AccueilExpressions par MontaigneNos rĂ©gions demain - DĂ©bat citoyen sur la rĂ©forme territoriale : premier bilanLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Vie dĂ©mocratique Villes et territoires01/08/2014ImprimerPARTAGERNos rĂ©gions demain - DĂ©bat citoyen sur la rĂ©forme territoriale : premier bilanAuteur AnaĂ«lle Baes ChargĂ©e d’études Après de multiples rebondissements, le projet de loi de réforme territoriale a finalement été adopté par les députés français, mercredi 23 juillet. L'Assemblée a modifié la carte des régions, ramenant leur nombre de 22 à 13 à compter du 1er janvier 2016. Les débats ont été intenses et continuent de l'être entre ministres, sénateurs et députés. Mais quid des citoyens ? Conscient de la nĂ©cessitĂ© de renouveler les pratiques dĂ©mocratiques dans la manière de "fabriquer" et mettre en Ĺ“uvre les politiques publiques, l’Institut Montaigne s’efforce d’associer davantage et plus Ă©troitement les citoyens au dĂ©bat public. Il a ainsi choisi d’être partenaire de la plateforme numĂ©rique Nos rĂ©gions demain, lancĂ©e Ă l’initiative du cabinet Res publica et avec le soutien mĂ©thodologique de la Commission Nationale du DĂ©bat Publique (CNDP), conçue pour permettre Ă tous les Français de dĂ©battre, ensemble et avec les Ă©lus, de la rĂ©forme territoriale.Depuis sa mise en ligne le 7 juin dernier, plus de 6 000 internautes de toute la France se sont dĂ©jĂ rendus sur le site, 500 d’entre eux ont rĂ©pondu Ă un questionnaire sur les enjeux de cette rĂ©forme et plus de 200 "parleurs" (personnes inscrites sur le site) de toutes les rĂ©gions discutent ensemble.Premier constat : 90 % des rĂ©pondants adhèrent au principe de la rĂ©forme malgrĂ© les inquiĂ©tudes qu’elle suscitePour eux, la rĂ©duction du nombre des rĂ©gions est avant tout l’occasion de simplifier le mille-feuille territorial français, avant mĂŞme les enjeux Ă©conomiques induits ou encore la question de la rĂ©duction des dĂ©ficits publics.Toutefois, la carte de la rĂ©forme proposĂ©e par le gouvernement gĂ©nère des inquiĂ©tudes quant au respect de l’identitĂ© des territoires. De nombreux contributeurs insistent sur la nĂ©cessitĂ© de prendre en compte le sentiment d’appartenance dans le redĂ©coupage et de rĂ©flĂ©chir Ă des moyens permettant de garantir la prĂ©servation des identitĂ©s territoriales locales dans le tracĂ© des rĂ©gions.La question de la cohĂ©rence Ă©conomique et culturelle des fusions se pose Ă©galement. Les contributions laissent supposer que l’assemblage de territoires contrastĂ©s et sans identitĂ© commune suscitera de facto moins d’adhĂ©sion.Autre objet de prĂ©occupation, le destin des villes dans les cas de fusion de rĂ©gions. Les questions du choix des mĂ©tropoles et de l’articulation entre les grandes villes au sein des nouvelles rĂ©gions sont très prĂ©sentes dans le dĂ©bat. Sans surprise, le sujet des territoires ruraux ou Ă©loignĂ©s des centres urbains est très sensible. Pour certains participants le risque d’une architecture reposant sur les mĂ©tropoles et les grandes rĂ©gions qui creusent les fractures sociales et territoriales n’est pas nĂ©gligeable. Des attentes très concrètes et rĂ©alistes de la part des contributeursUne très large majoritĂ© des participants Ă©tait favorable Ă la possibilitĂ© de recomposer les rĂ©gions en autorisant les dĂ©partements Ă changer de rĂ©gion. Rappelons que les dĂ©putĂ©s français viennent d’introduire ce droit d’option pour les dĂ©partements dans le projet de loi de rĂ©forme territoriale.De plus, un deuxième texte, qui sera dĂ©battu Ă l'automne, devrait rĂ©organiser les compĂ©tences entre collectivitĂ©s - en transfĂ©rant aux rĂ©gions la responsabilitĂ© des routes, du transport scolaire et des collèges, aujourd'hui du ressort des conseils gĂ©nĂ©raux -, ce qui est indispensable et soutenu par plus de 80 % des rĂ©pondants qui considèrent que la rĂ©forme doit s’accompagner d’un renforcement de la dĂ©centralisation.Ainsi, il apparaĂ®t nettement que le dĂ©bat citoyen s’inscrit dans l’actualitĂ©, voire la prĂ©cède. Les citoyens souhaitent et doivent s’emparer des sujets qui constituent les grands enjeux de notre sociĂ©tĂ©. Ce constat avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© Ă©noncĂ© Ă la suite de la ConfĂ©rence de citoyens organisĂ©e par l’Institut Montaigne Ă l’automne dernier, rĂ©unissant 25 citoyens reflĂ©tant une grande diversitĂ© de profils et d’origines, afin de rĂ©flĂ©chir Ă l’avenir de notre système de santĂ©.Un dĂ©bat plus citoyen pour une rĂ©forme plus optimaleLe principe de la rĂ©forme remporte Ă ce stade l'adhĂ©sion. Mais la faible transparence des prises de dĂ©cision et l’absence de dĂ©bat public risque d’entrainer un rejet global du redĂ©coupage des rĂ©gions au sein de la population. Le cours des dĂ©bats sur Nos rĂ©gions demain permet de mesurer l’acceptabilitĂ© de la rĂ©forme, de dĂ©gager un socle consensuel et d’identifier des points de blocage. La prise en compte de leurs rĂ©flexions et de leurs propositions n’aurait pour seul intĂ©rĂŞt que de rendre la rĂ©forme plus pertinente, efficace et mieux acceptĂ©e. ImprimerPARTAGER