AccueilExpressions par MontaigneRĂ©former l’orientation pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes peu qualifiĂ©sLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation SociĂ©tĂ©03/07/2012ImprimerPARTAGERRĂ©former l’orientation pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes peu qualifiĂ©sAuteur Institut Montaigne En partenariat avec Dans la note "Choisir les bons leviers pour insérer les jeunes non qualifiés", l’Institut Montaigne avec Entreprise & Personnel proposent de mettre en œuvre une politique volontariste pour remédier au chômage des jeunes peu qualifiés. L’une des pistes prioritaires : la refonte de l’orientation à l’école. Ouvrir le monde enseignant aux professionnels de l'entreprise, introduire des cours d'orientation au collège, repenser le métier de conseiller d'orientation...L’orientation, un rĂ´le clĂ© pour les jeunes peu qualifiĂ©s L’orientation Ă l’Ă©cole devrait Ă©tablir un lien entre la formation des jeunes, la rĂ©alisation de leurs aspirations et les besoins du monde du travail. C’est Ă travers les rencontres avec des professionnels, les mises en situation et la dĂ©couverte de diffĂ©rents environnements professionnels que les jeunes pourront progressivement dĂ©finir leur projet. Aussi la connaissance du monde du travail fait-elle partie des connaissances gĂ©nĂ©rales que tout Ă©lève devrait acquĂ©rir.Le système français d’orientation Ă l’Ă©cole fonctionne selon une logique de tri des "bons" et des "mauvais" Ă©lèves. Il ne joue pas vĂ©ritablement son rĂ´le d’articulation entre le monde de l’Ă©cole et le monde extĂ©rieur, et pousse beaucoup de jeunes dans des voies qui ne les intĂ©ressent pas ou vers des formations sans avenir. Il est surtout pĂ©nalisant pour les Ă©lèves dont les rĂ©sultats sont mĂ©diocres mais qui pourraient exprimer leurs talents dans un mĂ©tier qui les motiverait. Il ne valorise pas certains secteurs fortement demandĂ©s, par exemple dans les services ou l’artisanat, qui ne nĂ©cessitent pas de niveaux de diplĂ´mes Ă©levĂ©s, mais peuvent ĂŞtre attractifs et rĂ©munĂ©rateurs. Cela s’explique en partie par une insuffisante connaissance de la rĂ©alitĂ© du marchĂ© du travail par le personnel d’orientation.Les bonnes pratiques internationales Les systèmes d’orientation dans les pays qui rĂ©ussissent le mieux l’insertion professionnelle des jeunes (Allemagne, Canada, Danemark, Pays-Bas) se rĂ©vèlent très diffĂ©rents du nĂ´tre. En Allemagne et aux Pays-Bas, les conseillers d’orientation n’existent pas. Cette mission est remplie par des professeurs formĂ©s Ă cet effet et qui consacrent une partie de leur temps Ă l’animation d’activitĂ©s d’orientation. Plus gĂ©nĂ©ralement, l’ensemble du corps enseignant est associĂ© Ă l’effort d’insertion des jeunes dans le monde du travail. Certains pays offrent aux Ă©lèves des cours d’orientation dès le dĂ©but du secondaire. Aux Pays-Bas, l’orientation scolaire et professionnelle est intĂ©grĂ©e Ă toutes les matières au programme et l’orientation sectorielle professionnelle Ă toutes les disciplines de l’enseignement secondaire technique (collèges et lycĂ©es techniques). En Allemagne, dans les collèges et lycĂ©es Ă vocation professionnelle, l’initiation au monde du travail est intĂ©grĂ©e Ă certaines disciplines ou fait l’objet de sĂ©ances spĂ©cifiques. Ce programme est complĂ©tĂ© par des visites sur des sites d’entreprises, des stages d’initiation professionnelle et des cours dispensĂ©s aux Ă©lèves de 3e par des conseillers professionnels externes Ă l’Ă©cole. Au Canada, les programmes incluent dès le dĂ©but