AccueilExpressions par MontaigneNouveau rapport - Vive le long terme ! Les entreprises familiales au service de la croissance et de l’emploiLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation20/09/2013ImprimerPARTAGERNouveau rapport - Vive le long terme ! Les entreprises familiales au service de la croissance et de l’emploiAuteur Institut Montaigne Alors que le projet de loi de finances 2014 sera présenté mercredi prochain en conseil des ministres, l'ASMEP-ETI et l'Institut Montaigne publient un rapport sur les entreprises familiales. Mal connues du grand public et un temps considérées comme relevant d'un modèle économique et managérial dépassé, les entreprises familiales connaissent depuis quelques années un regain d'intérêt: la régularité de leur développement, leur résistance pendant la crise, leur capacité à porter une vision de long terme et leur ancrage territorial en font des acteurs clefs de la croissance et de l'emploi. En quelques chiffres :• les entreprises familiales reprĂ©sentent plus de 60 % des sociĂ©tĂ©s en Europe ;• elles reprĂ©sentent 83 % des entreprises en France et plus de 90 % des ETI;• entre janvier 2012 et avril 2013, les ETI ont créé 180 emplois pour 100 emplois supprimĂ©s, alors que les grandes entreprises n’ont créé que 75 emplois pour 100 emplois supprimĂ©s ;• sur cette pĂ©riode, les ETI ont créé 27 % des emplois de l’ensemble de l’économie française ;• les entreprises familiales affichent une croissance de leur chiffre d’affaires mondial bien supĂ©rieur Ă la moyenne nationale. 60 % d’entre elles ont ainsi affichĂ© pour l’exercice 2011 une croissance de leur chiffre d’affaires supĂ©rieure Ă 5 % et pour 33 % d’entre elles, une croissance supĂ©rieure Ă 10 % (Ă©tude PwC 2012 auprès de 230 entreprises familiales) ;• les entreprises familiales offrent, en Bourse, une performance supĂ©rieure aux autres entreprises. L’écart de performance boursière atteint 60 % sur une pĂ©riode de dix ans, sur des donnĂ©es allant du 27 avril 2002 au 27 avril 2012. Il est de 50 % si l’on exclut les sociĂ©tĂ©s financières.La clef de cette rĂ©ussite tient en la capacitĂ© des entreprises familiales Ă porter une vision de long terme. Pour se dĂ©velopper, investir de nouveaux marchĂ©s, bâtir une marque mondiale, fidĂ©liser des Ă©quipes, il faut durer. Ces Ă©lĂ©ments très positifs ne doivent pas masquer un certain nombre de rĂ©alitĂ©s prĂ©occupantes s’agissant des entreprises familiales françaises :• dans la stratĂ©gie de pĂ©rennitĂ© et de dĂ©veloppement d’une entreprise familiale, l’étape de la transmission est un moment vital mais qui peut ĂŞtre critique ;- pendant 20 ans, de 1980 au dĂ©but des annĂ©es 2000, la transmission d’entreprises patrimoniales a Ă©tĂ© tout simplement bloquĂ©e sous l’effet conjuguĂ© de l’IGF (devenu ISF) et du doublement des droits de transmission (qui sont passĂ©s de 20 Ă 40 %) ;- ces mesures fiscales ont eu impact particulièrement lourd sur le tissu des ETI familiales. D’après un recensement, empirique et non-exhaustif, pas moins de 500 entreprises, faute de pouvoir se transmettre, se sont vendues ;- c’est en partie la cause de la faiblesse de notre tissu actuel d’ETI (4 600 entreprises contre 12 000 en Allemagne et 10 500 en Angleterre) ;• aujourd’hui encore, le taux de transmission des entreprises patrimoniales est très faible (14 % en France contre 51 % en Allemagne et 70 % en Italie) ;- malgrĂ© l’introduction des pactes Dutreil, la transmission reste une Ă©tape incertaine et coĂ»teuse ;- or, 27 000 entreprises patrimoniales par an d’ici 2020 doivent se transmettre en France, mettant en jeu chaque annĂ©e 330 000 emplois• enfin, les ETI familiales rencontrent de vraies difficultĂ©s de financement ;- l’autofinancement, qui est leur mode de financement privilĂ©giĂ©, est au plus bas en France depuis plusieurs annĂ©es (de 10 points infĂ©rieur Ă celui des entreprises allemandes) ;- les actionnaires familiaux non dirigeants sont assujettis Ă l’ISF sur leurs parts sociales, obligeant