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Nonna Mayer "Le succès des forces d'extrême droite n'est ni inéluctable ni irréversible"

Grand entretien

Nonna Mayer
 Nonna Mayer
Professeur émérite de recherche CNRS au Centre d'études Européennes et de politique comparée de Sciences Po, Paris

La rentrée politique de septembre s’annonce bien différente de toutes celles qui l’ont précédées. Suite aux élections législatives du mois de juin, le Rassemblement national, fort de ses 89 députés, s’installe comme groupe politique à l’Assemblée. Une situation inédite depuis les législatives de 1986, qui avaient permis à un groupe composé de 35 députés frontistes de s’installer au Palais Bourbon. Alors que le parti entre dans sa 50ème année d’existence, ces élections semblent consacrer un processus de normalisation électorale et politique de l'extrême droite en France. Pour Nonna Mayer, professeur émérite de recherche CNRS au Centre d'études Européennes et de politique comparée de Sciences Po, Paris, spécialiste de l’extrémisme de droite et du comportement électoral, cette dynamique n’a pourtant rien d’inévitable ou d’irréversible. Elle n’a pas empêché non plus une augmentation de la tolérance en France ces dernières années.

Quelles dynamiques permettent d’expliquer le score du Rassemblement National lors des dernières législatives ? Ce phénomène révèle-t-il un glissement généralisé vers la droite dans la politique française comme de récentes études semblent l’attester ? Comment le paysage politique à droite peut-il évoluer désormais ?

Le succès du RN aux dernières élections législatives s'inscrit dans une dynamique électorale relancée par Marine Le Pen dès qu’elle reprend le parti en 2011, grâce à sa stratégie de "dédiabolisation", visant à lisser son image. À chaque élection (régionale, départementale, présidentielle, européenne...), Marine Le Pen va faire mieux que son père avant elle, jusqu'à son record historique au second tour de la présidentielle, avec près de 42 % des suffrages exprimés et plus de 13 millions d'électeurs. Jusque-là jamais elle n'avait réussi à faire aussi bien que lui aux législatives. Là, dans la foulée du scrutin présidentiel, le RN obtient 18,6 % des suffrages au premier tour, battant le record du FN aux législatives de 1997 de près de 4 points, avec un demi-million de voix supplémentaires, et se qualifiant pour le second tour dans 208 circonscriptions (contre 107 en 2017). Surtout, à la surprise générale, il obtient 89 élus, du jamais vu.

Que s'est-il passĂ© ? Le rejet, voire la haine d'Emmanuel Macron a beaucoup jouĂ©. Dans cette Ă©lection, le vote "contre" a pris une importance considĂ©rable et favorisĂ© le vote aux extrĂŞmes. Marine Le Pen a fait une campagne de proximitĂ©, peu visible mais payante - notamment en milieu rural - qui lui a permis d’arriver en tĂŞte dans près de la moitiĂ© des communes au premier tour des lĂ©gislatives et notamment dans les plus petites, de moins de 1 000 habitants. Elle l'a axĂ©e sur le pouvoir d'achat, la première prĂ©occupation des Français, plutĂ´t que sur l'immigration. Mais le facteur dĂ©cisif est l'effondrement du front rĂ©publicain. Faute de consigne claire de vote au second tour, appelant Ă  voter pour le ou la candidate la mieux placĂ©e face au RN, l'abstention a Ă©tĂ© massive, permettant au RN de passer. D'après Ipsos, en cas de duel entre NUPES et RN, 72 % des Ă©lecteurs macronistes et 53 % des Ă©lecteurs LR ont prĂ©fĂ©rĂ© s'abstenir ou voter RN (respectivement 12 % et 35 %) plutĂ´t que voter NUPES (16 % et 12 %). Tandis que confrontĂ©s Ă  un duel RN / Ensemble ! 45 % des Ă©lecteurs de la NUPES ont prĂ©fĂ©rĂ© s’abstenir ou voter RN (18 %) plutĂ´t que voter pour la majoritĂ© prĂ©sidentielle (37 %). Et les tĂ©nors de LRM comme de la NUPES avaient prĂ©parĂ© le terrain, les premiers en mettant hors du champ rĂ©publicain la NUPES tout autant que le parti lepĂ©niste, les seconds en mettant sur le mĂŞme plan Macron et Marine Le Pen.  

S'agissant du glissement vers la droite, il n'est pas si évident. Dans sa dernière note, la Fondapol recense un total de plus de 57 % de voix de droite au premier tour de l’élection présidentielle, en ajoutant à celles obtenues par Marine Le Pen, Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Valérie Pécresse celles des électeurs d'Emmanuel Macron qui se positionnent à droite ou ont des valeurs de droite. Mais au niveau des partis, on identifie après les législatives non pas deux mais trois blocs distincts, un bloc de gauche dominé par les Insoumis, un bloc de droite radicale dominé par le RN, et un bloc central englobant le parti présidentiel et ses alliés. Au niveau des électeurs, sur la classique échelle droite - gauche, on note bien, entre les deux élections présidentielles, un recul du positionnement à gauche au profit du positionnement à droite. Mais c’est le refus de se situer sur cette échelle, soit en se plaçant au centre, soit en refusant de répondre, qui a le plus augmenté.

