloppement Sanitaire et Social, Caisse Centrale de la MSA
  • Nicolas Raynal, responsable du PĂ´le stages, en charge des relations professionnelles, ISRP
  • Philippe Reclus, senior advisor, ESL & Network Group
  • Agnès Renard, directrice, startup -S3-Sciences SantĂ© SociĂ©tĂ©
  • Catherine Rives, directrice gĂ©nĂ©rale France, UCB Pharma
  • Alexandra Robert, directrice Marketing Groupe, Aegide Domitys
  • Maximilien Rochaix, fondateur, Visitadom
  • Quitterie Roquebert, maĂ®tre de confĂ©rences, UniversitĂ© de Strasbourg
  • Alexis RouĂ«ssĂ©, prĂ©sident, ARRAGO
  • Marc Salomon, docteur en mĂ©decine, Directeur gĂ©nĂ©ral d'Anticipation SantĂ©
  • JoĂ«lle Schreiner, administrateur territorial, retraitĂ©e, conseillère senior de l’ODAS
  • Pierre-Henri Tavoillot, philosophe, Sorbonne UniversitĂ©
  • Charlotte Teyssier d’Orfeuil, consultante Senior chez Com’Publics
  • Louis de Traverse, directeur des partenariats stratĂ©gique et du dĂ©veloppement des CollectivitĂ©s Territoriales, Medadom
  • Bruno Vellas, professeur de mĂ©decine, Responsable du GĂ©rontopĂ´le, centre collaborateur de l’OMS sur la fragilitĂ©, chef du service de gĂ©riatrie du CHU de Toulouse et Membre de l'AcadĂ©mie Nationale de MĂ©decine, UMR INSERM
  • Laura Visserias, directrice communication et affaires publiques, Air Liquide Healthcare
  • Jean-François Vitoux, directeur gĂ©nĂ©ral, Arpavie

Alors que la crise sanitaire fait surgir le spectre d’une irréconciliable fracture entre les générations, que "jeunes" et "vieux" se sentent tour à tour stigmatisés, ce rapport entend démontrer que notre pays a besoin de tous pour se réinventer. Les seniors constituent une richesse et une ressource pour notre pays et doivent plus que jamais contribuer à la société post-Covid qui reste à construire.

L’objectif de ce travail est ainsi de valoriser leur important rĂ´le social et Ă©conomique, de rĂ©flĂ©chir Ă  un nouveau modèle de soins et de prĂ©vention Ă  l’aune de comparaisons internationales, mais aussi de proposer une stratĂ©gie ambitieuse d’adaptation de notre sociĂ©tĂ© aux enjeux du vieillissement. 

S’inscrivant dans la continuité d’une précédente publication de l’Institut Montaigne, Faire du bien-vieillir un projet de société (2015), ce rapport s’appuie sur les réflexions d’un groupe de travail représentant une grande diversité d’expertises et de plus de 80 auditions. Il détaille 12 propositions pour bâtir une société plus inclusive avec le bien-vieillir comme priorité.

Le vieillissement de la population : un phĂ©nomène inĂ©dit en France et dans le monde

Vieillissement dĂ©mographique : de quoi parle-t-on ? 

Le vieillissement de la population résulte de l’allongement de la durée de vie après 65 ans, révélateur d’une amélioration continue de la santé des Français au cours du siècle dernier grâce notamment aux progrès scientifiques et médicaux.

Cette Ă©volution, qui est vĂ©ritablement perceptible depuis une trentaine d’annĂ©es, connaĂ®t une accĂ©lĂ©ration forte depuis le milieu des annĂ©es 2010, avec l’arrivĂ©e des baby boomers Ă  l’âge de la retraite. D’après l’Insee, au 1er janvier 2020, la France compte près de 13,5 millions de seniors âgĂ©s de 65 ans ou plus, soit 20 % de la population française. En 2030, les plus de 65 ans seront plus nombreux que les moins de 20 ans.

Toutefois, cet allongement de l’espérance de vie ne se traduit pas forcément par une amélioration de la durée de vie en bonne santé. Selon la Drees, au cours des dix dernières années, l’espérance de vie sans incapacité à la naissance a plafonné.

