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[Sondage] - Les Français et le logement

[Sondage] - Les Français et le logement
 Institut Montaigne
Auteur
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 Lisa Darbois
Auteur
Ancienne directrice des études France à l'Institut Montaigne
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Sondages

Tous les mois, l'Institut Elabe interroge les Français pour Les Échos et l'Institut Montaigne. Ce mois-ci, la question posée porte sur les Français et le logement.

Le sondage en quelques mots : Les résultats de cette enquête confirment un phénomène économique et social désormais bien ancré dans le paysage français : celui du problème de l’accessibilité au logement.

En effet, la France connaĂ®t une demande en logement croissante depuis ces vingt dernières annĂ©es, qui se traduit par une augmentation notable du coĂ»t du logement. Entre 2005 et 2020, le prix au mètre carrĂ© des appartements neufs est ainsi passĂ© de 2 757 € Ă  4 318 €, soit une augmentation de 57 % en quinze ans. Cette tendance est clairement ressentie par une part significative des Français puisque près de 45 % d’entre eux estiment que les problèmes du logement reposent dĂ©sormais sur des loyers ou des prix d’achat trop Ă©levĂ©s.  

Cette dépense contrainte est également perçue comme beaucoup trop lourde par la majorité des Français - 53 % d’entre eux - et tout particulièrement pour les moins de 50 ans. Cette situation est d’autant plus préoccupante et source de défis à venir que les dépenses publiques françaises liées au logement représentent 1,6 % de notre PIB en 2020 - contre 0,7 % au sein de l’Union européenne - pour une moindre efficacité.

Il semble ainsi plus prioritaire que jamais d’engager une réflexion ambitieuse et de long terme sur la politique du logement en France pour répondre aux besoins des classes moyennes et populaires comme le suggérait une note de l’Institut Montaigne publiée en février 2022.


Pour les Français, le principal problème du logement est son coût trop élevé (loyer, achat, taux d’intérêt)

Selon vous, quel est le problème du logement aujourd'hui en France?

Aux yeux des Français, les problèmes du logement aujourd’hui en France sont avant tout les loyers trop Ă©levĂ©s (45 %) et le prix d’achat trop Ă©levĂ© (44 %) devant les taux d’intĂ©rĂŞt des emprunts trop Ă©levĂ©s (34 %).Derrière ce trio de tĂŞte, les Français Ă©voquent le nombre trop important de logements utilisĂ©s pour les locations touristiques et de courte durĂ©e (24 %), le manque de logement en gĂ©nĂ©ral (21 %), le fait qu’il y a trop de rĂ©sidences secondaires (14 %) et le trop grand nombre de normes Ă©cologiques (13 %).

Le coût (loyer, achat, taux d’intérêt) est le principal problème du logement pour toutes les catégories socio-professionnelles et générations.

On observe toutefois une diffĂ©rence importante entre les locataires qui Ă©voquent, nettement devant tous les autres motifs, des loyers trop Ă©levĂ©s (60 %) tandis que les propriĂ©taires sont plus partagĂ©s entre le prix d’achat (44 %) et les taux d’intĂ©rĂŞt trop Ă©levĂ©s (39 %).

On peut Ă©galement noter que le trop grand nombre de logements utilisĂ©s Ă  des fins touristiques et de courte durĂ©e est particulièrement citĂ© par les 65 ans et plus (32 %) et les Ă©lecteurs d’Emmanuel Macron (35 %).

En moyenne, les Français dĂ©clarent consacrer 32 % de leurs revenus Ă  leur logement, un chiffre en hausse depuis 2016

En moyenne, les Français déclarent consacrer 32% de leurs revenus à leur logement, un chiffre en hausse depuis 2016

Les Français dĂ©clarent consacrer en moyenne 32 % (+4 points depuis le 1er juin 2016) de leurs revenus Ă  leur logement. Dans le dĂ©tail :

  • 22 % (-3) consacrent moins de 20 % de leurs revenus Ă  leur logement
  • 40 % (-4) entre 20 % et 39 %
  • Et, en très forte hausse depuis 2016, 37 % (+10) d’entre eux dĂ©clarent y consacrer 40 % ou plus de leurs revenus
     

