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[Trump II] - Protectionnisme, Big Tech, marchĂ©s : quelles perspectives Ă©conomiques ?

[Trump II] - Protectionnisme, Big Tech, marchés : quelles perspectives économiques ?
 Eric Chaney
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Expert Associé - Économie
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Présidentielle américaine : Trump II

S'il faudra désormais compter avec Donald Trump jusqu’en 2028, il s'agit également de compter l’inflation, les tarifs douaniers, le déficit public ou les impôts sur les sociétés. Comment ces chiffres affecteront-ils l’économie américaine, mais aussi mondiale et plus spécifiquement européenne ? Les check and balances de la démocratie outre-atlantique, et notamment l'indépendance de la Banque centrale, sont-ils en danger ? Quelles sont les raisons de l’enthousiasme qui s’empare des Big Tech et faut-il entrer dans le jeu de la guerre commerciale ? Éric Chaney, en dessinant les perspectives d’une économie américaine sous le second mandat d’un ex-magnat des affaires, invite l’Europe à réaffirmer ses ambitions de compétitivité et d’industrie décarbonée.

La victoire sans appel de Donald Trump Ă  l’élection prĂ©sidentielle, jointe Ă  celle des rĂ©publicains au SĂ©nat et, peut-ĂŞtre, Ă  celle qui sera la leur Ă  la Chambre des reprĂ©sentants, comportera des consĂ©quences Ă©conomiques sĂ©rieuses pour le reste du monde et en particulier pour l’Europe. Érection ou renforcement des barrières douanières, libertĂ© laissĂ©e aux entreprises de la Big Tech, reprĂ©sentĂ©es par Elon Musk, qui intĂ©grera le sein mĂŞme de la future administration, de faire ce qu’elles veulent, complaisance tĂ©moignĂ©e Ă  l’égard de Poutine, abandon d’une politique climatique volontariste : autant de dĂ©fis posĂ©s aux entreprises et aux responsables de la politique Ă©conomique en Europe.

"C'est l'inflation, stupide !"

Mais avant de se pencher sur les consĂ©quences du prochain mandat Trump, il est intĂ©ressant de cerner les raisons Ă©conomiques qui ont contribuĂ© Ă  convaincre une majoritĂ© de l’électorat amĂ©ricain Ă  voter rouge - la couleur emblĂ©matique des RĂ©publicains. Selon le sondage de sortie des urnes de CNN, près de 70 % des Ă©lecteurs sont mĂ©contents de l’état de l'Ă©conomie et indiquent qu'il s'agit de leur principale prĂ©occupation, suivie de l’immigration. Quel paradoxe ! Le taux de chĂ´mage est historiquement bas (4,1 % en octobre), les crĂ©ations d’emploi fortes (220 000 par mois en moyenne depuis le dĂ©but de l’annĂ©e), et la progression des salaires solide (4 % en octobre), avec une croissance plus rapide pour les moyens et bas salaires. C’était d’ailleurs bien le but des "Bidenomics", cette approche nĂ©o-rooseveltienne de l’économie que nous avions dĂ©crite en 2021. Et pourtant, le verdict est lĂ .

Les AmĂ©ricains percevraient-ils quelque chose que les statisticiens ne voient pas ? En rĂ©alitĂ©, ce n'est pas l'inflation, mais le niveau des prix qui reste dans la gorge des consommateurs.

Les électeurs sont plus précis : c'est l'inflation le problème. L'inflation ? Elle est retombée à 2,4 %, un rythme bien inférieur à celui des salaires. Les Américains percevraient-ils quelque chose que les statisticiens ne voient pas ? En réalité, ce n'est pas l'inflation, mais le niveau des prix qui reste dans la gorge des consommateurs, après la flambée des prix à la sortie de la pandémie. Par exemple, l’indice du poste viandes et œufs a augmenté de 25 % depuis avant le Covid, celui des transports de près de 30 % pour une augmentation générale des prix de 20 % et des salaires de 18 %.