Quand on s'intéresse enfin à l'ensemble de la population et pas seulement à celle qui vote, elle penche à gauche.

Quand on s'intĂ©resse enfin Ă  l'ensemble de la population et pas seulement Ă  celle qui vote, elle penche Ă  gauche. Tous les ans depuis 1990 la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), fait faire un sondage sur le racisme, en face Ă  face, et non en ligne comme les sondages Ă©lectoraux, auprès d'un Ă©chantillon national reprĂ©sentatif de la population adulte rĂ©sidant en France, Ă©trangers compris. 

Le sondage de mars-avril dernier montre que 36 % des personnes interrogĂ©es se situent Ă  gauche sur l'Ă©chelle gauche / droite contre 26 % Ă  droite et 38 % qui se placent au centre ou refusent de rĂ©pondre. La France Ă©lectorale est donc Ă  droite, mais pas la France dans son ensemble et c’est ce dĂ©calage qui est prĂ©occupant dans une dĂ©mocratie.

Deuxième point encore plus important : l'Ă©volution des valeurs. Ă€ partir du mĂŞme sondage de la CNCDH le chercheur Vincent Tiberj a construit un indice longitudinal de tolĂ©rance qui synthĂ©tise les rĂ©ponses Ă  75 questions sur l'image des minoritĂ©s posĂ©es au moins trois fois depuis 1990, ce qui en fait un instrument de mesure particulièrement fiable. L'indice varie entre 0 (aucune rĂ©ponse tolĂ©rante) Ă  100 (rĂ©ponses systĂ©matiquement tolĂ©rantes). Or cet indice, il monte ! Le rapport de cette annĂ©e, publiĂ© le 11 juillet dernier, montre qu'il a atteint 68, son plus haut niveau depuis 1990. Donc loin de se droitiser, la sociĂ©tĂ© française est de plus en plus tolĂ©rante. Cette Ă©volution tient Ă  plusieurs facteurs. Elle reflète d’abord la diversitĂ© croissante de la sociĂ©tĂ© : un sondĂ© sur trois dĂ©clare avoir au moins un parent ou grand-parent Ă©tranger. Elle tient Ă  la hausse constante du niveau de diplĂ´me : plus on fait d'Ă©tudes, plus l'indice de tolĂ©rance est Ă©levĂ©. Elle est portĂ©e par le renouvellement gĂ©nĂ©rationnel : chaque nouvelle cohorte est plus tolĂ©rante que celles qui l'ont prĂ©cĂ©dĂ©e. On note en revanche une polarisation gauche droite croissante. Les enquĂŞtĂ©s qui se classent Ă  gauche sur l'Ă©chelle gauche droite sont de plus en plus tolĂ©rants, avec un indice record de 78 cette annĂ©e, alors qu'Ă  droite il reste stable, Ă  52. Il n'y a donc pas de droitisation de la sociĂ©tĂ© mais une crispation Ă  droite sur des positions intolĂ©rantes envers l'autre. 

Mais le fait même que la société évolue lentement vers une meilleure reconnaissance de l'autre et de ses droits, non seulement ceux des minorités religieuses et culturelles, mais aussi des femmes, des LGBT, des personnes en situation de handicap, pourrait produire une crispation supplémentaire chez celles et ceux qui ne se sentent pas en phase avec ce mouvement. C'est la thèse du "backlash", notamment développée par Pippa Norris et Ronald Inglehart dans un ouvrage paru en 2019.

Comment le paysage politique Ă  droite peut-il Ă©voluer dĂ©sormais ? C'est difficile Ă  dire dans un tel contexte de fragmentation et de recul historique des partis de gouvernement, qui voit la candidate des RĂ©publicains recueillir moins de 5 % des suffrages au premier tour de la prĂ©sidentielle, et son parti compter 28 dĂ©putĂ©s de moins Ă  l’AssemblĂ©e nationale que le RN. La situation est inĂ©dite, et l'on ignore quelle stratĂ©gie les RĂ©publicains vont adopter. Une chose est certaine, Macron va continuer Ă  chercher Ă  les dĂ©baucher, il en a plus que jamais besoin pour obtenir des majoritĂ©s Ă  l’AssemblĂ©e nationale. 