Cette stagnation de l’espĂ©rance de vie sans incapacitĂ© en France peut s’expliquer en partie par l’absence de stratĂ©gies de prĂ©vention des complications des maladies chroniques (hypertension, troubles sensoriels, de la marche, de l’équilibre, etc.). 

Mais qui sont les "seniors" ? 

Peu de travaux se sont concentrés sur ceux que nous appelons les "seniors", une catégorie mouvante qui a plus de cohérence quand on l’appréhende comme une étape de la vie personnelle et professionnelle - celle de la transition entre emploi et retraite active, de l’implication dans d’autres activités bénévoles, sociales, familiales, etc. Ces personnes, qui ont 60, 70 ou 80 ans, jouent un rôle majeur dans notre société.

Face aux évolutions démographiques mais aussi sociales et économiques que notre société connaît, la catégorie des seniors ne correspond pas à une définition unique : pour l’OMS, les individus de plus de 60 ans sont considérés comme des "personnes âgées". Dans l’administration, on utilise fréquemment le critère de 60 ans ou 65 ans pour le versement de certaines prestations sociales. Sur le marché du travail, plusieurs conventions collectives définissent les plus de 45 ans comme "salariés expérimentés".

Les seniors sont des personnes ressources pour notre modèle économique et social

Les seniors constituent les forces vives de la vie publique 

Les seniors sont très impliquĂ©s dans la vie politique : ils sont particulièrement reprĂ©sentĂ©s parmi les Ă©lus locaux, puisque près de 60 % des maires et 40 % des conseillers dĂ©partementaux ont plus de 60 ans. Par ailleurs, les seniors sont très engagĂ©s dans la vie associative avec 63 % des prĂ©sidents d’associations qui ont plus de 56 ans et 50 % des responsables associatifs qui sont des retraitĂ©s. Ils y contribuent Ă©galement Ă  travers les dons matĂ©riels ou financiers, dont la propension augmente avec l’âge.

Ils apportent une contribution sociale et financière majeure à leurs descendants

Tout d’abord Ă  travers la garde d’enfants : selon la Drees, les aĂ®nĂ©s constituent un mode de garde rĂ©gulier ou occasionnel pour deux tiers des jeunes enfants. Ensuite, en matière de transferts intrafamiliaux : en 2018, les mĂ©nages de 60 ans ou plus aidaient Ă  hauteur de 3 milliards d’euros leurs descendants de 40 Ă  59 ans. Enfin, en matière de donations (transmission d’hĂ©ritage), 76 % des Français ayant transmis leur patrimoine sous forme de donations sont des personnes de plus de 65 ans.

 

Bien-vieillir : faire mûrir nos ambitions - infographieBien-vieillir : faire mûrir nos ambitions - infographie

 

Les seniors participent activement au dynamisme économique du pays

Cela passe d’abord par la consommation : les plus de 50 ans reprĂ©sentaient ainsi en 2015 près de 52 % des dĂ©penses de consommation en France. Cette proportion est amenĂ©e Ă  augmenter sensiblement avec le vieillissement de la population. 

Cela passe ensuite par l’opportunitĂ© que constitue le vieillissement de la population pour la croissance française : promouvoir la santĂ© des personnes âgĂ©es est un enjeu Ă©conomique puisque l’amĂ©lioration de l’espĂ©rance de vie sans incapacitĂ© augmente le potentiel de croissance Ă  long terme d’un pays. Le dĂ©veloppement d’entreprises autour de la "Silver Ă©conomie" donnera un avantage comparatif notable Ă  la France dans les annĂ©es Ă  venir. Elle repose sur un marchĂ© Ă  fort potentiel estimĂ© Ă  0,25 point de PIB par an, pour un poids global aujourd’hui de 93 milliards d’euros.

Ils jouent un rôle majeur en tant qu’aidants de leurs propres parents

Depuis 20 ans, le système français, comme celui de nombreux pays, s’est principalement appuyĂ© sur les proches aidants, aussi appelĂ©s aidants "familiaux" ou "informels" car ils sont souvent non rĂ©munĂ©rĂ©s. En France, en moyenne, 58 % des personnes âgĂ©es de 60 ans ou plus dĂ©clarent recevoir de l’aide apportĂ©e par des proches. Les proches aidants assurent souvent l’essentiel des soins non-mĂ©dicaux : soins personnels, assistance aux dĂ©placements, aides pour les tâches administratives et mĂ©nagères, etc. Ils sont Ă©galement les garants du maintien du lien social des personnes âgĂ©es.