Pour les consommateurs, "ce n’est pas normal de payer aussi cher" ces produits, mĂŞme si, au bout du compte, leur pouvoir d'achat est pratiquement revenu au niveau d’avant le Covid. Il y a lĂ  une leçon importante pour les politiques : les Ă©pisodes inflationnistes, mĂŞme relativement brefs, ont un coĂ»t politique exorbitant. En mettant en place le bouclier tarifaire pour l’énergie, le gouvernement Castex l'avait d’ailleurs bien en tĂŞte.

L'administration Trump fera-t-elle mieux que la prĂ©cĂ©dente ? On peut en douter : si d'un cĂ´tĂ©, le feu vert aux forages et Ă  l'extraction de gaz de schistes pourrait faire baisser les prix des Ă©nergies fossiles, de l’autre, le relèvement des tarifs douaniers augmentera le niveau gĂ©nĂ©ral des prix des biens, et pas seulement des biens importĂ©s, puisque les producteurs nationaux pourront gonfler leurs marges sans perte de part de marchĂ© - les marchĂ©s d’action l’ont immĂ©diatement anticipĂ© en revalorisant les actions de Tesla de 22 % au lendemain de l’élection. Et cĂ´tĂ© salaires, il est peu probable que la nouvelle administration se prĂ©occupe particulièrement du bas de l’échelle. Mais tout cela est dĂ©sormais passĂ©, comme l’eau sous le pont.

Pour l'Europe, les points les plus sensibles du programme Trump sont les mesures protectionnistes, la politique budgétaire, l'abandon de toute régulation de la Big Tech et d’une politique climatique crédible, les options sur l'Ukraine, et la possible perte d’indépendance de la Réserve fédérale. Mis à part l’expansion budgétaire et ses conséquences probables sur le taux de change du dollar, ces politiques sont a priori négatives pour l’Union Européenne (UE).

Protectionnisme amĂ©ricain : l'Europe grande perdante

Si dĂ©mocrates et rĂ©publicains se sont progressivement ralliĂ©s au protectionnisme en raison de la rivalitĂ© stratĂ©gique avec la Chine et de l'impact de la mondialisation sur la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine, Trump surpassait de très loin Harris sur ce terrain, et pas que par sa rhĂ©torique incendiaire - "non seulement nous arrĂŞterons la fuite de nos entreprises vers l’étranger, mais nous piquerons les emplois des autres pays", tonnait-il Ă  Savannah le 24 septembre. Pratiquement, le futur prĂ©sident s'est engagĂ© Ă  augmenter les droits de douanes d’au moins 10 points de pourcentage pour toutes les importations, y compris en provenance de pays avec lesquels les États-Unis ont signĂ© des traitĂ©s de libre-Ă©change, et de 60 points pour la Chine, Ă  qui serait Ă©galement retirĂ© le statut de "relations commerciales normales". Pour l'UE, dont les États-Unis sont le premier marchĂ© Ă  l’exportation avec 20 % des flux sortants, le choc serait significatif, en particulier pour l’Italie, l'Allemagne mais aussi la France.

La barrière érigée contre les importations chinoises aura également des conséquences défavorables pour l'Europe. Comme l’objectif officiel chinois de domination mondiale dans une série de secteurs stratégiques, dont les semiconducteurs et la transition énergétique (panneaux solaires, batteries et véhicules électriques) a déjà abouti à des excédents de capacité considérables, les exportateurs chinois, assurés du soutien officiel, seraient fortement incités à baisser leurs prix et à viser les autres marchés, dont l'Europe.

Il est également possible que la Banque populaire de Chine, qui administre le taux de change du yuan, reçoive l'instruction de dévaluer, bien que cette opération soit délicate car risquant d’accélérer les sorties de capitaux. Ajoutée aux tarifs américains, la pression déflationniste chinoise pourrait entraîner des représailles douanières comme en 1930 après l’adoption de la loi Smoot-Hawley- ou menacer les secteurs domestiques concernés. Même si, au bout du compte, tout le monde perdra du fait de la mise en œuvre d'une stratégie ultra-protectionniste à Washington, les Européens y perdront plus que d’autres.