La part des revenus qui est consacrĂ©e au logement varie sensiblement selon l’âge, le statut d’occupation et la catĂ©gorie socio-professionnelle :

  • Les moins de 35 ans dĂ©clarent consacrer 39 % de leurs revenus Ă  leur logement, une proportion qui diminue avec l’âge : 36 % chez les 35-49 ans, 29 % chez les 50-64 ans et 23 % chez les 65 ans et plus
  • Les propriĂ©taires qui n’ont pas terminĂ© de rembourser leur crĂ©dit immobilier tout comme les locataires estiment consacrer en moyenne 38 % de leurs revenus Ă  leur logement tandis que les propriĂ©taires qui ont fini de rembourser leur emprunt 21 %
  • Les employĂ©s/ouvriers y consacrent, en moyenne, 37 % de leurs revenus, les professions intermĂ©diaires 34 % et les cadres 28 %
     

On ne note, au global, pas de variations gĂ©ographiques : en moyenne 32 % pour les communes rurale, 32 % pour les communes urbaines de province et 30 % en agglomĂ©ration parisienne.

Une majorité de Français considère désormais que cette part est trop lourde

Une majorité de Français considère désormais que cette part est trop lourde

Le sentiment que la part des revenus allouĂ©e au logement est trop lourde progresse fortement depuis juin 2016 est devient majoritaire (53 %, +15). Ă€ contrario, 46 % (-16) considèrent que cette part est acceptable.

On observe Ă©galement un clivage selon l’âge, le statut d’occupation et la catĂ©gorie socio-professionnelle :

  • La majoritĂ© des moins de 50 ans jugent trop lourde la part de leurs revenus qu’ils consacrent au logement (63 %), tandis que les 50-64 ans sont partagĂ©s (51 % acceptable, 48 % trop lourde) et les 65 ans et plus considèrent en majoritĂ© qu’elle est acceptable (64 %)
  • Une majoritĂ© des locataire la juge trop lourde (67 %) et des propriĂ©taires acceptable (55 %). Une nuance importante est cependant Ă  distinguer entre les propriĂ©taires ayant dĂ©jĂ  remboursĂ© l’ensemble de leur crĂ©dits immobiliers (69 % acceptable) et ceux qui les remboursent encore (60 % trop lourde).
  • Enfin, la majoritĂ© des employĂ©s/ouvriers (62 % trop lourde) et des professions intermĂ©diaires (57 %) estiment que leurs dĂ©penses en matière de logement sont trop lourdes, un sentiment moins exprimĂ© par les cadres (45 %)
     

En toute logique, les dĂ©penses en matière de logement sont jugĂ©es trop lourdes par les Français qui y consacrent plus de 40 % de leurs revenus (83 % trop lourdes) mais sont majoritairement perçues comme acceptables lorsqu’elles mobilisent entre 20 et 39% (53 % acceptables, 46 % trop lourdes) et surtout lorsqu’elles reprĂ©sentent moins de 20 % des revenus (84 % acceptables).

Les Français anticipent une dégradation de la situation du logement dans les années à venir

Les Français anticipent une dégradation de la situation du logement dans les années à venir

75 % (+4 depuis le 31 janvier 2022) des Français pensent que la situation en matière de logement va se dĂ©grader dans les annĂ©es Ă  venir concernant son coĂ»t (loyer, prix au m², conditions pour emprunter), 56 % (+5) concernant le nombre de logements disponibles (35 % pensent que la situation restera la mĂŞme) et 50 % (+6) pour la qualitĂ© des logements disponibles (34 % restera la mĂŞme).

Le sentiment que la situation va se dĂ©grader dans les annĂ©es Ă  venir traverse l’ensemble des catĂ©gories de population. Les locataires se montrent encore plus pessimistes (76 % coĂ»t, 62 % nombre, 55 % qualitĂ©) que les propriĂ©taires (74 %, 52 %, 47 %).

Copyright : FREDERICK FLORIN / AFP

 

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