Depuis leur arrivĂ©e Ă  l'AssemblĂ©e, les dĂ©putĂ©s RN tentent de parfaire leur image d'opposition "crĂ©dible et sĂ©rieuse", face Ă  une NUPES prĂ©sentĂ©e comme "agitatrice et peu constructive". Cette stratĂ©gie peut-elle s'avĂ©rer gagnante pour parachever le processus d’institutionnalisation de ce parti ? 

Pour la première fois le RN a un nombre consĂ©quent d'Ă©lus Ă  l'AssemblĂ©e nationale, il reprĂ©sente le premier groupe d’opposition, il peut peser, c'est pour lui une occasion inespĂ©rĂ©e de montrer qu'il est capable de gouverner, lui qui ne dĂ©tient qu'une douzaine de mairies, aucune rĂ©gion, aucun dĂ©partement. L'enjeu pour la formation politique de Marine Le Pen est capital alors que seuls 23 % des Français estiment qu'elle ferait une bonne PrĂ©sidente de la RĂ©publique, et 34 % que le RN a la capacitĂ© de participer Ă  un gouvernement. Elle doit prouver aux Français qu'elle et son parti sont crĂ©dibles. Et ils vont utiliser la NUPES comme repoussoir en avançant : "eux ils chahutent, nous, nous sommes les bons Ă©lèves". Mais tout cela sera compliquĂ©.

Certes Marine Le Pen a rĂ©ussi Ă  transformer l'image du parti, Ă  le faire apparaĂ®tre moins dangereux et moins extrĂŞme que du temps de son père. En janvier, seuls 48 % des sondĂ©s voient le RN comme un danger pour la dĂ©mocratie, 10 points de moins qu'en 2011 quand elle en prend les rĂŞnes, 27 points de moins qu'en 1997. 

En janvier, seuls 48 % des sondĂ©s voient le RN comme un danger pour la dĂ©mocratie.

Quant Ă  elle, pour la première fois, ils sont plus nombreux Ă  la voir comme la reprĂ©sentante "d'une droite patriote attachĂ©e aux valeurs traditionnelles" (46 %) plutĂ´t qu'une "extrĂŞme droite nationaliste et xĂ©nophobe" (41 %).

Cette stratĂ©gie lui a notamment permis d'attirer un Ă©lectorat fĂ©minin, rebutĂ© par les propos violents et volontiers sexistes de son père, et de combler ce "radical right gender gap", soit l'Ă©cart pouvant aller jusqu'Ă  6-7 points entre le niveau de soutien des femmes et des hommes. 

Mais son parti inquiète encore. Après les Ă©lections, 70 % des sondĂ©s placent le RN Ă  l’extrĂŞme droite, 58 % y voient un danger pour la dĂ©mocratie, 57 % un parti xĂ©nophobe selon l’étude de la Fondapol. Une partie de l'appareil du RN n'a jamais adhĂ©rĂ© Ă  cette stratĂ©gie de "dĂ©diabolisation" et reste très attachĂ©e aux fondamentaux, Ă  une ligne dure sans concession. Ces tensions entre radicaux et pragmatiques ne sont pas spĂ©cifiques au RN, elles sont en train de miner l'AfD allemande, maintenant en perte de vitesse. Elles ont amenĂ© le FPĂ– autrichien Ă  l'Ă©clatement après son passage au pouvoir entre 1999 et 2002, ainsi que le parti des Vrais Finlandais après son passage au gouvernement en 2017. Le dĂ©bat rĂ©cent Ă  l'AssemblĂ©e autour de l'inscription dans la Constitution du droit Ă  l'avortement est un bon rĂ©vĂ©lateur de divisions potentielles au sein du RN. Marine Le Pen rĂ©pond "Pourquoi pas ? " alors que les dĂ©putĂ©s du RN comptent plusieurs militants et militantes pro-vie qui y sont farouchement opposĂ©s. 

Surtout, le RN n'est pas allĂ© au bout de sa mue. Au cĹ“ur de son programme figure toujours le principe de la prĂ©fĂ©rence ou prioritĂ© nationale, en matière de logement, d'emploi, d'aides sociales, contraire au principe constitutionnel de l'Ă©galitĂ© devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Il remet en cause le droit d’asile, le regroupement familial, le droit du sol. Il affirme la supĂ©rioritĂ© du droit français sur le droit europĂ©en et international. Autant de mesures contraires aux valeurs et principes de la RĂ©publique et Ă  nombre d'engagements internationaux de la France. Le discours nostalgique de l'AlgĂ©rie française du doyen d’âge, le dĂ©putĂ© RN JosĂ© Gonzalez, lors de la sĂ©ance d'ouverture de l'AssemblĂ©e nationale, validĂ© par Marine le Pen, et ses rĂ©ponses Ă©vasives Ă  la presse sur l'OAS et les crimes de l’armĂ©e française en AlgĂ©rie illustrent bien ces contradictions. 