Même si, au bout du compte, tout le monde perdra du fait de la mise en œuvre d'une stratégie ultra-protectionniste à Washington, les Européens y perdront plus que d'autres.

Une politique budgétaire expansionniste à Washington est bonne à prendre

En revanche, la politique budgĂ©taire de la future administration paraĂ®t Ă  première vue plus favorable Ă  l'Europe. Ă€ nouveau, les deux grands partis amĂ©ricains penchent du mĂŞme bord, ayant renoncĂ© Ă  la rigueur budgĂ©taire au profit d’un laxisme adaptĂ© Ă  leurs programmes respectifs. Trump a promis de revenir sur l'Inflation Reduction Act (IRA) donc de couper dans les dĂ©penses prĂ©vues pour la transition Ă©nergĂ©tique, de dĂ©tricoter la rĂ©forme de l'assurance maladie (Affordable Care Act, dit Obamacare), ce qui serait restrictif, mais, d’un autre cĂ´tĂ©, il rĂ©duirait les impĂ´ts sur les sociĂ©tĂ©s de 21 % Ă  15 %, et sur les revenus des retraitĂ©s bĂ©nĂ©ficiant du rĂ©gime de base (Social Security). Le modèle budgĂ©taire de l'UniversitĂ© de Pennsylvanie, qui dĂ©taille les programmes pour en estimer l'impact sur les finances publiques et la croissance, projette que le programme Trump creuserait le dĂ©ficit annuel de 460 Mds$ Ă  l’issue du mandat. Le dĂ©ficit des administrations publiques, dĂ©jĂ  abyssal cette annĂ©e (7,6 % du PIB selon l'Ocde) s'alourdirait dès 2025, ce qui est inquiĂ©tant pour les finances publiques des États-Unis mais plutĂ´t une bonne nouvelle pour les Ă©conomies europĂ©ennes dans la mesure oĂą, Ă  court terme du moins, une politique budgĂ©taire expansionniste stimule la demande, y compris celle adressĂ©e au reste du monde.

Ă€ cet Ă©gard, la rĂ©action des marchĂ©s financiers dès que fut annoncĂ©e la victoire de Trump est intĂ©ressante. Pour l’anecdote, les taux d'intĂ©rĂŞt Ă  long terme avaient entamĂ© une remontĂ©e après la baisse surprise de 0,5 point de pourcentage de ses taux directeurs par la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale (Fed) le 18 septembre, comme si les opĂ©rateurs faisaient plus confiance aux sites de paris Ă©lectoraux en ligne, qui donnaient Trump gagnant, qu’aux sondages. Que l’anticipation d’une victoire, puis le fait lui-mĂŞme, fassent monter les taux d'intĂ©rĂŞt Ă  long terme indique bien que les marchĂ©s associent Trump Ă  des besoins de financement du TrĂ©sor plus importants que si sa rivale avait gagnĂ©. En clair, les marchĂ©s ont vendu la dette amĂ©ricaine parce que Trump gagnait. La rĂ©action des marchĂ©s de change est cohĂ©rente avec celle des marchĂ©s obligataires : le dollar s'est apprĂ©ciĂ© contre l’euro, ce dernier passant de 1,12$ fin septembre Ă  1,09$ après la victoire rĂ©publicaine : les arbitrages internationaux favorisent la devise dont le rendement est le plus Ă©levĂ©. Les industriels europĂ©ens pourraient y voir un lot de consolation, si le mouvement se confirmait, la contrepartie Ă©tant des importations d'hydrocarbures plus chères.