 

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La crise Covid a révélé l'inadaptation de notre société au vieillissement

Le système de soins demeure inadaptĂ© aux besoins des seniors 

Près de 70 % des plus de 85 ans souffrent d’au moins une maladie chronique et l’on compte près de 2 millions de personnes en affection longue durĂ©e chez les 70-79 ans.

Ces chiffres révèlent l’urgence de repenser les parcours de soins pour les adapter au vieillissement de la population et à la prise en charge des maladies chroniques. Dans ce panorama, le développement de l’hospitalisation à domicile (HAD) constitue un enjeu important pour les personnes âgées afin de reconfigurer l’offre de soins et de proposer des soins gradués selon les situations, en dehors de l’hôpital.

Par ailleurs, des parcours coordonnĂ©s doivent ĂŞtre construits et l’accès aux soins de proximitĂ© doit ĂŞtre repensĂ© pour permettre aux personnes âgĂ©es souffrant de plusieurs pathologies chroniques de trouver des rĂ©ponses adaptĂ©es Ă  leurs besoins. 

Les Pays-Bas et la Norvège, deux cas étudiés dans le rapport, constituent des exemples intéressants dont la France devrait s’inspirer pour cantonner les admissions hospitalières aux cas les plus sévères, et développer de nouveaux parcours de soins adaptés aux seniors et aux pathologies chroniques

Le "bien-vieillir", un concept plus qu’une réalité tangible en France

Selon l’Observatoire des seniors, le concept de "bien-vieillir" fait rĂ©fĂ©rence Ă  la prĂ©vention appliquĂ©e aux seniors. Il encourage les personnes âgĂ©es autonomes Ă  respecter des règles d’hygiène de vie qui permettent de rester en bonne santĂ© le plus longtemps possible : les loisirs, l’activitĂ© physique et intellectuelle, l’alimentation, la sociabilisation, les soins ou encore la mobilitĂ©. 

Pourtant, la prĂ©vention demeure le parent pauvre des dĂ©penses courantes de santĂ© en France et c’est d’autant plus le cas s’agissant de la politique de prĂ©vention de la perte d’autonomie. Selon la Drees, la prĂ©vention sanitaire institutionnelle (actions de prĂ©vention organisĂ©es ou financĂ©es par des fonds ou des programmes nationaux ou dĂ©partementaux) reprĂ©sente seulement 1,8 % de la dĂ©pense courante de santĂ©. 

Plusieurs pays dépassent la France dans l’objectif d’un équilibrage entre les dépenses sociales (la prévention) et sanitaires (les soins). On trouve parmi eux les Pays-Bas, le Danemark et la Finlande. Dans ces trois pays, près du tiers des dépenses de soins de longue durée est consacré aux dépenses sociales

Le numérique, un outil pour maintenir le lien social et assurer la continuité des soins

La France est également en retard dans le recours aux nouvelles technologies qui sont pourtant essentielles au succès des politiques du bien-vieillir. Par exemple, les Pays-Bas ont déployé au domicile des personnes âgées de l’électroménager intelligent et connecté qui enregistre l’activité quotidienne, les semainiers électroniques pour les médicaments, le recours à des tablettes numériques pour réduire l’isolement des personnes, etc.

Par ailleurs, la crise sanitaire a mis en Ă©vidence la nĂ©cessitĂ© d’encourager le dĂ©ploiement de la tĂ©lĂ©mĂ©decine Ă  travers la tĂ©lĂ©consultation, le tĂ©lĂ©suivi et le tĂ©lĂ©soin, comme le soulignait l’Institut Montaigne dans le rapport E-santĂ© : augmentons la dose ! (2020). 

Contrairement aux prĂ©jugĂ©s largement rĂ©pandus, les outils numĂ©riques jouent un rĂ´le prĂ©pondĂ©rant et croissant pour les personnes entre 60 et 80 ans : les deux tiers des seniors utilisent internet au moins une fois par jour. Mais on voit se renforcer une fracture socio-numĂ©rique qui maintient isolĂ©es de la sociĂ©tĂ© les personnes les plus âgĂ©es, Ă  la situation socio-Ă©conomique fragile. Des dispositifs d’accompagnement sont donc indispensables pour rapprocher du numĂ©rique les publics les moins initiĂ©s ou les moins motivĂ©s.

