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Prisons : le SĂ©nat s’en mĂŞle !

 Mathilde Tellier
Auteur
Chargée de communication

Le projet de loi pénitentiaire de Rachida Dati a été revu en partie par le Sénat. La Commission des lois de la Haute assemblée a apporté 95 amendements au texte de la Garde des Sceaux. Le débat, repoussé à mars 2009, est vraisemblablement aussi attendu par les sénateurs que par l’ensemble des citoyens qui a largement perçu au cours de ces derniers mois l’immense malaise de nos prisons.

Peut faire mieux
Le prĂ©sident de la commission des lois du SĂ©nat, Jean-Jacques Hyest (Seine-et-Marne) et le rapporteur, Jean-RenĂ© Lecerf (Nord), ont prĂ©sentĂ© hier les modifications prĂ©vues. S’ils ont saluĂ© le travail de Rachida Dati sur l’amĂ©nagement des peines et les alternatives Ă  l’incarcĂ©ration ils ont prĂ©sentĂ© quelques changements majeurs Ă  apporter. Un accent tout particulier a Ă©tĂ© portĂ© sur l’encellulement individuel, la pĂ©riode de placement en quartier disciplinaire, le volet santĂ© et l’obligation d’activitĂ©.

Moins de prisonniers pour plus de prisonniers seuls
Or, prĂ©cisĂ©ment, sur ces sujets, l’Institut Montaigne a travaillĂ© ces derniers mois*. En tout Ă©tat de cause, nous rejoignons l’idĂ©e que la prioritĂ© doit porter sur le dĂ©sengorgement des maisons d’arrĂŞt. Pour ce faire, le bracelet Ă©lectronique et l’amĂ©nagement des peines en milieux ouverts ou semi ouverts, proposĂ©s par le Garde des Sceaux paraissent une option incontournable pour les très courtes peines notamment. Ceci induisant cela, l’encellulement individuel (souhaitĂ© par la commission), au moins pour les nouveaux arrivants, deviendrait chose possible. Rappelons que c’est ce qu’impose dĂ©jĂ  la loi française et la rĂ©glementation europĂ©enne. Il faudrait, d’ailleurs, pour pousser la logique jusqu’au bout, crĂ©er des quartiers spĂ©cifiques de première condamnation.   Travailler pour se rĂ©insĂ©rer
Quant Ă  la question dĂ©licate du travail des dĂ©tenus, cette proposition va tout Ă  fait dans le sens du respect de la personne. En effet, comment ne pas faire une corrĂ©lation entre l’incroyable taux de dĂ©pression des dĂ©tenus (40,3%) et leur oisivetĂ©. Il a par ailleurs Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que le travail en prison joue un rĂ´le important dans la resocialisation par la reconnaissance du travail utile, l’entraide, et le temps travaillĂ© qui structure l’emploi du temps et le dĂ©tenu. Mais pour aller plus loin dans cette direction, nous suggĂ©rons, Ă  l’Institut Montaigne, la crĂ©ation entre l’administration pĂ©nitentiaire et le dĂ©tenu d’un contrat de travail qui relèvera du droit administratif. Il ne s’agit pas du retour aux travaux forcĂ©s, mais de se forcer, nous, Ă  respecter les individus qui purgent une peine et qui devront rĂ©intĂ©grer la sociĂ©tĂ© le mieux possible Ă  l’issue de ce passage en milieu fermĂ©.

* Lire Ă  ce sujet "Comment rendre la prison enfin utile"
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