AccueilExpressions par MontaignePour une rĂ©forme fiscale globale, au service de la "social compĂ©titivitĂ©" : six propositionsLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation29/02/2012ImprimerPARTAGERPour une rĂ©forme fiscale globale, au service de la "social compĂ©titivitĂ©" : six propositionsAuteur Institut Montaigne L'Institut Montaigne publie son rapport Une fiscalité au service de la "social compétitivité" dans lequel il propose une réforme globale et ambitieuse de notre système fiscal autour de trois axes.Une fiscalitĂ© complexe et inadaptĂ©e Ă une Ă©conomie ouverteLes prĂ©lèvements obligatoires (PO) reprĂ©sentent fin 2011 environ 43,7 % du PIB et devraient atteindre 45 % en 2012. Cela reprĂ©sente 872 Md€, dont plus de la moitiĂ© (448 Md€) financent les administrations de SĂ©curitĂ© sociale. Quelques caractĂ©ristiques marquantes par rapport aux autres pays de l’OCDE peuvent ĂŞtre relevĂ©es : une taxation de la consommation peu Ă©levĂ©e et – jusqu'il y a peu - en baisse tendancielle ; une imposition du travail très Ă©levĂ©e ; enfin, une taxation du capital concentrĂ©e sur le stock de capital et beaucoup moins sur ses revenus.Dès lors, les PO sont surtout concentrĂ©s sur les outils de production : le travail et le capital productif. Cela n’empĂŞche pas le système fiscal d’ĂŞtre perçu comme injuste par de nombreux Français : la multiplication des niches fiscales offre en effet de nombreuses possibilitĂ©s d’Ă©chapper en partie Ă l’impĂ´t.La "social compĂ©titivitĂ©", nouveau nom du pacte socialEn matière fiscale, les choix sont dĂ©sormais contraints et urgents. L’Institut Montaigne propose une rĂ©forme d’ensemble du système fiscal selon trois axes :la compĂ©titivité : la structure des prĂ©lèvements fiscaux doit ĂŞtre adaptĂ©e Ă une Ă©conomie ouverte, oĂą les facteurs de production (travail et capital) sont mobiles ;l’Ă©quité : le système fiscal doit ĂŞtre juste pour ĂŞtre acceptĂ© socialement. L’Ă©quitĂ© ne doit pas toutefois ĂŞtre analysĂ©e impĂ´t par impĂ´t : c’est le système fiscal et social dans son ensemble qu’il faut apprĂ©hender ;l’efficacité : le système fiscal doit procurer aux administrations publiques des ressources pour fonctionner. Il doit Ă©galement ĂŞtre stable et aussi simple que possible.Les propositionsElles sont issues d’un groupe de travail qui a rassemblĂ© des personnalitĂ©s issues d’horizons professionnels variĂ©s et de sensibilitĂ© politique de gauche comme de droite.Proposition n°1 - Diminuer la taxation du travailPour que notre système fiscal soit plus favorable Ă la compĂ©titivitĂ© des entreprises et Ă l’emploi, un transfert massif de charges pesant sur le travail doit ĂŞtre opĂ©rĂ©. Cela peut passer par la suppression de plus de 30 Md€ de cotisations patronales "famille", compensĂ©e par une augmentation du taux normal de TVA Ă 23 %, la suppression des taux rĂ©duits pour les secteurs abritĂ©s de la concurrence internationale et la proposition d’un taux de TVA majorĂ© Ă 33 % pour certains produits.Proposition n°2 - AllĂ©ger la taxation sur le cycle de production des entreprisesRenforcer la compĂ©titivitĂ© du système fiscal français implique de rĂ©duire les prĂ©lèvements pesant sur les facteurs de production, c’est-Ă -dire sur l’emploi et sur l’investissement, comme l’ont fait la plupart des pays de l’OCDE. La prioritĂ© est la rĂ©duction des prĂ©lèvements assis sur la masse salariale et sur les actifs productifs, l’imposition des bĂ©nĂ©fices pouvant au contraire demeurer en l’Ă©tat. La suppression du 1 % logement, de la contribution aux organismes de formation, de la contribution Ă la caisse nationale de solidaritĂ© pour l’autonomie, de la contribution sociale de solidaritĂ© des sociĂ©tĂ©s et d’autres petites taxes sur le chiffre d’affaires et le capital productif, permettrait d’allĂ©ger les prĂ©lèvements obligatoires d’un point de PIB (19 Md€).Proposition n°3 - Rendre Ă l’impĂ´t sur le revenu plus de progressivitĂ©L’impĂ´t sur le revenu doit retrouver davantage de progressivitĂ© et d’efficacitĂ©, en attaquant de front le problème des niches fiscales. Deux options sont possibles : une suppression totale des niches, avec un abaissement du barème pour Ă©viter une hausse trop brutale de la charge d’imposition ; une suppression des 46 niches jugĂ©es inefficaces, accompagnĂ©e d’un plafonnement global strict pour l’ensemble des niches restantes.  Proposition n°4 - Taxer les rentes et non le capital productifLa fiscalitĂ© du patrimoine doit ĂŞtre rĂ©orientĂ©e vers la taxation des rentes ou du capital non directement productif et allĂ©gĂ©e sur les actifs nĂ©cessaires Ă la production. Cela implique une hausse des droits de succession et un rĂ©amĂ©nagement de l’ISF en supprimant la plupart des niches, l’objectif de sa suppression Ă©tant rĂ©affirmĂ© lorsque les finances publiques seront rééquilibrĂ©es. Pour la fiscalitĂ© de l’Ă©pargne, les avantages fiscaux devraient ĂŞtre recentrĂ©s en faveur de l’Ă©pargne longue.Proposition n°5 - IntĂ©grer dans notre fiscalitĂ© les objectifs europĂ©ens de lutte contre le changement climatiqueEn matière de fiscalitĂ© environnementale, il s’agit essentiellement de supprimer les distorsions fiscales entre sources d’Ă©nergie : - alignement progressif de la fiscalitĂ© du gazole sur celle de l’essence ; - suppression de l’exonĂ©ration totale de taxe intĂ©rieure sur la consommation de gaz naturel des particuliers ; - rĂ©novation de la contribution au service public de l’Ă©lectricitĂ© (CSPE) rĂ©novĂ©e et alignement de son taux sur les besoins de financement des Ă©nergies renouvelables ; - proposition d’une taxe carbone aux frontières Ă l’Ă©chelle de l’Union europĂ©enne.Proposition n°6 - Conclure un pacte de stabilitĂ© fiscaleAfin de rendre la politique fiscale de nouveau prĂ©visible pour les contribuables, le prochain gouvernement pourrait s’engager politiquement sur un "pacte de stabilitĂ© fiscale" : maintien pendant cinq ans des principales mesures adoptĂ©es au dĂ©but de la lĂ©gislature application des rĂ©formes pour l’avenir uniquement, en refusant toute rĂ©troactivitĂ© de la loi fiscale qui modifierait en cours d’annĂ©e le rĂ©gime fiscal d’opĂ©rations dĂ©jĂ effectuĂ©es.- En savoir plus- TĂ©lĂ©charger gratuitement le rapport " Une fiscalitĂ© au service de la 'social compĂ©titivitĂ©' " (pdf)- Lire l'interview de Claude BĂ©bĂ©ar : Droit des successions : "Le plus simple serait de donner la libertĂ© de tester"ImprimerPARTAGER