AccueilExpressions par MontaigneNouvelle publication - Mettre enfin la fiscalitĂ© au service de la croissanceLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation CohĂ©sion sociale25/09/2013ImprimerPARTAGERNouvelle publication - Mettre enfin la fiscalitĂ© au service de la croissanceAuteur Institut Montaigne Forts de leur expertise en matière de finances publiques et de chiffrage budgétaire, l'Institut Montaigne et l'Institut de l'entreprise publient ensemble une Note intitulée Mettre enfin la fiscalité au service de la croissance. Ils élaborent 20 propositions autour de 6 thématiques sur ce que devrait être une architecture cohérente des prélèvements obligatoires, respectueuse des impératifs de compétitivité des entreprises et des attentes des citoyens français en matière d'équité. Cette réflexion s'inscrit naturellement dans le cadre des débats soulevés par l'élaboration du projet de loi de finances (PLF) pour 2014 et vise également à dessiner le cadre des réformes souhaitables en matière de fiscalité pour la suite du quinquennat.Ce rapport insiste sur trois grands principes qui devraient prĂ©sider Ă toute rĂ©flexion sur la fiscalitĂ© aujourd’hui : rĂ©affirmer la nĂ©cessitĂ© d’une stabilitĂ© puis d'une rĂ©duction du niveau global des prĂ©lèvements obligatoires, diminuer la part des prĂ©lèvements qui pèsent sur les facteurs de production et enfin, rĂ©inscrire le dĂ©bat sur la progressivitĂ© des prĂ©lèvements dans un dĂ©bat plus large sur l’efficacitĂ© du système de redistribution français.Trois enjeux au cĹ“ur de la rĂ©flexion sur la fiscalitĂ© aujourd’hui La France a connu au cours des trois dernières annĂ©es un choc fiscal de grande ampleur. En pourcentage du PIB, le taux de prĂ©lèvements obligatoires, qui s’élevait Ă 42,8 % en 2008, est ainsi passĂ© de 42,5 % en 2010 Ă 45 % en 2012, et devrait s’établir Ă 46,3 % en 2013. Au total, entre 2011 et 2013, l'impact des hausses d'impĂ´ts pour les mĂ©nages et les entreprises devrait s’établir Ă plus de 70 Md€. DĂ©passant la Suède, l’Hexagone n’est dĂ©sormais plus devancĂ© en ce domaine que par le Danemark parmi les pays de l'OCDE. Cette forte hausse des prĂ©lèvements obligatoires soulève trois questions, qu’il est indispensable d'inclure dans les dĂ©bats du PLF 2014 : • la capacitĂ© Ă utiliser le levier des prĂ©lèvements obligatoires pour rĂ©duire le dĂ©ficit, dans un contexte de redressement budgĂ©taire ; • la conciliation des mesures de redressement budgĂ©taire avec l’objectif parallèle de redressement de la compĂ©titivitĂ© des entreprises, affichĂ© par le gouvernement ; • l’équitĂ© du système fiscal, Ă l’aune des efforts actuellement exigĂ©s des contribuables.6 thĂ©matiques et 20 propositions pour "mettre enfin la fiscalitĂ© au service de la croissance"Le rapport est structurĂ© en six chapitres, chacun d’entre eux comportant une sĂ©rie de recommandations visant Ă concilier efficacitĂ© de l’impĂ´t, Ă©quitĂ© fiscale et pĂ©rennitĂ© de notre croissance Ă©conomique.1. ImpĂ´t sur le revenu et CSG L’impĂ´t sur le revenu (IR), concentrĂ© sur les hauts revenus, et la CSG, impĂ´t Ă fort rendement, mĂ©ritent tous deux d’être repensĂ©s, mais pour des raisons diffĂ©rentes. C’est pourquoi les projets de leur fusion ne poursuivent pas nĂ©cessairement les mĂŞmes objectifs : s’agit-il de crĂ©er un grand impĂ´t sur le revenu, progressif et exempt de niches fiscales ou, au contraire, d’appliquer certaines caractĂ©ristiques de l’IR Ă la CSG (progressivitĂ©, "familialisation", niches) ? Outre la complexitĂ© de la mise en Ĺ“uvre d’une telle fusion, ses consĂ©quences pour les finances publiques nous semblent mal mesurĂ©es. En revanche, d’autres rĂ©formes sont