Comment cette victoire s'inscrit-elle dans le processus plus large de normalisation des droites radicales en Europe ?

La dynamique Ă©lectorale des droites radicales populistes en Europe Ă  partir des annĂ©es 1990 tient largement Ă  leur volontĂ© affichĂ©e de se dĂ©marquer de l'hĂ©ritage fasciste ou nazi pour intĂ©grer le jeu politique dĂ©mocratique. Celles qui rĂ©ussissent le mieux sont celles qui mettent en Ĺ“uvre, comme Marine le Pen, une stratĂ©gie de respectabilisation et de "mainstreaming", au moins de façade. Mais comme l’a bien montrĂ© Jan Werner MĂĽller les processus sont très contrastĂ©s d’un pays Ă  l'autre. Il y en a oĂą ces droites sont depuis longtemps au pouvoir, comme le Fidesz en Hongrie ou le PIS en Pologne. Au dĂ©part, ce sont des partis conservateurs qui se sont radicalisĂ©s. Aujourd'hui ils sont sur la voie non pas d'une normalisation mais d'une rĂ©gression dĂ©mocratique, celle des dĂ©mocraties illibĂ©rales au sens de Fareed Zakaria, remettant en cause ouvertement les principes du libĂ©ralisme politique tels que la sĂ©paration des pouvoirs, l'indĂ©pendance de la justice, les droits fondamentaux. Dans d'autres pays, ces droites radicales participent Ă  des gouvernements de coalition, le plus souvent avec les conservateurs. C'est le cas du MSI italien, entrant dans le gouvernement de Berlusconi en 1994 avant mĂŞme sa mue dĂ©mocratique en Alleanza nazionale. C'est le cas Ă©galement du FPĂ– autrichien associĂ© Ă  l'Ă–VP en 1999-2002, puis de nouveau de 2017 Ă  2019. Idem enfin pour l’UDC suisse reprĂ©sentĂ©e au Conseil fĂ©dĂ©ral dès 2003, le Parti du progrès norvĂ©gien (2014), les Vrais Finlandais (2015) et plus rĂ©cemment en Italie, le gouvernement de coalition formĂ© par la Lega et le Mouvement populiste Cinq Étoiles (2018). Ailleurs, ces partis soutiennent le gouvernement sans y entrer, inflĂ©chissant sa politique migratoire, comme le Parti du peuple danois, ou le PVV de Geert Wilders aux Pays Bas. Rares sont les pays oĂą les partis de gouvernement Ă©tablissent encore contre ces droites un "cordon sanitaire".

Cette progression des droites radicales populistes n'est toutefois ni inĂ©luctable, ni irrĂ©versible. 

Ce dernier avait bien failli craquer en Thuringe contre l'AfD en 2020, en Belgique oĂą la Charte de la dĂ©mocratie signĂ©e par les principaux partis francophones en 2002 vient d'ĂŞtre rĂ©actualisĂ©e après que le prĂ©sident du parti libĂ©ral a acceptĂ© de dĂ©battre avec le leader du Vlaams Belang, en France oĂą le front rĂ©publicain contre le RN vient de s’effondrer. 

Cette progression des droites radicales populistes n'est toutefois ni inĂ©luctable, ni irrĂ©versible. Elles ont percĂ© dans des pays comme l'Allemagne (AfD), l'Espagne (Vox), le Portugal (Chega) que l'on croyait vaccinĂ©s. Mais, inversement, dans les dĂ©mocraties post-communistes qui ont vu fleurir les formations populistes, deux d'entre elles viennent d'ĂŞtre battues, le SDS de Jansa en SlovĂ©nie, proche de Orbán, et l'ANO du tchèque Babis. 

Ces droites enfin sont divisĂ©es, tant sur la position envers la Russie - surtout depuis la guerre en Ukraine - que sur les enjeux Ă©conomiques et culturels. Au Parlement europĂ©en, elles ont bien rĂ©ussi Ă  former un groupe, IdentitĂ© et DĂ©mocratie, fort de 73 membres en 2019, dont le FN de l’époque, la Lega italienne, l'AfD allemande, le FPĂ– autrichien et le Vlaams Belang. Mais elles ont Ă©chouĂ© Ă  convaincre les poids lourds que sont la Pologne (qui appartient au groupe des Conservateurs et rĂ©formistes europĂ©ens, ECR) et la Hongrie (chez les non-inscrits) de les rejoindre. Et la dernière tentative pour faire une grande alliance souverainiste au Parlement europĂ©en a fait long feu, malgrĂ© une dĂ©claration commune initiĂ©e par Le Pen, Salvini et Orbán en juillet 2021, et signĂ©e par 16 de ces partis. Il ne faut pas sous-estimer l'influence de leurs idĂ©es. Mais, il ne fait pas non plus exagĂ©rer leur pouvoir de nuisance. 

 

 

Copyright : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

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