AccueilExpressions par MontaignePrĂ©sidentielle : l'Institut Montaigne chiffre les propositions des candidats sur l’éducationLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Éducation11/04/2012ImprimerPARTAGERPrĂ©sidentielle : l'Institut Montaigne chiffre les propositions des candidats sur l’éducationAuteur Institut Montaigne En partenariat avec Combien coûterait la création de 60.000 postes dans l'Education comme le propose François Hollande ? Et porter le nombre d'apprentis à un million d'ici 2017, comme le veut Nicolas Sarkozy ? Depuis plusieurs mois, l'Institut Montaigne chiffre les propositions des candidats à l'élection présidentielle 2012. Dans le cadre de son partenariat avec EducPros, il résume dans une tribune le coût de ces mesures. Avec l'ambition de tester la crédibilité de la parole politique.Le chiffrage des programmes a vocation Ă contribuer Ă la crĂ©dibilitĂ© de la parole politique, en incitant les candidats et les partis Ă davantage de sincĂ©ritĂ©, d’objectivitĂ© et de transparence dans leurs engagements Ă©lectoraux. Surtout, il est une invitation supplĂ©mentaire Ă la plus grande responsabilitĂ© possible dans la dĂ©termination des objectifs Ă poursuivre et des politiques Ă engager pour les atteindre, notamment compte tenu de l’Ă©tat de nos finances publiques.Afin d’Ă©clairer au mieux les Ă©lecteurs sur ces questions, l’Institut Montaigne a entrepris de leur fournir une base objective d’apprĂ©ciation des programmes des candidats Ă l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 2012, en produisant une estimation de leur impact budgĂ©taire. Cet Ă©clairage quantitatif est complĂ©tĂ© par un Ă©clairage qualitatif, consistant Ă exposer, pour chacune des propositions formulĂ©es, les bĂ©nĂ©fices qui en sont attendus.Plusieurs dizaines de propositions ont d’ores et dĂ©jĂ fait l’objet d’un tel chiffrage et d’un dĂ©chiffrage. Des thèmes aussi divers que l’Ă©ducation, le logement, l’Ă©nergie, la fiscalitĂ©, l’euro, etc., ont Ă©tĂ© abordĂ©s, Ă©manant de six partis diffĂ©rents et couvrant la quasi-totalitĂ© du spectre politique : le Front de Gauche, Europe-Écologie Les Verts, le parti socialiste, le Modem, l’UMP et le Front national. Depuis le dĂ©but de la campagne prĂ©sidentielle, de nombreuses mesures ont Ă©tĂ© annoncĂ©es par les diffĂ©rents candidats en matière d’Ă©ducation. Voici quelques exemples de chiffrage.1. Le mĂ©tier d’enseignantCrĂ©er en cinq ans 60.000 postes supplĂ©mentaires dans l’Éducation nationale (PS). Le coĂ»t du recrutement de 60.000 personnes dans l’enseignement scolaire est estimĂ© Ă environ 1,7 milliard d’euros par an au terme du prochain quinquennat (Ă©cart entre les charges de 2017 et de 2012). Cette estimation ne prend pas en compte les cotisations au titre des pensions, car ces recrutements ne crĂ©eront pas de charges nouvelles de pension avant une quarantaine d’annĂ©es. Cela reprĂ©sente environ 12.000 postes par an, rĂ©partis entre la rentrĂ©e de septembre 2012 et la rentrĂ©e de septembre 2017. Le coĂ»t cumulĂ© est de 5,2 milliards d’euros sur la durĂ©e du quinquennat (addition du coĂ»t des cinq annĂ©es).Revaloriser de 25 % la rĂ©munĂ©ration des enseignants acceptant d’effectuer 26 heures de prĂ©sence par semaine au sein des Ă©tablissements (UMP). Le coĂ»t de la revalorisation de la rĂ©munĂ©ration des enseignants, en Ă©change d’un temps de prĂ©sence accru au sein de l’Ă©tablissement, est estimĂ© Ă 1,05 milliard d’euros par an. L’augmentation de la rĂ©munĂ©ration induirait un surcoĂ»t pour l’État de 500 € par mois et par enseignant. Le nombre d’enseignants qui opteraient chaque annĂ©e pour ce nouveau statut est estimĂ© Ă 35.000, soit un effectif total de 175.000 Ă l’issue du quinquennat. Ă€ ce coĂ»t s’ajoutent des dĂ©penses d’investissement liĂ©es Ă la construction de bureaux, nĂ©cessaire pour rĂ©pondre au temps de prĂ©sence plus important des enseignants au sein de leur Ă©tablissement.RĂ©tablir la formation initiale des enseignants (PS). Le coĂ»t du rĂ©tablissement de la formation initiale et de l’augmentation du temps de formation continue est Ă©valuĂ© Ă 552 millions d’euros par an. Ces mesures ont un impact très significatif en termes de crĂ©ation d’emplois. On peut considĂ©rer que le besoin en emplois est d’environ 30.000 pour la formation initiale (rĂ©munĂ©ration des Ă©tudiants en qualitĂ© de fonctionnaires stagiaires) et de 5.000 pour la hausse de la formation continue. Le coĂ»t de ces crĂ©ations est intĂ©grĂ© Ă l’estimation du coĂ»t des 60.000 crĂ©ations de postes dans l’Éducation