Big Tech even bigger

Si l’administration Biden Ă©tait encline Ă  restreindre le pouvoir de marchĂ© devenu exorbitant des grandes entreprises technologiques comme Alphabet, Amazon ou Meta, les Ă©quipes Trump auront une approche bien plus amicale, ne serait-ce que parce que le 47e prĂ©sident s’est lui-mĂŞme lancĂ© dans l'aventure des rĂ©seaux sociaux avec le Trump Media & Technology Group, propriĂ©taire de Truth Social, une plateforme ambitionnant de rivaliser avec X-ex-Twitter et Facebook. Elon Musk ayant ralliĂ© avec enthousiasme le camp Trump, on ne saurait d’ailleurs Ă©carter un rapprochement. Dans tous les cas de figure, les grands de la technologie investiront encore plus dans l'IA et le calcul quantique, prenant avantage d'une rĂ©glementation laxiste, et n'hĂ©siteront pas Ă  racheter toute start-up prometteuse, soit pour dĂ©velopper ses projets, soit pour les enterrer en cas d'innovations considĂ©rĂ©es comme nĂ©fastes Ă  l’entreprise. Ă€ long terme, il pourrait en rĂ©sulter un dĂ©ficit d’innovation, le marchĂ© se fermant aux nouveaux entrants, mais Ă  plus court terme, la domination amĂ©ricaine dans les domaines technologiques devrait s'en trouver renforcĂ©e et l'Ă©cart avec l'Europe, oĂą la rĂ©glementation est très contraignante, encore aggravĂ©. Les marchĂ©s ne s'y sont pas trompĂ©s : le rĂ©sultat de l’élection a fait bondir de 6 % le Nasdaq, oĂą sont cotĂ©es toutes les grands de la technologie amĂ©ricaine.

L'indĂ©pendance de la Fed est-elle menacĂ©e ?

Lors de la confĂ©rence de presse qui suivit la rĂ©union du 7 novembre du conseil de politique monĂ©taire de la Fed, une journaliste demanda Ă  son prĂ©sident Jerome Powell s'il dĂ©missionnerait sous la pression de la future administration. RĂ©ponse : "No". La journaliste insiste : "Pourriez-vous ĂŞtre lĂ©galement obligĂ© de dĂ©missionner ?". RĂ©ponse aussi laconique que la première.

Bien que Powell ait Ă©tĂ© nommĂ© par Trump lui-mĂŞme, le dĂ©samour apparut vite, le prĂ©sident d’alors ne supportant pas que la banque centrale relève ses taux pour prĂ©venir l’inflation. Après sa dĂ©faite de 2020, Trump vitupĂ©ra Ă  nouveau contre la Fed, lui reprochant cette fois de garder les taux trop bas... Au-delĂ  de la personnalitĂ© de Powell, trop rigoureuse Ă  son goĂ»t, c'est bien la banque centrale que Trump souhaite brider.

Au-delĂ  de la personnalitĂ© de Powell, trop rigoureuse Ă  son goĂ»t, c'est bien la banque centrale que Trump souhaite brider. 

Sachant que la conjugaison de tarifs douaniers plus élevés et de déficits fédéraux en roue libre pourrait à nouveau nourrir l’inflation, la motivation de la future administration est limpide. S'il paraît difficile de forcer Powell à se retirer avant le terme de son mandat début 2026, une majorité au Congrès pourrait amender la loi de 1913 décrivant les objectifs et le fonctionnement de la Réserve fédérale, comme ce fut fait de nombreuses fois par le passé, jusqu'en décembre 2000.

MĂŞme si les rĂ©publicains obtenaient une majoritĂ© Ă  la Chambre des reprĂ©sentants, il est fort probable que des divisions apparaissent au sein de leur camp, l'indĂ©pendance de la Fed Ă©tant considĂ©rĂ©e par beaucoup comme nĂ©cessaire Ă  la bonne santĂ© de l’économie. Une coalition d'extrĂŞmes visant le contrĂ´le de la Fed, mĂŞlant rĂ©publicains trumpistes et dĂ©mocrates influencĂ©s par la fumeuse "thĂ©orie monĂ©taire moderne" comme Alexandria Ocasio-Cortez, est-elle imaginable ? On entre lĂ  dans la politique fiction. Dans le système de "check & balance" amĂ©ricain, la Fed n’est probablement pas l’'institution courant le plus de risque. Mais sait-on jamais ? Si les marchĂ©s anticipaient que le risque de sa mise sous tutelle par le TrĂ©sor est significatif, les consĂ©quences Ă©conomiques seraient sĂ©rieuses car cela ouvrirait la porte Ă  un financement monĂ©taire discrĂ©tionnaire des dĂ©ficits budgĂ©taires, qui entraĂ®nerait une perte de confiance des investisseurs et par consĂ©quent une hausse des taux d’intĂ©rĂŞt Ă  long terme amĂ©ricains et un coup de froid sur la seule Ă©conomie qui tire encore la croissance mondiale.