l’entreprise Ă leur verser des dividendes afin qu’ils puissent s’acquitter de cet impĂ´t. Le versement de "dividendes pour impĂ´ts" se fait au dĂ©triment de l’investissement productif.Comment lever les freins, juridiques, financiers et fiscaux qui entravent le dĂ©veloppement des entreprises familiales ?Comment assurer la pĂ©rennitĂ© de l’outil productif au travers du passage de gĂ©nĂ©rations ?Comment crĂ©er un statut d’investisseur de long terme afin d’accompagner ces entreprises et leur permettre de franchir les caps qui structurent leur dĂ©veloppement ?Ce rapport s’est tout d’abord attachĂ© Ă identifier et Ă analyser les caractĂ©ristiques propres Ă ce type d’entreprise (familiale, de taille intermĂ©diaire) : leur pĂ©rennitĂ©, leur rĂ©silience, la qualitĂ© de leurs produits et leur performance Ă©conomique.Vous y trouverez notamment :• l’impact de ces entreprises sur leur environnement ;• la prĂ©sentation des principaux rĂ©sultats de l’ouvrage Les Champions CachĂ©s du XXIème siècle de Stephan Guinchard et Hermann Simon ;• la prĂ©sentation de l’étude rĂ©alisĂ©e par le cabinet Trendeo sur le rĂ´le qu’ont jouĂ© les ETI ces derniers mois dans la crĂ©ation d’emplois ;• le tableau comparatif des taux rĂ©els d’imposition des transmissions en Europe ;• l’analyse de la baisse des capacitĂ©s d’autofinancement des entreprises françaises depuis 10 ans.Partie II.Ce rapport fait dix propositions pour favoriser leur dĂ©veloppement, propositions articulĂ©es autour de trois axes : la transmission ; le financement et la gouvernance.Les principales propositions :• continuer Ă assouplir le fonctionnement des pactes Dutreil (assouplir l’apport de titres au sein des pactes et permettre les cessions de titres entre membres du pacte) ;• crĂ©er un "Pacte +" exonĂ©rant totalement la transmission des parts d’entreprise, Ă l’instar de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne ou de l’Italie, en contrepartie d’une dĂ©tention allongĂ©e Ă dix ans des titres sociaux ;• encourager l’investissement de long terme dans les entreprises familiales en exonĂ©rant d’ISF les parts d’entreprises dĂ©tenues pendant au moins 10 ans, quel que soit le dĂ©tenteur des parts ;• rendre la bourse family business friendlyen :- facilitant la sortie de bourse de manière Ă fluidifier la cotation et Ă relancer les introductions en Bourse ;- rĂ©visant les conditions de "retrait obligatoire" en augmentant Ă 10 % le seuil de la minoritĂ© de blocage aujourd’hui fixĂ©e Ă 5 % ;- valorisant les entreprises familiales qui font l’objet d’une donation ou d’une succession Ă leur valeur comptable ou Ă dire d’expert pour calculer les droits affĂ©rents afin d’éviter les surcouts liĂ© Ă la spĂ©culation lors de la succession.• favoriser les transmissions anticipĂ©es "en continuitĂ©" : en cas de dĂ©membrement de propriĂ©tĂ©, permettre Ă l’usufruitier de nommer le dirigeant de la sociĂ©tĂ© ou de voter aux AGO dès lors qu’il a moins de 70 ans.Consulter le rapportA propos des auteursPendant plusieurs mois, un groupe de travail s’est rĂ©uni sous la conduite de Philippe d’Ornano, prĂ©sident de Sisley. Ce groupe essentiellement constituĂ© de dirigeants d’entreprises familiales (Olivier Allez, prĂ©sident, Allez et Cie ; Thierry Costes, prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral, sociĂ©tĂ© Gilbert et Thierry Costes ; Bruno Grandjean, prĂ©sident du directoire, Redex ; BenoĂ®t Habert, directeur gĂ©nĂ©ral adjoint, groupe Dassault ; Françoise Holder, administratrice, Holder SAS ; Charles Robinet-Duffo, prĂ©sident directeur gĂ©nĂ©ral, Henner) a Ă©galement permis de solliciter les expertises d’avocat fiscalistes (ValĂ©rie Tandeau de Marsac avocate, membre du centre d'expertise JeantetFamily et fondatrice de VTM Conseil ; Philippe Portier, avocat associĂ©, cabinet Jeantet ; Xavier Rollet, avocat associĂ©, cabinet Landwell) et de financiers (GrĂ©goire HeuzĂ©, associĂ© gĂ©rant, banque Rothschild et Cie ; HervĂ© Colson, associĂ©, cabinet PwC).ImprimerPARTAGER