nationale.Poursuivre, pour le collège et le lycĂ©e, l’application de la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux lors du dĂ©part Ă la retraite (UMP). Le gain engendrĂ© par la poursuite, au collège et au lycĂ©e, de l’application de la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux lors du dĂ©part Ă la retraite est estimĂ© Ă 1,08 milliard d’euros par an. Cette proposition revient Ă rĂ©duire les effectifs d’environ 7.000 postes par an en moyenne, soit 35.000 sur l’ensemble du prochain quinquennat. L’exonĂ©ration du premier degrĂ© du champ de cette proposition conduit Ă remplacer chaque annĂ©e 11.000 dĂ©parts Ă la retraite en moyenne. Cette dernière est neutre d’un point de vue budgĂ©taire.2. L’accueil et les conditions d’Ă©tudes des Ă©lèvesPermettre l’accueil des enfants de moins de 3 ans en maternelle (PS). Le coĂ»t de l’obligation faite Ă l’État d’ĂŞtre en capacitĂ© d’accueillir en Ă©cole maternelle les enfants dès l’âge de 2 ans est estimĂ© Ă 56 millions d’euros par an. Il s’agit des dĂ©penses de personnels suscitĂ©es par l’accroissement du nombre d’enseignants du premier degrĂ© nĂ©cessaires pour accueillir davantage d’enfants en maternelle (d’environ 1.000 postes dans l’estimation basse Ă 3.200 postes dans l’estimation haute). Le coĂ»t de ces crĂ©ations est intĂ©grĂ© Ă l’estimation du coĂ»t des 60.000 crĂ©ations de postes dans l’Éducation nationale.RĂ©viser les rythmes scolaires (mesure commune au PS, Ă l’UMP et au Modem). Plusieurs pistes ont Ă©tĂ© Ă©voquĂ©es pour la refonte des rythmes scolaires, notamment par la confĂ©rence nationale sur les rythmes scolaires. Cette dernière a formulĂ© certaines propositions concrètes, mais n’en a pas prĂ©cisĂ© l’impact. Celui-ci serait essentiellement liĂ© aux besoins en enseignants ou en personnels pour l’encadrement des Ă©lèves. NĂ©anmoins, selon les options retenues, ce coĂ»t pourrait ĂŞtre Ă©levĂ© ou nul. En l’Ă©tat, et en l’absence de prĂ©cisions dans le programme des candidats, il n’est pas proposĂ© de chiffrage pour cette proposition.Augmenter de 25 % l’allocation de rentrĂ©e scolaire (PS). Le coĂ»t de la revalorisation de 25 % de l’ARS (allocation de rentrĂ©e scolaire) dès 2012 est estimĂ© Ă 381 millions d’euros par an. Cette allocation est versĂ©e, sous conditions de ressources, aux familles ayant au moins un enfant scolarisĂ© et âgĂ© de 6 Ă 18 ans, afin de les aider Ă financer les dĂ©penses de la rentrĂ©e.3. PrĂ©parer l’insertion professionnelleDĂ©velopper l’apprentissage en portant Ă un million le nombre d’apprentis d’ici Ă 2017 (UMP). Le coĂ»t de l’augmentation Ă un million du nombre d’apprentis d’ici Ă 2017 est estimĂ© Ă 985 millions d’euros par an en rythme de croisière. Il est principalement constituĂ© par les exonĂ©rations de charges patronales dont bĂ©nĂ©ficient ces contrats. Cette exonĂ©ration s’Ă©lève en moyenne Ă 2.617 € pour un contrat d’apprentissage et Ă 94 € pour un contrat de professionnalisation. Le coĂ»t de cette proposition dĂ©pend de la rĂ©partition des nouveaux alternants entre ces deux types de contrat.Offrir aux jeunes dĂ©scolarisĂ©s de 16 Ă 18 ans une solution de formation, d’apprentissage ou un service civique (PS). Le coĂ»t de la mise Ă disposition de solutions Ă l’ensemble des jeunes dĂ©scolarisĂ©s est estimĂ© Ă 158 millions d’euros par an. Il dĂ©pend très fortement du choix opĂ©rĂ© entre les diffĂ©rentes options pouvant ĂŞtre mises en œuvre pour accomplir cet objectif (retour dans l’enseignement scolaire, suivi en mission locale, signature d’un contrat d’apprentissage, intĂ©gration dans le dispositif de service civique). On estime Ă 40 000 le nombre de jeunes, âgĂ©s de 16 Ă 18 ans, concernĂ©s par ces dispositifs.CrĂ©er une allocation d’Ă©tudes et de formation regroupant l’ensemble des aides existantes et placĂ©e sous conditions de ressources (PS). Le coĂ»t de la crĂ©ation d’une allocation d’Ă©tudes attribuĂ©e sous conditions de ressources est estimĂ© Ă 669 millions d’euros par an. Elle correspond Ă l’allocation d’autonomie rĂ©clamĂ©e par les organisations Ă©tudiantes. Le coĂ»t de cette allocation dĂ©pend tout Ă la fois de son coĂ»t unitaire et du volume d’Ă©tudiants concernĂ©s. S’agissant du coĂ»t unitaire, il pourrait s’Ă©lever Ă 6.600 € par an en moyenne. Les bĂ©nĂ©ficiaires en seraient les actuels boursiers sous conditions de ressources, Ă l’exception de l’Ă©chelon 0, soit 470.000 Ă©tudiants. Retrouvez le dĂ©tail de ce chiffrage, ainsi que le dĂ©chiffrage de chacune de ces mesures, sur www.chiffrages-dechiffrages2012.frImprimerPARTAGER