possibles.Proposition 1 : Aligner le taux de CSG sur les pensions de retraite et le taux de CSG applicable aux revenus d’activitĂ©Proposition 2 : Mieux distinguer les modalitĂ©s traditionnelles de calcul de l’impĂ´t sur le revenu qui ne sont pas des "niches fiscales"Proposition 3 : Eviter une imposition contre-productive sur les hauts revenus2. FiscalitĂ© de l’épargne Aucun grand pays industrialisĂ© au monde, ni aucun pays Ă©mergent, n’impose dĂ©sormais les revenus du capital davantage que la France, hormis le taux d’imposition des dividendes en vigueur au Japon. Ceci s’explique par une fiscalitĂ© de l’épargne historiquement complexe, accentuĂ©epar la loi de finances 2013. Cette fiscalitĂ© poursuit par ailleurs des objectifs contradictoires, toutes les catĂ©gories d’épargne bĂ©nĂ©ficiant d’un avantage fiscal, tandis que l’épargne des Français reste orientĂ©e vers des supports sans risque comme l’immobilier et la dette, au dĂ©triment de besoins collectifs de long terme. Il s’agit donc aujourd’hui de favoriser les supports d’épargne orientĂ©s vers le financement des secteurs et emplois bĂ©nĂ©ficiant Ă la croissance et Ă la collectivitĂ©.Proposition 4 : RĂ©tablir le principe d’une fiscalitĂ© spĂ©cifique sur les revenus du capitalProposition 5 : Constituer et favoriser la commercialisation de produits d’épargne longue pour les mĂ©nagesProposition 6 : CrĂ©er un support d’épargne pour financer les PMEProposition 7 : Renforcer l’épargne salarialeProposition 8 : RĂ©duire corrĂ©lativement les avantages relatifs des autres supports d’épargne3. FiscalitĂ© des entrepreneurs MalgrĂ© la rĂ©volte des "pigeons" suite au PLF 2013, le rĂ©gime instaurĂ© par celui-ci reste très imparfait. Ainsi, si on a fait retour au système de taxation forfaitaire pour les personnes bĂ©nĂ©ficiant du rĂ©gime des entrepreneurs, les conditions pour bĂ©nĂ©ficier du rĂ©gime des entrepreneurs sont nombreuses et contraignantes. Par ailleurs, l’ISF constitue Ă©galement un signal nĂ©gatif adressĂ© aux entrepreneurs et aux investisseurs alors que sa contribution aux recettes budgĂ©taires et Ă la redistribution est très tĂ©nue. Simplifier la fiscalitĂ© de l’entrepreneur reste donc une tâche essentielle.Proposition 9 : Sanctuariser les rĂ©gimes favorables Ă l’entreprenariatProposition 10 : RĂ©tablir une fiscalitĂ© simple et attractive des plus-valuesProposition 11 : Limiter les effets anti-Ă©conomiques de l’ISF4. FiscalitĂ© et financement de la protection sociale Davantage encore que son mode de financement, c’est le niveau de notre protection sociale, qui conditionne le poids des prĂ©lèvements qui y sont affectĂ©s, qui pose aujourd’hui problème. La fiscalisation progressive des ressources de la protection sociale, dĂ©butĂ©e depuis les annĂ©es 1980, n’a que modĂ©rĂ©ment rĂ©duit le poids des prĂ©lèvements assis sur les revenus d’activitĂ©. Ce poids – qui place la France aux premiers rangs de l’Union EuropĂ©enne – met en pĂ©ril la compĂ©titivitĂ© de l’économie française. Cette situation a conduit Ă envisager divers scĂ©narios de basculement d’une partie des cotisations sociales sur une assiette alternative. L’analyse montre toutefois que la recherche d’une assiette "miracle" pour financer les dĂ©penses sociales est vaine, tant que la dĂ©rive de ces dernières ne sera pas jugulĂ©e.Proposition 12 : RĂ©viser le pĂ©rimètre de la protection sociale, prĂ©alable Ă toute rĂ©forme de la structure de financement de la sĂ©curitĂ© socialeProposition 13 : Au-delĂ d’un niveau de solidaritĂ© Ă dĂ©finir, transfĂ©rer une partie des prestations vers la sphère privĂ©e, en renvoyant au libre choix des intĂ©ressĂ©s leurs arbitrages entre revenus directs et