AccueilExpressions par MontaigneRapport Gallois et annonces du gouvernement : dĂ©cryptageLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation12/11/2012ImprimerPARTAGERRapport Gallois et annonces du gouvernement : dĂ©cryptageAuteur Charles Nicolas Directeur adjoint Face à la dégradation des résultats de l'économie française, au creusement des déficits publics et à l'augmentation dramatique du chômage, notre pays a à la fois besoin d'un choc et d'une trajectoire de compétitivité. D'abord un choc qui permettra de restaurer au moins en partie les marges des entreprises et donc leur capacité à investir. Ensuite une trajectoire, celle de la nécessaire réduction de nos dépenses publiques. C’est ce double mouvement que propose l’Institut Montaigne depuis de longs mois dans ses travaux. On le retrouve en partie dans le rapport Gallois et les premières annonces du gouvernement. Décryptage.1) Un choc de compĂ©titivitĂ© Le rapport Gallois avait prĂ©conisĂ© un transfert de 30 milliards d'euros de charges sociales vers la fiscalitĂ© et la rĂ©duction de la dĂ©pense publique. Le gouvernement a retenu un allègement de 20 milliards d'euros des coĂ»ts des entreprises, par un crĂ©dit d’impĂ´t. Dans son rapport Une fiscalitĂ© au service de la "social compĂ©titivitĂ©" (mars 2012), l’Institut Montaigne prĂ©voyait un choc de 50 milliards d'euros, reposant Ă la fois sur un transfert de charges et sur l’allègement de la taxation du cycle de production. Le "choc" finalement retenu est un premier pas dans la bonne direction. Il permettra de restaurer, au moins en partie, les marges des entreprises et leur capacitĂ© Ă investir tout en redonnant confiance aux entrepreneurs.2) Plus de stabilitĂ© pour plus de confiance Comme le propose le rapport Gallois, le gouvernement stabilisera pour une durĂ©e de cinq ans les principaux dispositifs fiscaux favorisant la crĂ©ation, l’investissement, la R&D ou l’innovation dans les entreprises, parmi lesquels le crĂ©dit impĂ´t recherche et l’ISF PME. Dans son rapport De la naissance Ă la croissance : comment dĂ©velopper nos PME (juin 2011), l’Institut Montaigne appelait Ă cette stabilitĂ©, qui laissera le temps Ă ces dispositifs de produire leurs effets, encouragera les PME innovantes Ă y recourir, rassurera les investisseurs et accroĂ®tra la visibilitĂ© dont il besoin.3) Des liens renforcĂ©s et des stratĂ©gies partagĂ©es pour les entreprises Pour amĂ©liorer la coopĂ©ration entre les entreprises et dĂ©velopper une stratĂ©gie de filières, le rapport Gallois comme le gouvernement prĂ©voient de conditionner les soutiens de l’Etat aux grandes entreprises Ă leur capacitĂ© d'associer leurs fournisseurs et sous-traitants et d'instaurer des sanctions administratives en cas de manquement aux règles sur les dĂ©lais de paiement, dont les dĂ©passements reprĂ©sentent une charge nette de 10 milliards d’euros pour les PME. Ces recommandations figurent dans le rapport Financement des entreprises : propositions pour la prĂ©sidentielle (mars 2012) de l’Institut Montaigne, qui exposait l’intĂ©rĂŞt d’un rapprochement des entreprises entre elles, en particulier des grandes entreprises et des PME. Elles bĂ©nĂ©ficieraient toutes d’une stratĂ©gie partagĂ©e et gĂ©nĂ©ralisĂ©e, de la mutualisation de fonctions, de la co-innovation ou encore de l’amĂ©lioration de la gestion de la chaĂ®ne de valeur et de son Ă©volution.4) L’Ă©pargne au service du financement des entreprises Pour mieux orienter l’Ă©pargne vers le financement des entreprises, le gouvernement a dĂ©cidĂ© d’engager une rĂ©forme de sa fiscalitĂ© afin qu’elle favorise la dĂ©tention de long terme et les investissements en actions, sans accroĂ®tre la dĂ©pense fiscale. Pour l'Institut Montaigne, il est indispensable de faire bĂ©nĂ©ficier les PME et les ETI de l’Ă©pargne des particuliers et d’encourager la dĂ©tention longue d’actifs (cf. le rapport Financement des entreprises : propositions pour la prĂ©sidentielle - mars 2012). Dans un rapport Ă paraĂ®tre prochainement sur la croissance et la rĂ©gulation financière, il proposera de rééquilibrer les avantages fiscaux de l'Ă©pargne en faveur des instruments relativement risquĂ©s comme les actions, de favoriser l’Ă©pargne de long terme et d’amĂ©nager notamment le projet de doublement du plafond des livrets rĂ©glementĂ©s en ce sens.5) Un marchĂ© du travail mieux adaptĂ© Pour mieux former les jeunes et les salariĂ©s et les accompagner plus efficacement vers l’emploi, le gouvernement propose, sur la recommandation du rapport Gallois, d’Ă©valuer l’adaptation des offres de formations aux besoins de compĂ©tences des employeurs, de mettre en œuvre un nouveau service public de l’orientation, de rapprocher le système Ă©ducatif et le monde de l’entreprise et de dĂ©velopper les formations en alternance. L’Institut Montaigne appuie ces orientations, qui figurent dans sa note Choisir les bons leviers pour insĂ©rer les jeunes non qualifiĂ©s (juin 2012). Il est nĂ©cessaire d’aller plus loin. Un vĂ©ritable investissement de long terme dans la qualitĂ© et la formation du capital humain est en effet indispensable pour lutter contre l’Ă©chec scolaire, mieux insĂ©rer les jeunes les moins qualifiĂ©s et faire Ă©voluer le droit du travail vers plus de sĂ©curitĂ© et de souplesse, pour les salariĂ©s comme pour les employeurs.6) L’indispensable rĂ©duction de la dĂ©pense publique La baisse des coĂ»ts des entreprises (pour un montant de 20 milliards d'euros) dĂ©cidĂ©e par le gouvernement sera financĂ©e pour moitiĂ© par la rĂ©duction de la dĂ©pense publique. C’est lĂ aussi un premier pas, mais il est dĂ©sormais impĂ©ratif, pour le redressement de nos comptes publics et la compĂ©titivitĂ© de notre Ă©conomie, d’engager une vaste revue des diffĂ©rents postes de dĂ©penses de l’Etat, en particulier des dĂ©penses d’intervention, et de les mettre en regard de leur efficacitĂ©. L’Institut Montaigne publiera prochainement un rapport sur l’efficience des dĂ©penses publiques.Aller plus loin :Restaurer la compĂ©titivitĂ© de l'Ă©conomie française - Note de synthèse - novembre 2012ImprimerPARTAGER