Géopolitique et politique climatique compteront aussi

Par-delà les options de politique économique, celles concernant la géostratégie et la politique climatique auront également des conséquences économiques pour l'Europe.

Si Trump devait, comme il l'a plus ou moins laissĂ© entendre, cĂ©der Ă  Poutine en cessant de soutenir l'Ukraine, l'Europe serait confrontĂ©e Ă  un dilemme : aider encore plus l’Ukraine, financièrement et militairement, ou s’aligner sur la stratĂ©gie amĂ©ricaine. La charge financière Ă  assumer et les manĹ“uvres prĂ©visibles de Poutine s'il est de facto soutenu par Trump feraient les beaux jours des formations politiques dĂ©jĂ  peu favorables ou opposĂ©es Ă  l’aide Ă  l'Ukraine, Rassemblement National et France Insoumise en France, Allianz fĂĽr Deutschland et BĂĽndnis Sahra Wagenknecht en Allemagne pour ne prendre que ces exemples.

De même, l'abandon de toute politique climatique par les États-Unis, un virage encore plus radical que la politique suivie lors de la première présidence Trump, ne pourrait que renforcer les partis climato-sceptiques d'une Europe qui se retrouverait quasiment seule dans le monde développé à poursuivre une ambitieuse stratégie de décarbonation. Convaincre les électeurs, aussi conscients qu’ils soient des risques climatiques, de payer bien plus que les Américains pour financer la transition, que ce soit par le prix croissant du carbone ou par des arbitrages budgétaires favorisant les investissements pour la transition, risque de devenir difficile.

La meilleure défense, c'est... la compétitivité

Comment l’Europe peut-elle rĂ©pondre aux diffĂ©rents dĂ©fis posĂ©s par les orientations de la future administration Trump ?

Le seul domaine où l'UE a un véritable pouvoir de négociation avec les États-Unis est celui des relations commerciales, en raison de la taille de son marché et de l’expertise sur les relations commerciales de la Commission européenne, à qui les États membres ont délégué leur pouvoir en ce domaine. Il est imaginable que la menace de relever les droits de douane de 10 %, voire 20 %, sur les biens importés d'Europe, ne soit qu’une position de début de négociation.

L'erreur serait de menacer de répondre à des hausses de tarifs par des hausses similaires, car l'engrenage des augmentations tarifaires généralisées pénaliserait encore plus l'UE que les États-Unis.

L'erreur serait de menacer de rĂ©pondre Ă  des hausses de tarifs par des hausses similaires, car l'engrenage des augmentations tarifaires gĂ©nĂ©ralisĂ©es pĂ©naliserait encore plus l'UE que les États-Unis, la première dĂ©pendant plus de ses exportations que les seconds. Viser le pouvoir de monopole excessif de la Big Tech, au moment oĂą la lĂ©gislation antitrust amĂ©ricaine s’affaiblit, serait probablement un levier plus adaptĂ©. 

De façon générale, la meilleure réponse à l’agressivité commerciale américaine - et chinoise - est de renforcer notre compétitivité structurelle, les protections douanière ou règlementaire étant illusoires, puisque, au contraire, elles découragent l'innovation. De nombreuses propositions dans ce sens ont été faites par Mario Draghi. S'il est une bonne raison pour les mettre en œuvre, c’est bien la victoire de Donald Trump.

 

Copyright image : ANGELA WEISS / AFP
Elon Musk Ă  un meeting de Donald Trump, octobre 2024

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