AccueilExpressions par MontaigneRĂ©guler le marchĂ©, quand il existe !La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation18/05/2009ImprimerPARTAGERRĂ©guler le marchĂ©, quand il existe !Auteur François Rachline Directeur gĂ©nĂ©ral de l'Institut Montaigne de 2009 Ă 2010 Le volume des échanges de produits financiers dérivés avoisine les 700 000 milliards de dollars. Sur ce montant, 500 000 milliards, soit près des 3/4 sont des transactions directes entre agents, des opérations de gré à gré ou OTC (Over the Counter). Sans aucune transparence, sans aucune garantie, sans réglementation. Impossible d’effectuer une centralisation des échanges ou de contrôler l’ensemble de la mécanique. Alors que pour les options sur devises ou sur titres, il existe des organismes régulateurs qui assurent aussi la bonne fin des opérations, rien de tel ici. En un mot, deux finances coexistent : l’une où le marché domine, l’autre où il n’est encore que l’ombre de lui-même.Dans sa Note de mars 2009, Reconstruire la finance pour relancer l’Ă©conomie, l’Institut Montaigne a proposĂ© que ces transactions de grĂ© Ă grĂ© soient fermement organisĂ©es. Notamment les Credit Default Swap (CDS), ces produits d’assurance permettant de se prĂ©munir contre la dĂ©faillance d’un emprunteur. Cela suppose la crĂ©ation d’une chambre de compensation auprès de laquelle chaque intervenant serait obligĂ© de dĂ©poser une certaine proportion des volumes en jeu. Ce pourcentage, encore appelĂ© collatĂ©ral, servirait de gage en cas de dĂ©faillance du bĂ©nĂ©ficiaire d’un prĂŞt.Par la voix du secrĂ©taire amĂ©ricain au TrĂ©sor, Timothy Geithner, l’administration Obama vient d’adopter cette position. C’est aussi celle de Jean-Pierre Jouyet, le prĂ©sident Ă Paris de l’AutoritĂ© des marchĂ©s financiers (AMF). Nous nous en rĂ©jouissons. Cela signifie qu’une des raisons de la crise de la finance non rĂ©gulĂ©e ne provient pas seulement des excès du marchĂ©, mais tout autant d’un manque de marchĂ© que d’un dĂ©faut corrĂ©latif de rĂ©gulation.L’Institut Montaigne propose qu’une partie de ces dĂ©pĂ´ts collatĂ©raux – 1% par exemple – servent de support au FMI pour allouer ses prĂŞts. Quelques lecteurs en ont conclu qu’il s’agissait d’une renaissance de la taxe Tobin. En aucun cas ! A la question Tobin or not Tobin ? l’Institut Montaigne rĂ©pond donc toujours Not Tobin. Il n’est pas question de prĂ©lever un quelconque impĂ´t mais de s’appuyer sur des sommes dont la permanence est plus que probable, en vertu de la stabilitĂ© statistique des dĂ©pĂ´ts, règle bien connue des banquiers. Cela permettrait au FMI de reprendre la main sans la tendre aux donateurs.ImprimerPARTAGER