Fixer une stratégie ambitieuse d’accélération du bien-vieillir à horizon 2030 avec des objectifs partagés

L’évolution dĂ©mographique que constitue le vieillissement doit inciter les dĂ©cideurs publics Ă  repenser la place et le rĂ´le des seniors et Ă  bâtir une sociĂ©tĂ© adaptĂ©e Ă  ces mutations. Pour mettre en Ĺ“uvre une stratĂ©gie ambitieuse d’accĂ©lĂ©ration du bien-vieillir, il est indispensable de se donner plusieurs objectifs clĂ©s d’ici 10 ans :

  • Valoriser la contribution des seniors Ă  notre sociĂ©tĂ© et intĂ©grer l’activitĂ© associative : passer Ă  60 % le taux d’activitĂ© des 55-64 ans en France et Ă  80 % en incluant les activitĂ©s associatives.
  • Mieux vivre chez soi et plus longtemps : rĂ©duire de moitiĂ© la durĂ©e des sĂ©jours hospitaliers des plus de 65 ans grâce Ă  une prise en charge mĂ©dicalisĂ©e Ă  domicile.
  • Vivre en meilleure santĂ© : gagner un an d’espĂ©rance de vie en bonne santĂ© Ă  la naissance. 
  • PrĂ©venir la perte d’autonomie : diviser par deux le nombre de rĂ©sidents en EHPAD de moins de 80 ans ; diviser par deux la perte d’autonomie liĂ©e Ă  l’hospitalisation des plus de 70 ans.
  • Adapter l’ensemble de notre Ă©conomie aux enjeux du vieillissement.

Cette stratégie d’accélération du bien-vieillir pourrait être portée par la 5e branche de la Sécurité sociale, dont l’objectif serait de rédiger et de s’assurer du bon déroulé de la stratégie de prévention sur l'ensemble du territoire.

Nos recommandations pour construire une société plus inclusive et adaptée aux enjeux du vieillissement

1
Valoriser la contribution des seniors à notre société
Détails

Proposition 1 : Faire de la formation tout au long de la vie une rĂ©alitĂ© pour les seniors.

Proposition 2 : ĂŠtre Ă  la hauteur des aidants en doublant le "droit au rĂ©pit". 

Proposition 3 : Supprimer les barrières d’âge dans la transition entre la vie active et la retraite.

Proposition 4 : ReconnaĂ®tre l’utilitĂ© sociale et valoriser l’engagement des seniors dans le monde associatif. 

2
Vivre mieux chez soi et plus longtemps
Détails

Proposition 5 : DĂ©signer une communautĂ© de rĂ©fĂ©rents "nouvelle vie" au sein de chaque service public dans les territoires. 

Proposition 6 :  GĂ©nĂ©raliser le "diagnostic logement autonomie" en offrant un dispositif de guichet unique d’aide Ă  l’adaptation du logement. 

Proposition 7 : Transformer la ville au service de nos aĂ®nĂ©s. Au-delĂ  du domicile, c’est l’ensemble de la politique de la ville qui doit s’adapter au vieillissement dĂ©mographique.

3
Vivre en meilleur santé et prévenir la perte d’autonomie
Détails

Proposition 8 : Instaurer une règle d’or attribuant 1 euro de dĂ©penses en faveur de la prĂ©vention de la perte d’autonomie pour 10 euros de dĂ©penses curatives.

Proposition 9 : DĂ©pister et prĂ©venir les fragilitĂ©s liĂ©es Ă  l'Ă©tat de santĂ©.

Proposition 10 : Former et accompagner les professionnels mĂ©dicaux et paramĂ©dicaux, les professionnels du domicile et les aidants au dĂ©pistage de l’existence de fragilitĂ©s.

4
Adapter notre économie pour mieux répondre aux enjeux du vieillissement
Détails

Proposition 11 : Soutenir la Silver Ă©conomie en investissant dans les innovations et la R&D pour le bien-vieillir. 

Proposition 12 : S'appuyer sur des outils digitaux performants pour amĂ©liorer le recueil de donnĂ©es de santĂ© dans le champ du vieillissement et personnaliser les parcours de soins.

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