AccueilExpressions par MontaigneRapport Moreau : 2020 et après ?La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne CohĂ©sion sociale14/06/2013ImprimerPARTAGERRapport Moreau : 2020 et après ?Auteur Lucile Romanello ChargĂ©e d'Ă©tudes Après celui de la branche famille, c'est au déficit de la branche retraites que le gouvernement s'attaque. Le rapport commandé à Yannick Moreau, ancienne présidente du Conseil d'orientation des retraites (COR), a été remis au Premier ministre ce vendredi 14 juin. Les nombreuses pistes qu'il propose pour rétablir l'équilibre du système avant 2020, si elles demandent à tous un effort, ne garantiront pourtant pas la viabilité du système à long terme.Mise Ă contribution des retraitĂ©sLe rapport Moreau propose un alignement du taux de CSG des retraitĂ©s sur celui des actifs, le faisant passer de 6,6 Ă 7,5 %. Comme la Cour des comptes, il plaide pour la suppression de l’abattement de 10 % pour frais professionnels accordĂ© aux retraitĂ©s. Il envisage Ă©galement la sous-indexation jusqu’en 2016 de leurs pensions, jusqu’alors revalorisĂ©es du montant de l’inflation, ainsi que la fiscalisation des majorations de pension accordĂ©es aux parents de plus de trois enfants.Hausse des charges patronales, modification des règles de calcul et alignement des rĂ©gimesConcernant les actifs, il est proposĂ© d’augmenter les cotisations sociales patronales de 0,1 point par an jusqu’en 2016, ce qui les porterait de 1,6 % Ă 1,9 %. A l’instar du PrĂ©sident de la RĂ©publique, le rapport se prononce pour un allongement de la durĂ©e de cotisation plutĂ´t que pour un recul de l’âge lĂ©gal de dĂ©part Ă la retraite : la durĂ©e de cotisation nĂ©cessaire pour bĂ©nĂ©ficier d’une retraite Ă taux plein pourrait passer Ă 43 puis 44 annuitĂ©s. La piste d’une sous-indexation des salaires dans le calcul des retraites, dĂ©jĂ pratiquĂ©e par les rĂ©gimes complĂ©mentaires, est Ă©galement avancĂ©e. Elle pourrait constituer un levier de pilotage du rĂ©gime des retraites en permettant une meilleure prise en compte de la conjoncture Ă©conomique.Le rapport s’intĂ©resse enfin aux fonctionnaires, en proposant que le montant de leur pension soit calculĂ© sur les trois Ă dix dernières annĂ©es de carrière – et non sur les six derniers mois comme c’est la règle aujourd’hui –, avec pour compensation une meilleure prise en compte des primes dans le calcul des droits.Pour une vraie rĂ©formeLes propositions du rapport Moreau sont formulĂ©es dans l’objectif d'atteindre l'Ă©quilibre des rĂ©gimes de retraites Ă l'horizon 2020. Ces ajustements de paramètres, comme les rĂ©formes conduites ces dernières annĂ©es, ne permettront nĂ©anmoins pas de rĂ©soudre les problèmes structurels auxquels la branche retraite doit faire face. Pour assurer la pĂ©rennitĂ© du système Ă long terme, il faut impĂ©rativement envisager une rĂ©forme systĂ©mique ambitieuse.Cette rĂ©forme pourrait consister Ă engager la transition vers un rĂ©gime unique et Ă modifier le mĂ©canisme d’attribution des droits Ă la retraite. Un système unique prĂ©sente l’avantage de surmonter les difficultĂ©s d’un système par rĂ©partition, viable uniquement Ă paysage dĂ©mographique et socioprofessionnel constant, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. La mise en place d’une cotisation productrice de points de retraite, indĂ©pendante des trajectoires professionnelles, serait plus Ă©quitable tout en permettant de limiter les effets antiredistributifs des annuitĂ©s.Il serait dommage que le moment de dĂ©bat qui s’est ouvert et qui aboutira avant l’automne Ă la prĂ©sentation d’un projet de loi ne pose pas les questions qui dĂ©termineront vraiment l’avenir de notre système de retraites. Ce serait une nouvelle occasion manquĂ©e.ImprimerPARTAGER