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Nouveau rapport - SantĂ© : faire le pari de l’innovation

Nouveau rapport - Santé : faire le pari de l’innovation
 Institut Montaigne
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L'Institut Montaigne publie ce jour un rapport intitulé Santé : faire le pari de l'innovation réalisé par un groupe de travail composé de professionnels de la filière et d'experts, présidé par André-Michel Ballester, CEO de Sorin Group, et Roberto Gradnik, directeur général de Stallergènes. Une vingtaine d'entretiens qualitatifs ont été menés auprès d'acteurs de la santé impliqués dans des processus d'innovation. Il en ressort qu'afin d'assurer la pérennité et la qualité du système de santé français et continuer d'irriguer l'activité économique de notre pays, il est aujourd'hui urgent de mettre l'accent sur l'innovation.

L’Institut Montaigne propose donc de s’attaquer à trois freins qui minent le secteur et menacent la survie des entreprises innovantes :
-    les difficultĂ©s d’accès au marchĂ© domestique ;
-    le manque de financement au-delĂ  des premiers tours de table (late stage);
-    l’absence de cohĂ©rence et de collaboration dans le pilotage politique et administratif du secteur.

Un secteur stratégique pour la France

La santé est l’une des préoccupations majeures des Français (baromètre TNS Sofres – déc. 2012). Le montant des dépenses de santé s’élevait à 240 milliards d’euros en 2011 soit près de 12 % de la richesse nationale.

Si le système de santé français est l’un des plus coûteux au monde, il est également crucial pour l’activité économique du pays : les industries de la santé emploient 4,6 % des effectifs de l’industrie française soit 200 000 salariés et génèrent un chiffre d’affaires de 75 milliards d’euros. L’industrie du médicament est le 2ème secteur exportateur français et la France est le 3ème producteur européen de médicaments (source : LEEM juin 2012). L’Académie des Technologies estime que ce secteur représentera de 15 à 20 % de notre richesse nationale en 2030.

La France dispose de nombreux atouts : une recherche biomĂ©dicale parmi les meilleures au monde,  un marchĂ© domestique solvable et de grande taille et enfin un Ă©cosystème favorable Ă  l’innovation. NĂ©anmoins, l’innovation en matière de santĂ© en France est aujourd’hui en panne. Elle doit faire face Ă  une concurrence internationale de plus en plus forte, notamment en provenance des Ă©mergents, et Ă  la fuite de ses innovations.

Huit propositions pour favoriser une innovation gagnante

Les premières actions préconisées ont pour but de favoriser l’accès au marché domestique des entreprises innovantes en leur ouvrant l’accès au remboursement et en leur donnant accès à la commande publique.

Le rapport propose huit pistes pour agir :

1.    favoriser les rencontres entre les PME/ETI innovantes et les services achats des Ă©tablissements hospitaliers en s’inspirant du modèle britannique qui organise des forums d’échanges : "Meet the Buyer Events" (proposition 1) ;

2.    dĂ©velopper les appels d’offres prĂ©-commercialisation utilisĂ©s par le Centre d’innovation du National Heath Service (NHS) britannique pour dĂ©velopper les liens avec les entreprises du secteur et soutenir leur R&D (proposition 2) ;

3.    faire Ă©voluer en collaboration avec les autoritĂ©s de santĂ© les critères d’évaluation de l’innovation Ă  10 ans (proposition 3) ;

4.    inscrire, de manière transitoire, les produits, services ou actes novateurs ayant un intĂ©rĂŞt pour la santĂ© publique sur les listes pertinentes (LPPR) (proposition 4) ;

5.    transfĂ©rer au ComitĂ© Ă©conomique de produits de santĂ© (CEPS) la responsabilitĂ©  du processus d’inscription au remboursement des dispositifs mĂ©dicaux innovants (proposition 5).

6.    dĂ©velopper le financement des sociĂ©tĂ©s innovantes au-delĂ  des premiers tours de table (amorçage, capital risque ou encore early stage).  Avec 549 805 entreprises créées dans le secteur marchand en 2011, la France est le premier pays europĂ©en en termes de crĂ©ations d’entreprises (Cour des Comptes, dĂ©c. 2012). Ce n’est donc pas tant la question de la quantitĂ© mais bien de la pĂ©rennitĂ© de ces entreprises qui se pose. La France souffre de l’absence de financeurs privĂ©s et peine donc Ă  offrir Ă  ses entrepreneurs les moyens de dĂ©velopper leur activitĂ©. L’Institut Montaigne prĂ©conise d’orienter une part des capitaux de l’Etat vers des fonds de capital dĂ©veloppement et de capital transmission pour irriguer le secteur de la santĂ© et attirer des Ă©quipes Ă©trangères innovantes (proposition 6).

Enfin, le rapport se penche sur la gouvernance du secteur de la santé qui souffre d’une absence de pilotage et d’une répartition éclatée des responsabilités entre le ministère des affaires sociales et de la santé, l’union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) et le ministère du redressement productif. L’institut Montaigne propose deux actions :

7.    dĂ©finir l’ambition industrielle de la France sur le secteur de la santĂ© Ă  10 ans,  en cartographiant les diffĂ©rents acteurs pour accroitre la solidaritĂ© de la filière et amplifier les partenariats publics-privĂ©s (proposition 7) ;

8.    intĂ©grer le ministère de la santĂ© dans le pilotage stratĂ©gique du secteur aux cĂ´tĂ©s du ministère du redressement productif pour rĂ©pondre de manière plus coordonnĂ©e aux objectifs de santĂ© publique, budgĂ©taire et Ă©conomique (proposition 8)

Le potentiel de la France dans le secteur de la santé est immense. L’innovation médicale représente la clef pour viser des progrès majeurs dans la prévention et le traitement de nombreuses maladies. Elle permettra une offre de soin plus efficiente et une prise en charge globale du patient plus performante.

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