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Ouvrir l’université à l’entreprise pour faciliter l’insertion des jeunes sur le marché du travail

 Lucie Piolot
Auteur
Chargée d 'études

Le chômage massif des jeunes en France (25,7 % des moins de 25 ans) n'est pas une conséquence inéluctable de la crise économique : plusieurs de nos voisins, dont le Danemark, l'Allemagne ou le Canada, parviennent à maintenir ce taux à des niveaux inférieurs de 10 points au nôtre.

L’inadĂ©quation persistante entre formation et besoins des entreprises est l’une des causes de l’insertion difficile des jeunes sur le marchĂ© du travail. L’annonce par la ministre de l’Enseignement supĂ©rieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, de la crĂ©ation d’un "ComitĂ© Sup Emploi" le 28 aoĂ»t dernier est en ce sens une Ă©tape encourageante. Cette instance consultative sera chargĂ©e de mener deux chantiers prioritaires : anticiper les besoins des entreprises de demain pour proposer des formations adĂ©quates et ouvrir l’enseignement Ă  l’entreprise en gĂ©nĂ©ralisant les stages et l’apprentissage.

En effet, la formation en alternance ou sous contrat d’apprentissage représente un véritable tremplin pour l’emploi, en France et ailleurs, comme le souligne l’OCDE. Elle permet aux jeunes d’acquérir des compétences spécifiques qui répondent directement aux besoins des employeurs et qu’ils peuvent valoriser pour obtenir leur premier emploi. Ainsi, "dans les pays de l’OCDE, les diplômés de la filière professionnelle du deuxième cycle de l’enseignement secondaire sont plus susceptibles de travailler (76 %) que ceux qui ont suivi la filière générale (70 %). Ils sont aussi moins susceptibles d’être au chômage (7,4 %) que les diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire en filière générale (8,4 %)" [1].

Les mesures annoncĂ©es par la ministre vont ainsi dans le bon sens. Pour ĂŞtre optimales, elles doivent nĂ©anmoins aller de paire avec la dĂ©centralisation des dispositifs d’insertion professionnelle au niveau des bassins d’emploi. Parmi les mesures prĂ©conisĂ©es par l’Institut Montaigne :

  • crĂ©er une banque de stages avec pour objectif que tous les Ă©lèves et les Ă©tudiants se voient proposer un stage quand celui-ci est obligatoire dans le cadre de leur cursus ;
  • encourager les Ă©tablissements Ă  conclure des conventions avec les entreprises accueillant des stagiaires ;
  • accroĂ®tre de 100 000 le nombre d’étudiants en alternance au sein des universitĂ©s (dernière annĂ©e de licence L3, 2ème annĂ©e de Master) ;
  • pour dĂ©velopper l’alternance, rĂ©orienter la taxe d’apprentissage afin qu’elle bĂ©nĂ©ficie aux jeunes peu ou pas diplĂ´mĂ©s.

Pour aller plus loin :
Choisir les bons leviers pour insérer les jeunes non qualifiés, juin 2012.

Pour en savoir plus :
http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid73477/renforcer-les-liens-universites-entreprises.html

Note

[1] OCDE, Regards sur l’éducation 2013 : les indicateurs de l’OCDE, 2013.

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