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Piste de solution du chĂ´mage : vers plus de mobilitĂ©

 Mathilde Tellier
Auteur
Chargée de communication

La hausse du chômage annoncée pour octobre 2008 (+46 900 personnes sans emploi, soit +2,4 %) constitue un record jamais atteint depuis 15 ans . Il faut en effet remonter à mars 1993 pour voir une augmentation supérieure à celle-ci (avec +54 000 inscriptions). Symboliquement, ce chiffre est important, car il fait de nouveau franchir à la France le seuil fatidique des 2 millions de chômeurs.

Un chĂ´mage de rĂ©cession Il y a un an encore, Nicolas Sarkozy promettait le plein emploi. C’était sans compter sur la crise financière qui allait secouer le monde entier. Et se rĂ©percuter sur l’économie rĂ©elle, la croissance, et l’emploi. CĂ´tĂ© Hexagone, nul doute, nous avons vĂ©cu, en termes d’emploi un « octobre noir Â» : chĂ´mage technique chez les constructeurs automobiles et les Ă©quipementiers, annonce de plans de dĂ©parts volontaires ou de licenciements, et ouvertures de procĂ©dures de redressement ou de liquidation judiciaire de grandes PME (Camif et Voyages Wasteels pour ne citer que les plus connues).

ChĂ´mage partiel et plan de relance Que prĂ©voit donc le gouvernement ? En dehors du fait qu’il ait souhaitĂ© dĂ©fendre le chĂ´mage partiel, proposant de « porter de quatre Ă  six semaines la durĂ©e consĂ©cutive d'activitĂ© partielle Â» selon une dĂ©pĂŞche AFP d’hier, Nicolas Sarkozy devrait annoncer "un plan de relance massif ", notamment destinĂ© Ă  l’industrie automobile. En contrepartie, C. Lagarde affirme que l'Etat exigera un engagement de la part des constructeurs Ă  maintenir l’emploi en France. Reste Ă  veiller Ă  ce que l’argent public soit correctement employĂ©...

Jusques Ă  quand… ? "Nous entrons dans une pĂ©riode difficile qui peut durer un an", a jugĂ© M. Wauquiez. A ces problèmes de conjoncture Ă©conomique s’ajoutent ceux que connaĂ®t la France depuis longtemps : un dĂ©calage grandissant entre les secteurs qui embauchent (et qui ne trouvent personne Ă  employer) et ceux qui licencient. Geoffroy Roux de BĂ©zieux, prĂ©sident de l’Unedic affirmait ce matin sur France Info qu’ « il ne s’agit pas du chĂ´mage de masse comme dans les annĂ©es 70/80. Â»

MobilitĂ© gagnante Quelques solutions pourraient ĂŞtre mises en place pour permettre de lutter contre le chĂ´mage ? Il faut commencer par faciliter la mobilitĂ© gĂ©ographique, en laquelle l’Institut Montaigne croit beaucoup. En 2006, plus de 50% des Français dĂ©claraient prĂ©fĂ©rer dĂ©mĂ©nager dans une autre rĂ©gion pour trouver du travail plutĂ´t que de rester au mĂŞme endroit et de s’inscrire au chĂ´mage. Pourtant, ils ne le font que trop peu, objectant qu’il est trop coĂ»teux de dĂ©mĂ©nager, tandis que des rĂ©gions cherchent Ă  recruter.

Pour favoriser la mobilitĂ© gĂ©ographique, et doper l’emploi, deux mesures s’imposent :

  • Accorder un crĂ©dit d’impĂ´t aux salariĂ©s qui ont dĂ©mĂ©nagĂ© Ă  une longue distance pour des raisons professionnelles. Les frais de dĂ©mĂ©nagement pourraient aussi ĂŞtre acceptĂ©s comme des frais professionnels intĂ©gralement dĂ©ductibles.
  • Supprimer les droits de mutation pour ces mĂŞmes salariĂ©s, s’ils sont propriĂ©taires de leur logement.

Ces deux mesures ne coûteront pas cher à l’Etat en regard des dizaines de milliards prêts qui devraient être distribués aux entreprises pour faire face à la crise financière... alors qu’elles pourraient bien rapporter gros en termes d’emploi.

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