Rechercher un rapport, une publication, un expert...
La plateforme de débats et d’actualités de l’Institut Montaigne

[Sondage] - Les Français et le "quoiqu'il en coûte"

[Sondage] - Les Français et le
 Institut Montaigne
Auteur
Institut Montaigne
Découvrez
notre sĂ©rie 
Sondages

Tous les mois, l'Institut Elabe interroge les Français pour Les Echos, l'Institut Montaigne et Radio Classique, ce mois-ci les Français et le "quoi qu’il en coûte".

Le "quoi qu’il en coûte" d’Emmanuel Macron largement soutenu dans l’opinion

Question : Le 12 mars 2020, Emmanuel Macron déclarait lors d’une allocution télévisée :

  • "Le Gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nĂ©cessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies quoi qu'il en coĂ»te."
  • "Aussi, tout sera mis en Ĺ“uvre pour protĂ©ger nos salariĂ©s et pour protĂ©ger nos entreprises quoi qu'il en coĂ»te, lĂ  aussi."
  • "L'ensemble des gouvernements europĂ©ens doit prendre les dĂ©cisions de soutien de l'activitĂ© puis de relance quoi qu'il en coĂ»te."

Vous personnellement, de laquelle des opinions suivantes vous sentez-vous le plus proche ?

71 % des Français considèrent qu’Emmanuel Macron a eu raison d’évoquer le "quoi qu’il en coĂ»te" pour la santĂ© et le soutien aux entreprise et salariĂ©s, mĂŞme si cela augmente la dette publique de manière importante. 28 % estiment, au contraire, qu’Emmanuel Macron a eu tort d'Ă©voquer le "quoi qu'il en coĂ»te" pour la santĂ© et le soutien aux entreprise et salariĂ©s, car cela a fait augmenter la dette publique de manière trop importante.

Politiquement, l’ensemble des Ă©lectorats juge majoritairement que le PrĂ©sident de la RĂ©publique a eu raison. Ce soutien est particulièrement marquĂ© dans son Ă©lectorat du 1er tour (85 %). Ă€ l’inverse, les Ă©lecteurs de Marine Le Pen sont les moins convaincus par le "quoi qu’il en coĂ»te" du PrĂ©sident (56 % a eu raison, 42 % a eu tort).

D’un point de vue socio-professionnel, le soutien est large dans toutes les catĂ©gories mais moins Ă©levĂ© chez les catĂ©gories populaires (63 %) que chez les professions intermĂ©diaires (73 %) et les cadres (71 %).

 

Pour financer la dette, les français anticipent une hausse des impĂ´ts et une rĂ©duction des dĂ©penses publiques. Seuls 15 % pensent qu’elle ne sera pas remboursĂ©e

Selon vous, comment sera financĂ© le remboursement de cette dette supplĂ©mentaire liĂ©e Ă  la crise du Covid-19 ? - En 1er ? En 2e ?

InterrogĂ©s sur les moyens qui seront, selon eux, dĂ©ployĂ©s pour le remboursement de la dette supplĂ©mentaire liĂ©e Ă  la crise du Covid-19 :

  • 51 % des Français estiment que la dette supplĂ©mentaire liĂ©e Ă  la crise du Covid-19 sera remboursĂ©e par une hausse des impĂ´ts (dont 36 % en 1er)
  •  41 % qu’elle sera remboursĂ©e par la rĂ©duction des dĂ©penses publiques via des rĂ©formes (retraites, assurance, chĂ´mage,…) (dont 15 % en 1er)
  • 33 % par la croissance Ă©conomique dans les annĂ©es Ă  venir (qui gĂ©nèrera mĂ©caniquement une hausse des recettes fiscales et une baisse des dĂ©penses publiques), (dont 18 % en 1er)
  • 30 % par une "contribution exceptionnelle" auprès des plus aisĂ©s (dont 15 % en 1er).
  • 15 % pensent, quant Ă  eux, qu’elle ne sera pas remboursĂ©e mais annulĂ©e.

Cette question du remboursement de la dette fait Ă©merger un clivage politique entre les diffĂ©rents Ă©lectorats :

  • Les Ă©lecteurs de Marine Le Pen sont les plus fortement convaincus que son remboursement s’effectuera par une hausse des impĂ´ts (59 %)
  • 51 % des Ă©lecteurs de François Fillon prĂ©voient une hausse d’impĂ´ts, et anticipent des politiques de rĂ©duction des dĂ©penses publiques (49 %)
  • Les Ă©lecteurs d’Emmanuel Macron sont plus partagĂ©s sur cette question. Ils sont moins nombreux Ă  penser que la hausse des impĂ´ts sera la principale solution (44 %) rĂ©ponse qu’ils placent Ă  Ă©galitĂ© avec la baisse des dĂ©penses publiques. Ils sont plus nombreux Ă  faire le pronostic d’une croissance Ă©conomique qui permettra de rembourser la dette (46 %, dont 33 % en 1er) ou qu’une "contribution exceptionnelle" auprès des plus aisĂ©s sera mise en place (36 %, dont 14 % en 1er). De plus, il s’agit du deuxième Ă©lectorat, après celui de François Fillon, le plus convaincu que le remboursement de la dette sera portĂ© par une baisse des dĂ©penses publiques (44 %, dont 15 % en 1er).
  • Les Ă©lecteurs de Jean-Luc MĂ©lenchon ont une opinion proche de la moyenne des Français, mais sont un peu plus nombreux Ă  considĂ©rer que la dette ne sera pas remboursĂ©e mais annulĂ©e (19 %).

