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Suppression du juge d’instruction : le pĂ©nal, encore le pĂ©nal

 Mathilde Tellier
Auteur
Chargée de communication

Le Président de la République, au retour de son voyage au Proche-Orient a confirmé sa volonté de supprimer le juge d’instruction dans le fonctionnement de la justice. Un vrai pavé dans la marre de la Justice française !

Alors que la rumeur enflait, Nicolas Sarkozy a confirmĂ© cette dĂ©cision lors de la rentrĂ©e solennelle de la Cour de Cassation. Il a dit vouloir remplacer le juge d’instruction par le juge de l’instruction ; mais au-delĂ  de la nuance, mince en apparence, il s’agit en rĂ©alitĂ© d’une vĂ©ritable rĂ©volution. « Le juge de l'instruction contrĂ´lera le dĂ©roulement des enquĂŞtes mais ne les dirigera plus Â», a prĂ©cisĂ© Nicolas Sarkozy. L’opposition s’Ă©meut de cette dĂ©cision, voyant lĂ  une attaque Ă  l’encontre de l’indĂ©pendance de la justice, en mĂŞme temps qu’une vengeance Ă  l’Ă©gard des juges qui se sont illustrĂ©s dans les nombreuses affaires politico-judiciaires de ces dernières annĂ©es. Dans ce mĂŞme discours, le prĂ©sident de la RĂ©publique a Ă©voquĂ© la possible disparition du juge des libertĂ©s. Ce dernier est, depuis 2000, celui qui dĂ©cide de la mise en dĂ©tention provisoire d’un prĂ©venu. La dĂ©cision de placer un accusĂ© en dĂ©tention serait dĂ©sormais prise lors d’une « audience collĂ©giale collective Â».

Les lignes directrices de cette rĂ©forme changent la donne, il est vrai. Toutefois, on peut regretter qu’Ă  nouveau, ce qui occupe le devant de la scène politique et dond mĂ©diatique, en matière de justice, concerne systĂ©matiquement le droit pĂ©nal, plus spectaculaire. Une fois encore, par consĂ©quent, l'on oublie ce qui fait davantage partie du quotidien des Français, Ă  savoir la justice civile. Aujourd’hui, il faut deux ans (pour les plus chanceux) pour savoir, Ă  l’occasion d’un contentieux, Ă  qui des deux voisins appartient la pomme : Ă  celui qui possède le pommier ou Ă  celui qui a reçu le fruit tombĂ© dans son jardin ? A l’Institut Montaigne, nous formulons le souhait d’une vraie simplification des procĂ©dures et d’une rĂ©forme en profondeur du management des juridictions, afin d’amĂ©liorer la qualitĂ© et la cĂ©lĂ©ritĂ© de la Justice. Dans notre rapport « Pour la Justice Â», paru en 2004, nous proposions ainsi, entre autres, de simplifier les procĂ©dures, en alignant les dĂ©lais sur ceux les plus courts. Car juger bien, n’est pas incompatible avec le fait de juger vite.

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