AccueilExpressions par MontaigneParachutes dorĂ©s, stock-options systĂ©matiques : le Medef les met (enfin) Ă mortLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation08/10/2008ImprimerPARTAGERParachutes dorĂ©s, stock-options systĂ©matiques : le Medef les met (enfin) Ă mortAuteur Institut Montaigne Au milieu de ce maelström, les recommandations du Medef en matière d’éthique des rémunérations des PDG sont plutôt passé inaperçues. Nicolas Sarkozy en a pris acte hier. Mais qu’en est-il de ces changements ?Des mesures qui n’aboutissaient pas Ces dernières annĂ©es, certains abus graves en matière de rĂ©munĂ©ration des PDG ont dĂ©frayĂ© la chronique. Bien qu’au total, ils ne reprĂ©sentaient que très peu de cas, ils choquaient systĂ©matiquement Ă propos des mĂŞmes sujets : parachutes dorĂ©s et stock options. Longtemps, on a eu l’impression qu’il n’y avait pas grand-chose Ă faire, et surtout, que la volontĂ© manquait pour avancer sur ce sujet… Depuis sept ans, le lĂ©gislateur intervient sans succès, et les parachutes dorĂ©s ne sont prĂ©sents dans la loi de façon explicite que depuis 2005, pas avant… Entre la loi NRE en 2001, puis le paquet TEPA, il y a Ă peine plus d’un an, cinq textes se sont succĂ©dĂ©s sur ce sujet sans que l’on ne perçoive le moindre progrès.La fin du cumul fou Cette fois, pourtant, la situation va vraiment pouvoir changer. En effet, la fin programmĂ©e du cumul contrat de travail – mandat social va enfin sonner le glas des parachutes dorĂ©s. Aujourd’hui les PDG sont en position de force pour demander des sommes d’argent extravagantes lors de leur dĂ©part (parce qu’ils sont juridiquement leurs propres salariĂ©s et peuvent pousser la dĂ©marche jusqu’aux prud’hommes). Cette situation contre-nature va donc enfin disparaĂ®tre.AutorĂ©gulĂ©s presque de plein grĂ© Ce qui peut paraĂ®tre Ă©tonnant, c’est que ce changement ne va peut-ĂŞtre pas venir de la loi mais que les PDG devront se discipliner et s’autorĂ©guler. Mais pour ĂŞtre honnĂŞte, Nicolas Sarkozy a Ă©tĂ© très clair : si le Medef ne lui avait pas apportĂ© une solution, et surtout si le patronat n’avait pas craint une lĂ©gislation nouvelle et contraignante, le PrĂ©sident se serait tournĂ© vers le Parlement. Nous sommes donc dans le cas de figure d’une autorĂ©gulation suggĂ©rĂ©e, voire fortement encouragĂ©e, par les pouvoirs publics.Des stock-options conditionnelles Pourtant, le Medef est allĂ© un peu plus loin et a annoncĂ© une autre mesure novatrice : il va recommander Ă ses adhĂ©rents de ne plus distribuer que des stock-options conditionnelles. Jusqu’Ă prĂ©sent, les stock-options Ă©taient distribuĂ©es quasi systĂ©matiquement. Et pour peu que la bourse monte, elles Ă©taient toutes gagnantes. Certes, aujourd’hui, une bourse qui monte paraĂ®t presque un oxymore, mais depuis 20 ans, l’Ă©norme majoritĂ© des stock-options ont Ă©tĂ© très gagnantes, mĂŞme au sein d’entreprises peu prospères parce que, quand toute la bourse monte, tout le monde gagne ! DĂ©sormais, le Medef l’a prĂ©conisĂ© et la loi devra l’intĂ©grer, les stock options ne seront distribuĂ©es que si l’entreprise dirigĂ©e obtient de rĂ©elles performances.Je me rĂ©jouis de toutes ces avancĂ©es. Toutefois, je regrette qu’il ait fallu si longtemps pour que les dirigeants d’entreprises et le gouvernement comprennent d’oĂą venaient ces dysfonctionnements, et surtout qu’une solution Ă leur portĂ©e existait ! D’ailleurs, Ă l’Institut Montaigne, nous recommandions ces deux rĂ©formes de pur bon sens, depuis dĂ©jĂ 18 mois. Mais mieux vaut tard que jamais !ImprimerPARTAGER