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Nouvelle publication - Commerce extĂ©rieur : refuser le dĂ©clin

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A l'heure où le premier cycle de négociations bilatérales sur l'accord de libre-échange entre les États-Unis et l'Union européenne s'ouvre à Washington, l'Institut Montaigne publie ce jour une étude sur les nouvelles tendances du commerce international et les moyens dont l'économie française peut se doter afin de faire valoir ses atouts et enrayer la dégradation continue de sa balance commerciale.

Depuis 20 ans, la croissance spectaculaire du commerce s’accompagne de deux mutations majeures :

  • un dĂ©placement massif des Ă©changes commerciaux vers l’Asie ;
  • un bouleversement des modes de production entraĂ®nant des changements dans la nature mĂŞme des Ă©changes. Entre 2000 et 2010, la croissance du commerce des services dans le monde a Ă©tĂ© de 9,5 % par an en moyenne.

Cette deuxième tendance devrait bĂ©nĂ©ficier Ă  la France qui est bien placĂ©e en matière de services. Pourtant, le dĂ©crochage de notre Ă©conomie en la matière est patent comme en tĂ©moigne le dĂ©ficit de notre balance commerciale : -67,2 Mds€ en 2012 (– 74,1 Mds en 2011). Il est particulièrement net au sein mĂŞme de l’Union europĂ©enne, destination de près de 60 % de nos exportations.

Etat des lieux

L’étude analyse les nouvelles "chaĂ®nes de valeur" qui structurent les Ă©changes internationaux aujourd’hui. Elle dĂ©taille les atouts de l’économie française Ă  l’export et les raisons de son dĂ©crochage : inadaptation des coĂ»ts et des structures ; faibles rendements des incitations publiques Ă  l’innovation ; faiblesse des entreprises exportatrices et de la variĂ©tĂ© des produits.

Ce travail recense également les multiples barrières douanières et non douanières qui existent et pointe la fragmentation du marché des services en Europe ainsi que la protection des marchés publics par de nombreux Etats.

L’étude consacre enfin un chapitre à la crise du multilatéralisme et aux échecs de la politique commerciale commune. L’échec du cycle de Doha a laissé place à une multiplication d’accords bilatéraux et régionaux, qui induisent davantage de risques de distorsions économiques et augmentent significativement les coûts de transaction des entreprises.

Le positionnement ambigu de la France au sein de la politique commerciale commune et la frilosité affichée nuit aux champions nationaux et ne correspond pas à la réalité des échanges.

Trois messages forts découlent de ces analyses

  • le tissu Ă©conomique de la France est moins ouvert aux chaĂ®nes de valeur industrielles rĂ©gionales et mondiales que les Ă©conomies les plus compĂ©titives, ce qui explique sa relative perte de vitesse dans les Ă©changes mondiaux ;
  • notre pays a avant tout perdu des parts de marchĂ© dans la zone Euro. Alors que la France prĂ©sente de rĂ©elles forces dans les services, la fragmentation persistante du marchĂ© europĂ©en des services est un rĂ©el handicap pour le dĂ©ploiement du potentiel des entreprises françaises ;
  • dix ans après son lancement, le cycle de Doha Ă  l’OMC peine Ă  aboutir. Les rĂ©centes dĂ©cisions europĂ©ennes de lancer des nĂ©gociations bilatĂ©rales avec les grandes Ă©conomies que sont les États-Unis et le Japon, bien que prĂ©sentant de nombreux risques, sont Ă  ce titre une rĂ©elle opportunitĂ© de relancer la machine du commerce international et Ă  terme de retrouver le chemin du multilatĂ©ralisme ouvert centrĂ© autour de l’OMC.

Les propositions de l’Institut Montaigne pour que la France puisse mieux faire valoir ses atouts économiques dans le monde s’articulent autour de trois axes

1. Au niveau national : approfondir les rĂ©formes de compĂ©titivitĂ© nationales dĂ©jĂ  engagĂ©es et prĂ©parer le tissu productif français Ă  l’économie mondiale de demain

  • mettre en Ĺ“uvre de façon plus ambitieuse les recommandations du rapport Gallois pour un "choc de compĂ©titivitĂ©"
  • mettre en place une stratĂ©gie de communication claire, cohĂ©rente et accueillante pour les investisseurs Ă©trangers
  • poursuivre la modernisation de notre dialogue social amorcĂ©e au travers de l’ANI et considĂ©rer cet accord comme un point de dĂ©part et non comme un point d’arrivĂ©e.
  • permettre aux PME/PMI de croĂ®tre par une politique fiscale attractive pour les investisseurs et une rĂ©forme profonde de notre système d’innovation
  • permettre Ă  certaines professions rĂ©glementĂ©es de gagner en taille, notamment les professions juridiques et comptables

2. Au niveau europĂ©en : dĂ©finir les prioritĂ©s Ă  poursuivre pour parachever le marchĂ© unique des services en Europe

  • accroĂ®tre la concurrence dans les services d’infrastructure et interconnecter les rĂ©seaux d’infrastructure europĂ©ens pour rĂ©duire les coĂ»ts de communication, de transport et de transactions
  • rĂ©duire le nombre de professions rĂ©glementĂ©es et rendre automatique la reconnaissance mutuelle des qualifications en Europe
  • continuer d’ouvrir les marchĂ©s publics europĂ©ens, tout en s’assurant que la qualitĂ© des prestations soit garantie

3. Au niveau international : fixer de nouvelles prioritĂ©s et adapter la mĂ©thode de nĂ©gociations de la Politique commerciale commune

  • faire des nĂ©gociations commerciales Ă  venir avec le Japon et les Etats-Unis une opportunitĂ© rĂ©elle d’accroĂ®tre notre potentiel de croissance
  • mobiliser davantage le contentieux OMC pour faire appliquer ses règles fondamentales par les pays Ă©mergents, sans engager de mesures protectionnistes
  • adopter plus de gradualisme et de pragmatisme dans les nĂ©gociations commerciales avec les pays Ă©mergents
  • moderniser le rĂ©gime europĂ©en de protection internationale des investissements

Consulter l'étude

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