AccueilExpressions par MontaigneRĂ©forme de la formation professionnelle : entre avancĂ©es, occasions manquĂ©es et pari financier - Nouvelle...La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Éducation25/09/2014ImprimerPARTAGERRĂ©forme de la formation professionnelle : entre avancĂ©es, occasions manquĂ©es et pari financier - Nouvelle noteAuteur Institut Montaigne L'Institut Montaigne rend publique une note qui décrypte les défauts du système actuel de formation professionnelle et les enjeux de sa troisième tentative de réforme en 10 ans, analyse les avancées comme les limites de la loi du 5 mars 2014, et s'interroge sur la soutenabilité financière du nouveau compte personnel de formation (CPF). Le système français de formation professionnelle des adultes souffre de dysfonctionnements dĂ©noncĂ©s depuis des annĂ©es par nombre de rapports acadĂ©miques, administratifs ou parlementaires : 1) une initiative limitĂ©e des individus dans le choix de leur formation 2) de fortes inĂ©galitĂ©s d’accès Ă la formation entre qualifiĂ©s et moins qualifiĂ©s 3) la rigiditĂ© et la complexitĂ© d’un système très administrĂ©, dans lequel les organismes paritaires jouent un rĂ´le prĂ©pondĂ©rant dans l’orientation des dĂ©penses de formation 4) la faible efficacitĂ© des dĂ©penses de formation, en termes de retour Ă l’emploi, de salaire ou de gains de productivitĂ©Ces dĂ©fauts nuisent aussi bien Ă la sĂ©curisation des parcours professionnels qu’à la compĂ©titivitĂ© des entreprises. Ils rĂ©sultent assez largement de l’obligation faite aux entreprises de dĂ©penser une fraction minimale de leur masse salariale dans des actions de formation. Après trois rĂ©formes de la formation professionnelle menĂ©es au cours des dix dernières annĂ©es, et muni de ces constats, le gouvernement a lancĂ© en 2013 une nouvelle rĂ©forme qui a abouti Ă l’accord national interprofessionnel (ANI) du 14 dĂ©cembre 2013, transposĂ© en grande partie dans la loi du 5 mars 2014.Des avancĂ©es majeuresCette loi met en place des dispositifs pertinents, comme le compte personnel de formation (CPF). Ce compte prĂ©sente l’intĂ©rĂŞt d’être Ă l’initiative exclusive du salariĂ©, contrairement au droit individuel Ă la formation (DIF) qu’il remplace, et de suivre l’individu tout au long de sa carrière professionnelle, notamment en cas de pĂ©riode de chĂ´mage. La crĂ©ation d’un "conseil en Ă©volution professionnelle", accessible Ă titre gratuit Ă tout individu va aussi dans le sens d’un meilleur accompagnement des actifs, sur un marchĂ© du travail oĂą l’information permettant de construire sa carrière et ses parcours de formation est lacunaire. La rĂ©forme prĂ©voit Ă©galement la suppression d’une partie de l’obligation lĂ©gale de dĂ©penser pour la formation faite aux entreprises, ce qui est positif, dans la mesure oĂą cette obligation, conçue de manière indiffĂ©renciĂ©e, ne permet pas de prendre en compte l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© des besoins des entreprises. Cette obligation est remplacĂ©e par une contribution minimale de 1 % de la masse salariale pour les entreprises de plus de 10 salariĂ©s. La suppression de cette obligation permet aux entreprises d’envisager la formation professionnelle comme un investissement qui participe de la compĂ©titivitĂ© et non plus comme une dĂ©pense obligatoire.Une occasion manquĂ©e ?S’il est essentiel de laisser Ă ces nouveaux dispositifs le temps de produire leurs effets, un examen attentif de ces mesures suggère qu’elles ne permettront pas, Ă brève Ă©chĂ©ance, de faire de la formation un outil efficace de sĂ©curisation des parcours accessible au plus grand nombre. Le système reste en effet très largement intermĂ©diĂ© et complexe pour les individus qui l’utilisent. Les OPCA vont continuer de procĂ©der Ă l’allocation d’une grande partie des ressources (6 milliards d’euros sur les 13 consacrĂ©s Ă la formation professionnelle des salariĂ©s du secteur privĂ©) sur la base de critères peu lisibles. La question de la qualitĂ© de l’offre de formation demeure entière : il serait souhaitable de faire Ă©merger en France un marchĂ© de la certification, Ă l’instar de ce qui a Ă©tĂ© mis en place en Allemagne dans le cadre des rĂ©formes Hartz.Par ailleurs, de nombreuses interrogations subsistent sur la soutenabilitĂ© et l’efficacitĂ© du nouvel ensemble issu de la loi du 5 mars 2014, relatives au bouclage financier du CPF, aux frais de gestion des OPCA aux moyens dĂ©gagĂ©s pour la formation des chĂ´meurs et Ă l’architecture institutionnelle. La note Ă©value ainsi le besoin de financement du CPF Ă près de 6 milliards d’euros alors que les financements mutualisĂ©s par les OPCA sur la base des contributions minimales des entreprises seront d’environ 1 milliard d’euros. Enfin, la question des frais de gestion des OPCA et celle des moyens dĂ©gagĂ©s pour la formation des chĂ´meurs restent entières. L’examen de la loi du 5 mars 2014 suggère qu’une rĂ©forme plus ambitieuse de la formation professionnelle sera nĂ©cessaire en France dans les annĂ©es qui viennent. Cette rĂ©forme devrait viser Ă mettre en relation directement les individus avec les prestataires de formation. Un tel système suppose des mĂ©canismes de certification indĂ©pendante permettant de rĂ©vĂ©ler en partie la qualitĂ© des formations. Il suppose Ă©galement un accompagnement de qualitĂ© pour les salariĂ©s et les demandeurs d’emploi dans leurs parcours de formation, ainsi qu’un dialogue social actif permettant d’anticiper les mobilitĂ©s internes ou externes. . Consulter la Note RĂ©forme de la formation professionnelle : entre avancĂ©es, occasions manquĂ©es et pari financier Lire l'article de Christine Lagoutte paru sur LeFigaro.fr, le 25 septembre 2014 "Les Français risquent d'avoir toujours autant de mal Ă se former"ImprimerPARTAGER