du secondaire des cours d’orientation organisĂ©s autour de la dĂ©couverte du monde du travail et de la formation et de la connaissance de soi. Les Ă©tablissements de ces pays dĂ©finissent de manière autonome le contenu des activitĂ©s d’orientation qu’ils dispensent, afin de mieux articuler les besoins des Ă©lèves avec ceux de leur bassin d’emploi.Trois propositions de rĂ©formes pour l’orientation Ă l’Ă©cole Des rĂ©formes du système d’orientation français ont Ă©tĂ© amorcĂ©es ces dernières annĂ©es. On peut notamment saluer l’introduction en 2009 du parcours de dĂ©couverte des mĂ©tiers et des formations (PDMF), qui assure un suivi individuel des collĂ©giens. Ce programme reste nĂ©anmoins limitĂ© au regard de ceux mis en œuvre Ă l’Ă©tranger, notamment en ce qui concerne la dĂ©couverte du monde du travail. La volontĂ© de rĂ©pondre aux problèmes d’insertion des jeunes se manifeste Ă©galement au niveau des Ă©tablissements et des acadĂ©mies, qui cherchent Ă renforcer le lien entre le système Ă©ducatif et le monde de l’entreprise en dĂ©veloppant des initiatives telles que les "clubs Ă©cole-entreprise" ou le "carrefour des mĂ©tiers". Mais les politiques d’orientation n’auront de vĂ©ritable effet sur l’insertion professionnelle des jeunes que si l’Ă©cole devient plus autonome et davantage responsabilisĂ©e dans l’exercice de cette mission, avec l’objectif impĂ©ratif de s’ouvrir au monde extĂ©rieur. Trois propositions peuvent ĂŞtre avancĂ©es :1) Ouvrir le monde enseignant aux professionnels issus du monde de l’entreprise Le recrutement des enseignants devrait s’ouvrir aux personnes issues du monde de l’entreprise, au collège comme au lycĂ©e. On peut Ă cette fin envisager d’encourager le recrutement de personnel qualifiĂ© par la validation des acquis de l’expĂ©rience (VAE) et de crĂ©er dans l’enseignement secondaire un statut de "professeur associĂ©", qui permettrait Ă des professionnels d’enseigner Ă temps partiel sur le modèle en vigueur dans l’enseignement supĂ©rieur.2) Introduire des cours d’orientation au collège Les programmes pourraient intĂ©grer, dès le collège, des cours d’orientation adaptĂ©s Ă l’âge des Ă©lèves et au type d’Ă©tablissement. DispensĂ©s par des enseignants ou des professionnels extĂ©rieurs Ă l’Éducation nationale, ils porteraient sur la connaissance de soi, l’apprentissage de l’autonomie face Ă des choix de vie, la connaissance des mĂ©tiers, puis, dans les lycĂ©es professionnels, sur la prĂ©paration Ă la formation, aux Ă©tudes supĂ©rieures et Ă l’entrĂ©e dans le monde du travail. Par des mises en situation et des rencontres directes, ils initieraient le processus de mise en rĂ©seau des jeunes et des professionnels.3) Repenser le mĂ©tier de conseiller d’orientation Le mĂ©tier de conseiller d’orientation-psychologue (COP) doit faire l’objet d’une rĂ©flexion de fond, tant dans ses missions, qui pourraient Ă©voluer vers la coordination de l’orientation ou se spĂ©cialiser dans des actions strictement psychosociales, que dans sa formation initiale et ses modes de recrutement. Pour ouvrir le mĂ©tier Ă une culture professionnelle plus diversifiĂ©e, une piste pourrait ĂŞtre de dĂ©velopper une voie parallèle par validation des acquis et fonder un statut de "conseiller d’orientation associĂ©" qui permettrait Ă des professionnels de consacrer une part de leur temps Ă la transmission de leurs connaissances et Ă la mobilisation de leur rĂ©seau en faveur des jeunes.Aller plus loin - Lire l'intĂ©gralitĂ© de la note "Choisir les bons leviers pour insĂ©rer les jeunes non qualifiĂ©s"ImprimerPARTAGER