diffĂ©rĂ©s, consommation et Ă©pargne5. FiscalitĂ© locale IndĂ©pendamment des consĂ©quences des transferts de compĂ©tences, les collectivitĂ©s territoriales se sont engagĂ©es depuis plusieurs dĂ©cennies dans un accroissement constant de leurs dĂ©penses. Ce chapitre revient en premier lieu sur les avancĂ©es de la dernière rĂ©forme de la fiscalitĂ© locale, tout en en soulignant les dĂ©fauts. Beaucoup reste Ă faire et il ne faudrait pas attendre des ajustements de recettes qu’ils viennent rĂ©gler des questions relatives au niveau des dĂ©penses. Dans ce contexte, la première question, fondamentale, devrait ĂŞtre celle de la nĂ©cessaire clarification des compĂ©tences des collectivitĂ©s. Au-delĂ , le constat de la divergence entre le dynamisme de la dĂ©pense sociale et celui des ressources des dĂ©partements ne peut rester sans rĂ©ponse, et doit conduire Ă inverser la logique qui voulait jusqu’à prĂ©sent que les secondes s’ajustent aux premières.Proposition 14 : Taxe d’habitation : s'atteler Ă une rĂ©vision des valeurs locatives (Ă rendement constant)Proposition 15 : Revenir sur la clause gĂ©nĂ©rale de compĂ©tence des collectivitĂ©s locales et interdire les financements croisĂ©s entre collectivitĂ©s, afin d’instaurer un système fiscal plus transparent et plus responsableProposition 16 : Pour parer Ă la pression exercĂ©e par les dĂ©penses sociales des dĂ©partements, privilĂ©gier l’action sur la dĂ©pense en modulant ces dernières localement plutĂ´t que recourir au levier des recettes par l’augmentation des taux ou l’instauration de nouveaux prĂ©lèvements6. FiscalitĂ© environnementale et compĂ©titivitĂ© De mĂŞme que la fiscalitĂ© environnementale ne saurait se rĂ©sumer Ă l’identification d’un "mal" environnemental servant d’assiette Ă un surcroĂ®t de fiscalitĂ©, le combat pour la compĂ©titivitĂ© n’est pas davantage rĂ©ductible aux seuls rééquilibrages macroĂ©conomiques. La fiscalitĂ© environnementale ne vise pas le rendement, mais l’établissement d’une sĂ©rie d’incitations poursuivant des objectifs clairs en matière de modes de production et de consommation pour tenir compte de la raretĂ© et de la fragilitĂ© des ressources naturelles. La rĂ©flexion sur la compĂ©titivitĂ© ne se borne pas Ă recenser les dĂ©sĂ©quilibres dans les tableaux de financement des diffĂ©rents agents, mais appelle Ă une vision stratĂ©gique, Ă moyen ou long terme, des actions incitatives de long terme Ă mettre en place pour guider la France sur un sentier de dĂ©veloppement durable. Ce chapitre insiste sur la nĂ©cessitĂ© d’imbriquer les deux prĂ©occupations, environnementale et compĂ©titive, et prĂ©cise les caractĂ©ristiques que doit adopter la fiscalitĂ© environnementale pour parvenir Ă cet objectif.Proposition 17 : Envisager conjointement les prĂ©occupations environnementales et compĂ©titives, en Ă©vitant de dĂ©composer les politiques publiques en deux "sĂ©quences cloisonnĂ©es", l’une portant sur la compĂ©titivitĂ©, l’autre sur les (dĂ©s)incitations Ă visĂ©e environnementaleProposition 18 : Instaurer une contribution "climat Ă©nergie" assortie d’un calendrier crĂ©dible pour la montĂ©e en puissance de son taux et confier la dĂ©termination de ce dernier Ă une commission indĂ©pendanteProposition 19 : Proscrire toute exemption catĂ©gorielle ou sectorielle quant Ă l’assiette de ce prĂ©lèvement, et privilĂ©gier des mesures d’aides positives sur des consommations identifiĂ©es comme durables sur le plan de la compĂ©titivitĂ© et de l’environnement. Ces mesures pourront prendre la forme de crĂ©dits d’impĂ´t, financĂ©s par la restitution d’une partie des recettes liĂ©es Ă l’augmentation de la fiscalitĂ© environnementaleConsulter la NoteImprimerPARTAGER