 

Les promesses de non-augmentation d’impôts jugées peu crédibles par les français

Ces dernières semaines, le gouvernement a engagé de nombreuses dépenses pour faire face à la crise sanitaire, financer le chômage partiel et soutenir les secteurs d’activité touchés par la crise économique. Plusieurs membres du gouvernement ont déclaré, ces dernières semaines, que ces dépenses ne seraient pas financées par une augmentation des impôts.

Pour vous, personnellement, ces annonces de ministres affirmant qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impĂ´ts sont-elles crĂ©dibles ou pas crĂ©dibles ?

76 % (-1 par rapport au 3 juin 2020) des Français continuent de penser que les ministres ne sont pas crĂ©dibles lorsqu’ils affirment que les impĂ´ts ne seront pas revus Ă  la hausse, dont 48 % (+3) pas vraiment et 28 % (-4) pas du tout crĂ©dibles. 24 % (+1) jugent, Ă  l’inverse, que ces affirmations sont crĂ©dibles, dont 19 % (=) plutĂ´t et 5 % (+1) tout Ă  fait crĂ©dibles.

Le scepticisme face Ă  ces annonces est Ă©levĂ© chez les personnes connaissant des fins de mois difficiles (81 %), et les Ă©lecteurs de Marine Le Pen (86 %).

Les Français connaissant des fins de mois aisĂ©es (73 %) ainsi que les Ă©lecteurs d’Emmanuel Macron (65 %) sont un peu moins sceptiques face Ă  ces annonces.

Par rapport aux 2 et 3 juin, les chiffres restent plutĂ´t stables. Ă€ noter cependant que le doute s’intensifie sur cette question chez les cadres (85 %, +12).

 

Des français favorables Ă  la poursuite (58 %) voire Ă  l’élargissement (30 %) des dispositifs de soutien Ă©conomique

Concernant les aides de soutien Ă©conomique aux entreprises, aux salariĂ©s et les aides spĂ©cifiques envers certaines catĂ©gories de populations (Ă©tudiants, etc.), diriez-vous qu’aujourd’hui il faut en faire plus, garder le niveau actuel des aides ou les rĂ©duire ?

58 % des Français considèrent qu’il faut garder le niveau actuel de soutien Ă©conomique, 30 % qu’il faut en faire plus en augmentant et/ou Ă©largissant Ă  d'autres populations les dispositifs de soutien Ă©conomique et 11 % qu’il faut rĂ©duire les dispositifs de soutien Ă©conomique.

Politiquement, trois groupes d’électorats se distinguent :

  • 73 % des Ă©lecteurs d’Emmanuel Macron pensent qu’il faut garder le niveau actuel de soutien Ă©conomique. 69 % de ceux de François Fillon partagent cet avis.
  • Une courte majoritĂ© des Ă©lecteurs de Marine Le Pen (51 %) souhaite un maintien du dispositif actuel, quand 29 % souhaiteraient qu’il soit accru, et 20 % rĂ©duit.
  • L’électorat de Jean-Luc MĂ©lenchon est le plus favorable Ă  l’élargissement du dispositif (42 %)

D’un point de vue socio-Ă©conomique, si les cadres sont 65 % Ă  considĂ©rer qu’il faut conserver le niveau d’aides actuel, les catĂ©gories populaires sont un peu moins convaincues (53 %). Des diffĂ©rences plus importantes encore Ă©mergent selon le niveau de revenu : les personnes connaissant des fins de mois aisĂ©es sont majoritairement favorables Ă  un maintien du niveau d’aides actuel (64 %), contre 49 % des personnes connaissant des fins de mois difficiles. Ces dernières sont davantage favorables Ă  une amplification du dispositif actuel (38 %, dont 45 % des personnes connaissant des fins de mois très difficiles).

En termes d’âge, 72 % des 65 ans et plus sont favorables Ă  un maintien du niveau actuel de soutien Ă©conomique. En revanche, les 18-24 ans constituent la catĂ©gorie d’âge la plus favorable Ă  une amplification de ce dispositif (48 %).

 

Consultez l'intégralité de l'étude

 

Copyright : Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

Recevez chaque semaine l’actualité de l’Institut Montaigne
Je m'abonne