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OMC : les nĂ©gociations en pleine impasse

 Mathilde Tellier
Auteur
Chargée de communication

A Genève, les 153 pays membres de l’OMC ont débattu pendant 9 jours pour tenter de trouver un accord sur la libéralisation des échanges mondiaux. Malheureusement, les négociations, buttant sur un ultime désaccord entre les Etats-Unis et l’Inde concernant l’agriculture, n’ont abouti à rien.

Doha dans le mur

Les discussions, engagĂ©es depuis 2001 Ă  Doha (au Qatar) se sont donc arrĂŞtĂ©es net ce mardi, faute de consensus sur le sujet de l’agriculture. "C'est un pas en arrière pour le système du commerce international, plus grand que la perte d'opportunitĂ©s commerciales", a regrettĂ© le commissaire europĂ©en au Commerce, Peter Mandelson. Il est vrai que la nouvelle est particulièrement mauvaise Ă  l’heure de la hausse du baril de pĂ©trole, des taux d’inflation et des prix alimentaires. Chaque ministre a commentĂ© son dĂ©sarroi.

Le règle de la discorde

La dĂ©ception touche tout le monde si bien que chacun cherche un fautif. Ainsi, selon la Chine, cet Ă©chec serait imputable Ă  l'Ă©goĂŻsme des pays riches occidentaux (parce que les Etats-Unis et l’UE n’ont pas voulu renoncer aux subventions versĂ©es Ă  leurs agriculteurs), tandis que le Japon accuse, lui, les grands pays Ă©mergents. Quant Ă  l’Union europĂ©enne elle a fait preuve d’une dĂ©sunion marquĂ©e. La France a conduit, avec l’Italie, 9 pays Ă  se rebeller contre les concessions cĂ©dĂ©es par P. Mandelson. Après cet Ă©chec, Anne-Marie Idrac, la secrĂ©taire d'Etat au Commerce, remet en cause la simple possibilitĂ© de s’entendre et a mĂŞme affirmĂ© franchement qu'il faudrait dĂ©sormais "tenir compte de l'absence de consensus" au sein des Etats de l’Union.

Se concentrer sur la question agricole

L’agriculture a toujours Ă©tĂ© le principal point d’achoppement dans ces nĂ©gociations de commerce international. A l’Institut Montaigne nous avons largement rĂ©flĂ©chi sur ce point. Ainsi, nous proposons de rĂ©unir au niveau international les conditions d’une concurrence plus loyale pour tous, pour enfin parvenir Ă  des accords constructifs. Pour ce faire, il faudrait promouvoir l’harmonisation des normes sociales et environnementales, rĂ©partir plus Ă©quitablement l’effort Ă  faire en direction des pays les moins avancĂ©s et obtenir la suppression du « marketing loan Â» (dispositif de prix de soutien aux agriculteurs qui, par un effet pervers, les incite Ă  vendre sur le marchĂ© au-dessous du prix de soutien, puisque le gouvernement fĂ©dĂ©ral leur garantit de leur verser la diffĂ©rence) et des paiements contra-cycliques amĂ©ricains Ă  l’OMC. C’est bien connu, on rĂ©colte ce que l’on sème. Et si l’on sème l’harmonisation… on rĂ©coltera Ă  coup sĂ»r des accords !

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