AccueilExpressions par MontaigneSuppression du juge d’instruction : le pĂ©nal, encore le pĂ©nalLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne CohĂ©sion sociale07/01/2009ImprimerPARTAGERSuppression du juge d’instruction : le pĂ©nal, encore le pĂ©nalAuteur Mathilde Tellier ChargĂ©e de communication Le Président de la République, au retour de son voyage au Proche-Orient a confirmé sa volonté de supprimer le juge d’instruction dans le fonctionnement de la justice. Un vrai pavé dans la marre de la Justice française !Alors que la rumeur enflait, Nicolas Sarkozy a confirmĂ© cette dĂ©cision lors de la rentrĂ©e solennelle de la Cour de Cassation. Il a dit vouloir remplacer le juge d’instruction par le juge de l’instruction ; mais au-delĂ de la nuance, mince en apparence, il s’agit en rĂ©alitĂ© d’une vĂ©ritable rĂ©volution. « Le juge de l'instruction contrĂ´lera le dĂ©roulement des enquĂŞtes mais ne les dirigera plus », a prĂ©cisĂ© Nicolas Sarkozy. L’opposition s’Ă©meut de cette dĂ©cision, voyant lĂ une attaque Ă l’encontre de l’indĂ©pendance de la justice, en mĂŞme temps qu’une vengeance Ă l’Ă©gard des juges qui se sont illustrĂ©s dans les nombreuses affaires politico-judiciaires de ces dernières annĂ©es. Dans ce mĂŞme discours, le prĂ©sident de la RĂ©publique a Ă©voquĂ© la possible disparition du juge des libertĂ©s. Ce dernier est, depuis 2000, celui qui dĂ©cide de la mise en dĂ©tention provisoire d’un prĂ©venu. La dĂ©cision de placer un accusĂ© en dĂ©tention serait dĂ©sormais prise lors d’une « audience collĂ©giale collective ».Les lignes directrices de cette rĂ©forme changent la donne, il est vrai. Toutefois, on peut regretter qu’Ă nouveau, ce qui occupe le devant de la scène politique et dond mĂ©diatique, en matière de justice, concerne systĂ©matiquement le droit pĂ©nal, plus spectaculaire. Une fois encore, par consĂ©quent, l'on oublie ce qui fait davantage partie du quotidien des Français, Ă savoir la justice civile. Aujourd’hui, il faut deux ans (pour les plus chanceux) pour savoir, Ă l’occasion d’un contentieux, Ă qui des deux voisins appartient la pomme : Ă celui qui possède le pommier ou Ă celui qui a reçu le fruit tombĂ© dans son jardin ? A l’Institut Montaigne, nous formulons le souhait d’une vraie simplification des procĂ©dures et d’une rĂ©forme en profondeur du management des juridictions, afin d’amĂ©liorer la qualitĂ© et la cĂ©lĂ©ritĂ© de la Justice. Dans notre rapport « Pour la Justice », paru en 2004, nous proposions ainsi, entre autres, de simplifier les procĂ©dures, en alignant les dĂ©lais sur ceux les plus courts. Car juger bien, n’est pas incompatible avec le fait de juger vite.ImprimerPARTAGER