AccueilExpressions par MontaigneUne Ă©tude Ă charge contre la mise en examenLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne SociĂ©tĂ©09/01/2013ImprimerPARTAGERUne Ă©tude Ă charge contre la mise en examenAuteur Institut Montaigne Article de Willy Le Devin intitulé "Une étude à charge contre la mise en examen" (1), paru dans Libération le 28 décembre 2012. Faut-il réformer la procédure de mise en examen ? C’est la question posée par l’Institut Montaigne, un think tank réputé libéral fondé en 2000 par Claude Bébéar, ancien patron d’AXA, et dont Libération publie l’étude en exclusivité sur son site.MissionnĂ© par Montaigne, l’avocat au barreau de Paris Kami Haeri, dĂ©jĂ très actif en 2010 lors du dĂ©bat sur la rĂ©forme de la garde Ă vue, a Ă©pluchĂ© les ressorts de la mise en examen, apanage des juges d’instruction, dont la suppression a Ă©tĂ© envisagĂ©e par Nicolas Sarkozy. Selon Me Haeri, la mise en examen s’apparente trop souvent Ă une prĂ©somption de culpabilitĂ© : "L’ancienne dĂ©nomination, "l’inculpation", traduit avec justesse le danger qui s’attache au statut de mis en examen. A dĂ©faut d’une protection efficace, que le principe du secret de l’instruction ne garantit plus, la mise en examen s’apparente souvent aux yeux du public Ă une prĂ©condamnation.""Dommages". Evidemment, les mĂ©dias, qui s’Ă©panouissent de plus en plus dans le "journalisme de PV" (relater des procès-verbaux), sont les premiers visĂ©s. "La mĂ©diatisation excessive ou indue d’une instruction judiciaire en cours peut entraĂ®ner des dommages irrĂ©parables sur la personne et la rĂ©putation du mis en examen, lequel apparaĂ®t coupable a priori sans qu’aucun jugement n’ait Ă©tĂ© rendu, Ă une Ă©tape de l’instruction oĂą le mis en cause et ses avocats ont Ă peine pu prendre connaissance du dossier et encore moins formuler les demandes d’actes de nature Ă Ă©carter sa culpabilitĂ©", expose Me Haeri. Afin d’attĂ©nuer ces Ă©cueils, l’avocat suggère - vieille rengaine des prĂ©toires - de renforcer un volet contradictoire jugĂ© trop alĂ©atoire : "Bien que la personne mise en examen et son avocat puissent prĂ©senter leurs observations au juge d’instruction lors de l’interrogatoire de première comparution, le respect du contradictoire n’est en rien garanti. Il ne s’agit pas, en effet, de permettre la rencontre de deux thèses adverses, comme dans le modèle accusatoire des pays de common law (Etats-Unis, Royaume-Uni, ndlr). Le juge d’instruction, seul, mène et oriente l’interrogatoire tel qu’il l’entend, ce qui confère naturellement une place très large Ă la thèse Ă©laborĂ©e par le magistrat en charge et plus gĂ©nĂ©ralement Ă sa personnalitĂ©." Pour ne pas verser que dans la critique, Kami Haeri a dĂ©fini des propositions concrètes dont nous avons soumis les principales Ă des professionnels de la justice : limiter la mise en examen Ă une durĂ©e fixe et renouvelable uniquement sur ordonnance motivĂ©e du juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention (JLD) ; plafonner la durĂ©e des instructions judiciaires conformĂ©ment aux exigences de la Cour europĂ©enne des droits de l’homme et, enfin, rĂ©server la qualification de mise en examen aux cas impliquant des mesures restrictives de libertĂ©.Chancellerie. Le lĂ©gislateur jugera-t-il opportun de s’en inspirer ? ContactĂ©e cette semaine par LibĂ©ration, la chancellerie a fait savoir qu’elle ne dĂ©sirait pas commenter l’Ă©tude dans l’immĂ©diat. (1) Selon le code de procĂ©dure pĂ©nale : dĂ©cision d’un juge d’instruction d’initier une enquĂŞte Ă l’encontre d’une personne pour dĂ©terminer le rĂ´le qu’elle a pu jouer dans une affaire pĂ©nale.Aller plus loin : - TĂ©lĂ©charger l'Ă©tude - TĂ©lĂ©charger la synthèse - TĂ©lĂ©charger les propositions opĂ©rationnellesImprimerPARTAGER