AccueilExpressions par MontaigneRĂ©munĂ©ration des dirigeants : le gouvernement pourrait aller plus loinLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne CohĂ©sion sociale27/06/2007ImprimerPARTAGERRĂ©munĂ©ration des dirigeants : le gouvernement pourrait aller plus loinAuteur Philippe Manière PrĂ©sident-fondateur de Footprint > consultants Affaire Jaffré, affaire Bilger, affaire Bernard, affaire Zacharias, affaire Forgeard... En une dizaine d'années, la chronique économique a été régulièrement envahie par les scandales entourant l'éviction ou le départ négocié de dirigeants d'entreprises de premier rang.Au total, ils concernent un petit nombre de PDG, toujours dans de très grandes sociĂ©tĂ©s cotĂ©es. Mais, dans le public, elles ont Ă©tĂ© vĂ©cues comme rĂ©vĂ©latrices d'un problème plus gĂ©nĂ©ral : malgrĂ© leurs protestations, les patrons sont dĂ©sormais collectivement regardĂ©s comme percevant des rĂ©munĂ©rations disproportionnĂ©es et surtout faiblement liĂ©es Ă la qualitĂ© de leur performance (puisque un dĂ©part forcĂ© est lui-mĂŞme gĂ©nĂ©ralement accompagnĂ© d'un gros chèque). Et cela est largement faux, puisque la rĂ©munĂ©ration moyenne des quelque 1,2 millions de chef d'entreprise française se compte plutĂ´t en dizaines de milliers d'euros qu'en millions. En rĂ©alitĂ©, ce qui choque, mĂŞme concernant les patrons de très grandes entreprises, ce ne sont pas tellement les rĂ©munĂ©rations des « pĂ©riodes de croisière », qui sont dans la norme internationale, mais celles des ruptures. Et pour cause, au moment du dĂ©part d'un dirigeant apparaissent en effet Ă la fois le montant des stock-options qu'il a accumulĂ©es, la valeur actuarielle de la retraite supplĂ©mentaire (retraite chapeau) qui lui sera versĂ©e - puisque l'entreprise doit la provisionner dans ses comptes - et, surtout, l'indemnitĂ© accordĂ©e Ă raison mĂŞme de son dĂ©part (les fameux « parachutes dorĂ©s »). Le dĂ©bat tourne souvent Ă l'hystĂ©rie et les choses doivent ĂŞtre nuancĂ©es. Mais nier l'existence d'un malaise justifiĂ© serait irresponsable. Le dĂ©cideur public se devait donc de rĂ©agir. C'est prĂ©cisĂ©ment ce qu'il a fait. Le conseil des ministres a en effet adoptĂ© la semaine dernière un projet de loi amĂ©nageant le rĂ©gime des parachutes dorĂ©s et des stock-options. Ce texte va dans le bon sens. Mais, malheureusement, faute d'aller fond des choses, il ne rĂ©soudra pas durablement les problèmes soulevĂ©s par les affaires prĂ©-citĂ©es. C'est la raison pour laquelle l'Institut Montaigne a dĂ©cidĂ© de publier dans les jours qui viennent un document, assorti de propositions très concrètes et très prĂ©cises, visant : 1) Ă clarifier le statut et les conditions d'Ă©viction des mandataires sociaux, aujourd'hui caractĂ©risĂ©s par un mĂ©lange des genres qui explique la majoritĂ© des dĂ©rives: beaucoup de patrons ont la rĂ©munĂ©ration gĂ©nĂ©reuse d'un mandataire... et la protection gĂ©nĂ©reuse d'un salariĂ©, ce qui n'est pas cohĂ©rent. 2) Ă rĂ©viser le statut fiscal des stock-options afin de les rendre plus mĂ©ritocratiques : aujourd'hui, quand la bourse monte, tous les patrons s'enrichissent grâce Ă leurs stock-options quel que soit leur mĂ©rite, ce qui n'est pas juste. Des propositions qui pourraient utilement inspirer un prochain texte - par exemple la loi de moralisation Ă©conomique que le PrĂ©sident de la RĂ©publique souhaite voir très prochainement adoptĂ©e. ImprimerPARTAGER