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[Sondage] - Dette publique : l'urgence d'agir

[Sondage] - Dette publique : l'urgence d'agir
 Institut Montaigne
Auteur
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 Lisa Darbois
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Ancienne directrice des études France à l'Institut Montaigne
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Tous les mois, l'Institut Elabe interroge les Français pour Les Échos et l'Institut Montaigne. Ce mois-ci, la question posée porte sur les Français et dette publique.

À quelques semaines de la présentation du prochain projet de loi de finances par le Gouvernement, les dernières prévisions budgétaires - 5,6 % de déficit en 2024 - laissent présager d’âpres discussions parlementaires. En effet, lors de la campagne des législatives en juin dernier, le sujet de l'état de nos finances publiques était loin de faire consensus. Cette fracture se reflète aujourd’hui au sein des différents électorats : si 96 % des électeurs LR estiment qu’il est urgent de réduire la dette, ils ne sont que 71 % chez les électeurs du NFP. Pour rétablir nos comptes publics, la hausse de la fiscalité sur les entreprises et sur les ménages les plus aisés est ainsi privilégiée par les électeurs du NFP alors que la réduction globale des dépenses est jugée prioritaire pour l’électorat du RN. Un point commun notable toutefois, celui d’une croyance bien enracinée selon laquelle la première solution serait de réduire le rythme de vie de l’État. Alors que la protection sociale représente près de 33 % de nos dépenses publiques - contre 27 % en moyenne au sein de l’UE - les Français, eux, "regardent ailleurs". Le sentiment de contribuer davantage à notre système social que d’en bénéficier, particulièrement présent au sein des classes moyennes, explique notamment l'absence de consentement citoyen à soutenir un futur effort budgétaire. Dans un tel contexte, seule une mobilisation politique inédite permettra de répondre à l’urgence qu’exige la situation de nos finances publiques.

L’urgence à agir pour réduire la dette demeure à niveau élevé et s’intensifie

L’urgence à agir pour réduire la dette demeure à niveau élevé et s’intensifie

80% (stable depuis mars 2024) des Français jugent urgent de réduire la dette publique en France, dont 39% (+7) très urgent et 41% (-7) assez urgent. A l’inverse, 19% (=) considèrent que cela n’est pas urgent, dont 14% (-2) pas vraiment et 5% (+2) pas du tout.

80% (stable depuis mars 2024) des Français jugent urgent de réduire la dette publique en France, dont 39% (+7) très urgent et 41% (-7) assez urgent. A l’inverse, 19% (=) considèrent que cela n’est pas urgent, dont 14% (-2) pas vraiment et 5% (+2) pas du tout.

Le sentiment d’urgence domine et s’intensifie dans toutes les catégories de population et de façon particulièrement marquée chez les 65 ans et plus (+16 très urgent).

Politiquement, les Ă©lecteurs LR au 1er tour des Ă©lections lĂ©gislatives 2024 (96 % urgent dont 39 % très urgent), RN (88 % dont 47 %) et "Ensemble" (87 % dont 52 %) s’accordent sur l’urgence Ă  agir. Les Ă©lecteurs NFP sont comparativement moins inquiets (71 % dont 25 %).

45 % des Ă©lecteurs d’Emmanuel Macron au 1er tour des Ă©lections prĂ©sidentielles 2022 considèrent dĂ©sormais qu’il très urgent de rĂ©duire la dette, soit une hausse significative de 20 points en quelques mois.

Pour les Français, la diminution du train de vie de l’Etat est la solution n°1 pour réduire la dette publique

Pour les Français, la diminution du train de vie de l’Etat est la solution n°1 pour réduire la dette publique. La hausse globale des impôts n’est pas envisagée

Aux yeux des Français, la diminution du train de vie de l’État est la solution n°1 pour réduire la dette publique (70 % de citations), loin devant la hausse des impôts des entreprisesayant fait le plus de profits (44 %), la réduction globale des dépenses publiques (39 %), et la hausse des impôts des particuliers les plus aisés (39 %). La diminution des dépenses sociales et la mise en place de réformesencourageant la croissance économique sont une solution pour 3 Français sur 10. La hausse globale des impôts (12 % pour les entreprises et 4 % pour les particuliers) et la diminution du financement des collectivités locales par l’État (9 %) ne sont pas envisagées.

 

Aux yeux des Français, la diminution du train de vie de l’État est la solution n°1 pour rĂ©duire la dette publique (70 % de citations), loin devant la hausse des impĂ´ts des entreprisesayant fait le plus de profits (44 %), la rĂ©duction globale des dĂ©penses publiques (39 %), et la hausse des impĂ´ts des particuliers les plus aisĂ©s (39 %). La diminution des dĂ©penses sociales et la mise en place de rĂ©formesencourageant la croissance Ă©conomique sont une solution pour 3 Français sur 10. La hausse globale des impĂ´ts (12 % pour les entreprises et 4 % pour les particuliers) et la diminution du financement des collectivitĂ©s locales par l’État (9 %) ne sont pas envisagĂ©es.

