AccueilExpressions par MontaignePour que le numĂ©rique soit (enfin !) un levier de modernisation de l’ÉtatLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Action publique15/02/2016ImprimerPARTAGERPour que le numĂ©rique soit (enfin !) un levier de modernisation de l’ÉtatAuteur Institut Montaigne La France ne tire pas suffisamment partie des avancées technologiques pour faire du numérique un levier de modernisation et de simplification de son administration. C'est le constat formulé par la Cour des comptes dans son rapport "Relations aux usagers et modernisation de l'État : vers une généralisation des services publics numériques", rendu public le 4 février 2016. Pourtant dotée d'atouts considérables en la matière (fort taux de pénétration d'internet, engagement de nombreux projets structurants, etc.), la France ne parvient pas à faire d'avancées significatives sur ces sujets. Alors qu'il s'agit d'une volonté politique ancienne et consensuelle, la numérisation des services de l'État est aujourd'hui atone. Quelles sont les raisons de cette inertie ? Comment lever les barrières pour faire enfin du numérique l'outil de simplification de l'administration ? La France, 13e pays europĂ©en en matière de modernisation numĂ©riqueLa France se situe en 13e position dans le classement europĂ©en de modernisation numĂ©rique de l’État. Ce classement Ă©tabli par la Commission europĂ©enne mesure Ă la fois l’offre de services dĂ©matĂ©rialisĂ©s, le nombre d’utilisateurs, le recours aux formulaires prĂ©-remplis et l’ouverture des donnĂ©es. Si la France gagne quatre places par rapport Ă 2014, il s’agit d’un rĂ©sultat peu satisfaisant au vu de son investissement ancien dans des projets de modernisation technologique (France Connect, Etalab, crĂ©ation d’une Direction interministĂ©rielle des systèmes d’information, RGPP, MAP, etc.). Ce retard s’observe tant dans les (rares) initiatives de l’administration que dans le comportement des usagers eux-mĂŞmes, qui n’utilisent pas les services numĂ©riques, mĂŞme lorsqu’on les y incite.Pourtant, un rĂ©el potentiel de modernisationSi le constat dressĂ© par la Cour des comptes déçoit, c’est que la France dispose aujourd’hui de nombreux atouts et qu’ils demeurent inexploitĂ©s. Avec un taux de pĂ©nĂ©tration d’internet de 82 %, la France devrait pouvoir afficher de bien meilleurs rĂ©sultats. Le recours aux services publics numĂ©riques, avant tout conditionnĂ© par l’accès des usagers Ă internet, n’est pas impactĂ© par ce fort taux de pĂ©nĂ©tration. En effet, seuls 44 % des usagers utilisent les services disponibles en ligne. Autre vecteur potentiel : les "grands projets structurants" engagĂ©s par l’État et notamment le SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral de modernisation de l’action publique (SGMAP). Si des initiatives comme Etalab ont permis d’effectuer des avancĂ©es significatives en faveur de la transparence et de l’ouverture des donnĂ©es publiques, la Cour des comptes observe une certaine atonie dans la mise en place de services publics numĂ©riques. La gĂ©nĂ©ralisation de ces services bĂ©nĂ©ficierait pourtant Ă l’ensemble des parties prenantes, État et usagers.Administration numĂ©risĂ©e : services simplifiĂ©s et gains d’efficacitĂ©Les avantages que reprĂ©sentent les services publics dĂ©matĂ©rialisĂ©s sont pourtant nombreux. Les API (Application Programming Interfaces, en français "interface de programmation") sont Ă ce titre un formidable gisement de simplification. Comme l’expose le rapport de l’Institut Montaigne Big Data et Objets connectĂ©s : faire de la France un champion de la rĂ©volution numĂ©rique, elles permettent une relation plus dynamique entre les administrations et leurs administrĂ©s. La dĂ©matĂ©rialisation promet Ă©galement des gains de temps, d’efficacitĂ© et de coĂ»t qui ne peuvent ĂŞtre nĂ©gligĂ©s dans une pĂ©riode oĂą les finances sont contraintes. L’Institut Montaigne propose ainsi de favoriser l’émergence d’un "État plateforme" qui permettrait les Ă©changes de donnĂ©es entre les diffĂ©rents services de l’État mais aussi entre l’État et le citoyen. La simplification passerait Ă©galement par la personnalisation du site www.service-public.fr, prĂ©conisĂ©e dans notre Ă©tude Pour un "New Deal" numĂ©rique. Une idĂ©e reprise par la Cour des comptes, qui recommande d’en faire le portail d’accès unique aux dĂ©marches administratives et Ă leurs informations. Cet Ă©cosystème, dont la mise en Ĺ“uvre ne cesse d’être repoussĂ©e, ne pourra se concevoir sans une politique stricte de protection des donnĂ©es, dont les fondements sont posĂ©s dans notre rapport Big Data et Objets connectĂ©s. Par Blanche Leridon pour l’Institut MontaigneImprimerPARTAGER