AccueilExpressions par MontaigneRĂ©forme des institutions : s’il n’en fallait qu’une…La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne CohĂ©sion sociale01/02/2007ImprimerPARTAGERRĂ©forme des institutions : s’il n’en fallait qu’une…Auteur MichaĂ«l Cheylan Contributeur sur les questions africaines ?Alors, ce serait la suppression du cumul des mandats. C'est-à-dire l'impossibilité, pour les députés, d'être également élu local, par exemple, maire ou conseiller général ou régional. Cela vous semble-t-il un point secondaire ou technique ? Détrompez-vous, ça n'est pas une réforme parmi d'autres. En l'état actuel de nos institutions, c'est tout simplement la mère de toutes les autres. Celle qui permettra l'équilibre entre pouvoirs Exécutif et Législatif. Car les consĂ©quences attachĂ©es au cumul sont aussi nombreuses que perverses (frein au renouvellement de la classe politique, renforcement de la centralisation, etc.). Mais la plus visible et la plus pernicieuse est sans doute cet absentĂ©isme qui dĂ©cime les bancs de l’AssemblĂ©e nationale et du SĂ©nat en dehors de la petite pĂ©riode qui va du mardi matin au mercredi soir. L’équilibre des institutions en pâtit - que pèse un Parlement Ă l’effectif rĂ©duit et dĂ©mobilisĂ© face Ă un ExĂ©cutif aussi prĂ©sent que puissant ? – mais la qualitĂ© du travail parlementaire s’en ressent Ă©galement. VoilĂ pourquoi l’Institut Montaigne a fait de la suppression du cumul des mandats l’un de ses principaux chevaux de bataille: Pour les dĂ©putĂ©s, il faut interdire purement et simplement le cumul des mandats.Pour les sĂ©nateurs, en revanche, il ne faut n’autoriser le cumul qu’avec un seul mandat local. Il est normal en effet que les sĂ©nateurs, reprĂ©sentant les collectivitĂ©s territoriales, puissent ĂŞtre Ă©galement des Ă©lus de celles-ci.. Mais la suppression ou la limitation du cumul n’est pas une fin en soi. L’objectif, c’est d’avoir des dĂ©putĂ©s effectivement prĂ©sents certes, mais Ă©galement pleinement concentrĂ©s sur leur unique mandat. Il faut donc Ă©galement lutter contre l’absentĂ©isme des parlementaires. Et pour cela : Mettre en place, sur le modèle Bundestag et du Parlement europĂ©en, un système de pĂ©nalitĂ©s financières (c'est-Ă -dire une retenue mensuelle sur le traitement perçu par le parlementaire absentĂ©iste, dont le montant est fonction du nombre de sĂ©ances de travail « sĂ©chĂ©es »). RĂ©amĂ©nager l’agenda des parlementaires sur la base mensuelle suivante : « trois semaines Ă Paris, une semaine en circonscription ». Comme le note le Professeur Guy Carcassonne, l’interdiction du cumul et la prĂ©sence obligatoire sont chacune nĂ©cessaires et insuffisantes Ă la fois. Et pour cause, ce n’est qu’ensemble qu’elles deviennent nĂ©cessaires et suffisantes. ImprimerPARTAGER