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Une carte de France simplifiée et plus efficace

 Philippe Manière
Auteur
Président-fondateur de Footprint > consultants

Après le président de la République la semaine dernière, Xavier Bertrand l’a redit hier, les régions et les départements doivent travailler ensemble. Nous sommes donc peut-être à l’aube d’une vraie réorganisation de notre découpage territorial.

Les bonnes raisons
Cette rĂ©organisation semble salutaire, et ce, pour plusieurs raisons :

- Nous sommes organisĂ©s depuis longtemps en commune, canton, dĂ©partement, rĂ©gion – auxquels a Ă©tĂ© ajoutĂ©e la communautĂ© de communes. Si l’on compte aussi l’Etat et l’Union europĂ©enne, 6 ou 7 unitĂ©s territoriales et 6 ou 7 structures fabriquent de la norme, ce qui est excessif.

- Cette organisation est par ailleurs confuse. En France, lorsque l’on paie ses impĂ´ts locaux, ceux-ci sont distribuĂ©s d’un seul coup Ă  toutes les collectivitĂ©s. Dès lors, quand un investissement est fait, ou un service offert, il est souvent « cofinancĂ© Â», c’est-Ă -dire que plusieurs entitĂ©s versent des participations diverses, la commune, ou la rĂ©gion par exemple... et que, dès lors, il devient difficile de se faire une idĂ©e du rapport "qualitĂ©/prix" de l’un ou de l’autre…

- Cet Ă©parpillement coĂ»te très cher, or, Ă  l’heure oĂą le pays ne peut plus se permettre ce type de gaspillage, il faut remettre la carte de France administrative Ă  plat

Les blocages
Si ce changement est incontestablement nĂ©cessaire, reconnaissons qu’il ne sera pas forcĂ©ment chose facile. Car nous sommes tous un peu schizophrènes sur ce sujet, en thĂ©orie : en effet, nous souhaitons cette Ă©volution, mais en pratique nous ne voulons pas voir disparaĂ®tre le dĂ©partement ou la commune que nous avons toujours connu(e). Et les Ă©lus ne sont pas non plus très partants, car ils tiennent Ă  leur mĂ©tier, or, moins de collectivitĂ©s signifie logiquement moins de postes… Par consĂ©quent, la tentation de la rĂ©formette sera forte.

Deux actions Ă  mener en urgence
Afin d’Ă©viter une rĂ©forme molle, il faudra rĂ©ussir deux difficiles tâches :
1) premièrement une bonne rĂ©forme donnerait Ă  chaque niveau territorial des compĂ©tences exclusives : la commune s’occupe par exemple de l’urbanisme, le dĂ©partement du social, la rĂ©gion des lycĂ©es et des collèges, etc. et personne ne se mĂŞle des affaires des autres, pour veiller Ă  un rĂ©el « desenchevĂŞtrement Â». Aujourd’hui, juridiquement, chaque collectivitĂ© locale est compĂ©tente pour rĂ©gler toutes les affaires relatives Ă  son ressort territorial – ce que l’on appelle la clause de compĂ©tence gĂ©nĂ©rale. Il faudrait commencer par la supprimer.

2) en guise de deuxième test, il faudra s’interroger sur notre capacitĂ© Ă  supprimer des Ă©chelons. La rĂ©forme engendrera nĂ©cessairement des suppressions d’Ă©chelons administratifs, et, par consĂ©quent des suppressions de poste. Si ce n’est pas populaire, cela reste indispensable.

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