Rechercher un rapport, une publication, un expert...
La plateforme de débats et d’actualités de l’Institut Montaigne
Imprimer
PARTAGER

Quelques propositions pour l’emploi des jeunes

 Institut Montaigne
Auteur
Institut Montaigne


Dans le troisième chapitre de Réformer par temps de crise, Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo, Olivier Galland et André Zylberberg dressent un constat accablant : fin 2010, le taux de chômage des 15-24 ans a atteint 24 % contre 8,5 % pour les 25-49 ans.
Trois raisons essentielles expliquent cette situation. En premier lieu, l’incapacité de notre école à offrir un socle de connaissances de base au plus grand nombre. Le niveau d’études joue un rôle décisif dans l’explication du chômage des jeunes. Ensuite, la conception du contrat de travail, qui dresse une barrière trop étanche entre ceux qui bénéficient d’emplois stables et ceux qui multiplient "petits boulots" et contrats courts. Enfin, l’accompagnement des jeunes les moins qualifiés est inadapté.

RĂ©former l’Ă©cole
Il faut commencer par rĂ©duire l’Ă©chec scolaire : "La France a rĂ©ussi la massification de l’accès Ă  l’enseignement supĂ©rieur sans en rĂ©ussir la dĂ©mocratisation". Il faut porter beaucoup plus d’attention Ă  la qualitĂ© et aux mĂ©thodes d’enseignement : mettre en place une mĂ©thode "horizontale", dĂ©velopper l’apprentissage des compĂ©tences sociales. Cela suppose de repenser la formation pĂ©dagogique initiale des enseignants, de rĂ©organiser l’emploi du temps scolaire, d’en allĂ©ger la charge et de donner plus d’autonomie aux Ă©tablissements.

Réduire la différence de statut entre CDD et CDI
Le marchĂ© du travail français est trop dual : d’un cĂ´tĂ© les titulaires d’un contrat Ă  durĂ©e indĂ©terminĂ©e et de l’autre, le CDD et les contrats courts. Aujourd’hui, les CDD reprĂ©sentent près de 90 % des embauches. Cette segmentation, dont les jeunes sont les premières victimes, dĂ©courage les embauches : "en substance, les emplois stables s’y avèrent "trop stables" et les emplois instables "trop instable" !". Il faut rĂ©duire les diffĂ©rences entre ces types de contrats en rendant les emplois dits prĂ©caires moins instables et les emplois tables moins "figĂ©s". Deux principes apparaissent : la rupture du contrat de travail pour motif Ă©conomique doit ĂŞtre simplifiĂ©e et sĂ©curisĂ©e d’une part. D’autre part, pour Ă©viter toute rupture abusive, les entreprises pourraient verser une contribution proportionnelle au volume de leurs destructions d’emplois.

Accompagner les jeunes vers l’emploi grâce au revenu de solidaritĂ© active et Ă  un accompagnement ciblĂ©
Il faut donner la possibilitĂ© aux jeunes de moins de 25 ans de percevoir le RSA. Presque partout en Europe les jeunes de moins de 25 ans ont accès Ă  un revenu minimum de solidaritĂ©. Des exemples Ă©trangers (Royaume-Uni) montrent qu’un tel revenu favorise l’autonomie des jeunes mais Ă©galement leur accès Ă  l’emploi. Ce soutien doit ĂŞtre conditionnĂ© par la recherche active d’un emploi et adossĂ© Ă  un accompagnement personnalisĂ© ainsi qu’Ă  la possibilitĂ© de suivre des formations qualifiantes. Aujourd’hui, l’accompagnement des jeunes en difficultĂ© est confiĂ© aux Missions locales et aux Permanences d’accueil, d’information et d’orientation (PAIO). Malheureusement, ces organismes manquent de moyens. Il faudrait par exemple que le taux d’encadrement ne dĂ©passe pas un conseiller pour 30 jeunes.
Il semble donc nĂ©cessaire de renforcer de manière ciblĂ©e les moyens du service public de l’emploi en s’appuyant sur ces rĂ©seaux prĂ©existants ou en ayant recours Ă  des opĂ©rateurs privĂ©s de placement. En contrepartie il faut rĂ©ellement contrĂ´ler la participation des jeunes aux programmes proposĂ©s.

Aller plus loin
- Choisir les bons leviers pour l’insertion professionnelle des jeunes non qualifiĂ©s, Note - Juillet 2012

- En savoir plus sur l'ouvrage Réformer par temps de crise

Recevez chaque semaine l’actualité de l’Institut Montaigne
Je m'abonne