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ZUS : l’insertion professionnelle des jeunes patine

ZUS : l’insertion professionnelle des jeunes patine
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Un document du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq) (1), paru en avril dernier, analyse la dégradation de l'insertion professionnelle des jeunes issus des zones urbaines sensibles (ZUS) (2) depuis dix ans. Si cette étude met en évidence l'existence d'un "effet quartier", elle souligne avant tout l'impact central des caractéristiques sociodémographiques et scolaires dans l'accès à l'emploi, thématiques au c'ur de l'enquête Banlieue de la République, réalisée à Clichy-sous-Bois et Montfermeil.

La France connaĂ®t un Ă©chec scolaire massif : 20 % des jeunes sortent chaque annĂ©e du système scolaire sans diplĂ´me ni qualification. Les plus fragiles sont les plus touchĂ©s, et les jeunes issus de ZUS ne font pas exception. Ces jeunes sont majoritairement issus d’un milieu social dĂ©favorisĂ© et pour près de la moitiĂ© d’entre eux issus de l’immigration, en particulier extra-europĂ©enne. Ils sont en moyenne moins diplĂ´mĂ©s que les autres jeunes "urbains" (jeunes rĂ©sidant dans les quartiers hors ZUS des mĂŞmes unitĂ©s urbaines) et sont plus sensibles aux variations de la conjoncture Ă©conomique.

Quelques faits Ă  avoir en tĂŞte concernant les jeunes des ZUS :

  • plus de la moitiĂ© d’entre eux sont orientĂ©s dans une filière professionnelle après la 3e (contre moins d’un tiers pour les autres jeunes "urbains") ;
  • ils sont moins nombreux que les autres Ă  avoir accès aux formations en apprentissage ;
  • 35 % de ces jeunes entreprennent des Ă©tudes supĂ©rieures, contre 59 % des autres jeunes "urbains", et ceux qui y accèdent voient leur risque de quitter l’enseignement supĂ©rieur sans diplĂ´me multipliĂ© par deux.

Entre 1998 et 2007, la durĂ©e de chĂ´mage des jeunes issus de ZUS a nettement augmentĂ© : la part de ceux qui connaissent plus d’un an de chĂ´mage Ă  la fin de leurs Ă©tudes est passĂ©e de 24 % Ă  35 %. A noter toutefois que jeunes femmes issues des quartiers sensibles ne sont pas concernĂ©es par cette dĂ©gradation.

Dans sa note Choisir les bons leviers pour insérer les jeunes non qualifiés, l’Institut Montaigne formulait plusieurs propositions pour faire émerger un environnement plus favorable à l’accès à l’emploi des jeunes peu qualifiés :

  • cibler l’alternance vers ceux qui en ont le plus besoin, en rĂ©orientant la taxe d’apprentissage et en systĂ©matisant l’offre de formations en alternance, notamment dans les lycĂ©es professionnels ;
  • refonder l’orientation Ă  l’école en ouvrant le monde enseignant aux professionnels issus de l’entreprise et en valorisant les mĂ©tiers requĂ©rant peu de diplĂ´mes ;
  • mettre en place deux guichets uniques : l’un au service des entreprises, afin de les rapprocher de candidats potentiels et de faciliter leurs dĂ©marches administratives, l’autre au service des jeunes, afin de leur donner un meilleur accès Ă  l’orientation professionnelle et aux offres d’emploi.


(1) Thomas CouppiĂ©, "Insertion des jeunes issus de quartiers sensibles : les hommes doublement pĂ©nalisĂ©s", Bref, CĂ©req, avril 2013.
(2) Les ZUS ont été définies par la loi n°96-987 du 14 novembre 1996. Au nombre de 751, elles regroupent 4,4 millions de personnes, soit 7 % de la population française et sont peuplées à près de 40 % de jeunes de moins de 25 ans.

Aller plus loin :
- Choisir les bons leviers pour insérer les jeunes non qualifiés, juillet 2012 ;
- Banlieue de la République, octobre 2011.

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