La diminution du train de vie de l’État est considĂ©rĂ©e comme le premier moyen de rĂ©duire la dette publique dans toutes les catĂ©gories de population et dans tous les Ă©lectorats. Il est davantage citĂ© chez les plus âgĂ©s (79 % des 50-64 ans et 80 % des 65 ans et +), dans les communes rurales (77 %), ainsi que par les Ă©lecteurs LR (81 %) et RN (79 %) au premier tour des Ă©lections lĂ©gislatives 2024.
Les autres pistes font l’objet de vraies diffĂ©rences d’un point de vue politique :

  • Électeurs du NFP : une hausse des impĂ´ts des entreprises ayant fait le plus de profits (68 %), une hausse des impĂ´ts des particuliers les plus aisĂ©s (53 %)
  • Électeurs d’Ensemble : la rĂ©duction globale des dĂ©penses publiques (44 %), des rĂ©formes encourageant la croissance Ă©conomique (41 %), la diminution des dĂ©penses sociales (39 %)
  • Électeurs LR/UDI/DVD : des rĂ©formes encourageant la croissance Ă©conomique (52 %), la rĂ©duction globale des dĂ©penses publiques (45 %), la diminution des dĂ©penses sociales (34 %)
  • Électeurs RN : la rĂ©duction globale des dĂ©penses publiques (50 %), la diminution des dĂ©penses sociales (49 %)

 

Aucun responsable politique n’obtient la confiance de l’opinion en matière de finances et dépenses publiques

Aucun responsable politique n’obtient la confiance de l’opinion en matière de finances et dépenses publiques

Gabriel Attal recueille la confiance de près de 4 Français sur 10 (39 %, +6 points depuis mars 2024) pour avoir une bonne politique en matière de finances et dépenses, au coude à coude avec Michel Barnier (38 %). Tous deux sont suivis de près par Marine Le Pen (36 %).

Gabriel Attal recueille la confiance de près de 4 Français sur 10 (39 %, +6 points depuis mars 2024) pour avoir une bonne politique en matière de finances et dĂ©penses, au coude Ă  coude avec Michel Barnier (38 %). Tous deux sont suivis de près par Marine Le Pen (36 %).

L’ex-Premier ministre et son successeur obtiennent la confiance d’une nette majoritĂ© des Ă©lecteurs d’ « Ensemble » (respectivement 78 % et 72 %) ainsi que des Ă©lecteurs LR/DVD/UDI (58 % et 72 %).

Marine Le Pen bĂ©nĂ©ficient quant Ă  elle d’un soutient quasi-total des Ă©lecteurs RN (83 %) et parvient Ă©galement Ă  obtenir le soutien de 27 % des Ă©lecteurs LR/DVD/UDI.

Les dirigeants LR obtiennent la confiance de 29 % (+4) des Français, le ministre de l’Économie dĂ©missionnaire Bruno Le Maire 28 % (+1) et les dirigeants du Parti socialiste (27 %, +5). Les autres responsables et partis politiques sont citĂ©s par moins d’un Français sur quatre.

Système fiscal : plus d’1 Français sur 2 estime qu’il contribue davantage au système qu’il n’en bĂ©nĂ©ficie, un niveau stable depuis mai 2023

Système fiscal : plus d’1 Français sur 2 estime qu’il contribue davantage au système qu’il n’en bénéficie, un niveau stable depuis mai 2023

De manière générale, quand ils pensent aux différents impôts et taxes qu’ils paient et aux services et aides dont ils peuvent bénéficier, plus de la moitié des Français estiment contribuer plus au système qu’ils n’en bénéficient (54 %, +1 point par rapport à mai 2023), un quart pense qu’ils contribuent autant qu’ils en bénéficient (25 %, +1) et seuls 7 % (-1) qu’ils bénéficient plus du système qu’ils n’y contribuent. 14 % (-1) d’entre eux ne se prononcent pas sur le sujet.

De manière gĂ©nĂ©rale, quand ils pensent aux diffĂ©rents impĂ´ts et taxes qu’ils paient et aux services et aides dont ils peuvent bĂ©nĂ©ficier, plus de la moitiĂ© des Français estiment contribuer plus au système qu’ils n’en bĂ©nĂ©ficient (54 %, +1 point par rapport Ă  mai 2023), un quart pense qu’ils contribuent autant qu’ils en bĂ©nĂ©ficient (25 %, +1) et seuls 7 % (-1) qu’ils bĂ©nĂ©ficient plus du système qu’ils n’y contribuent. 14 % (-1) d’entre eux ne se prononcent pas sur le sujet.

D’un point de vue sociodĂ©mographique, ce sentiment est majoritaire dans toutes les catĂ©gories de population. Il est particulièrement prĂ©sent chez les cadres et professions intermĂ©diaires (60 %, -1) et se renforce chez les employĂ©s/ouvriers (56 %, +4).
Les plus jeunes (18-24 ans) sont dĂ©sormais partagĂ©s plutĂ´t entre le sentiment de contribuer autant qu’ils n’en bĂ©nĂ©ficient (42 %, +16) et celui de contribuer plus (33 %, +2).

Les Ă©lecteurs du RN estiment majoritairement contribuer davantage au système qu’ils n’en bĂ©nĂ©ficient (73 %), tandis que les autres Ă©lectorats sont plus partagĂ©s : LR (55 % contribuer plus, 37 % autant), Ensemble (49 %, 35 %) et NFP ( 45 %, 34 %).


Copyright image : Ludovic MARIN / AFP
Le ministre démissionnaire des Finances, Bruno Le Maire, et le ministre délégué aux Comptes publics, Thomas Cazenave, au Palais de l'Élysée, en février 2024

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