AccueilExpressions par MontaigneModernisation de la fiscalitĂ© locale : faire les bons choixLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne CohĂ©sion sociale24/01/2014ImprimerPARTAGERModernisation de la fiscalitĂ© locale : faire les bons choixAuteur Alexia de Monterno Directrice adjointe de l'Institut Montaigne Alors que le premier Ministre vient de charger le Comité des finances locales (CFL), présidé par André Laignel, d'une mission sur la remise à plat et la modernisation de la fiscalité des collectivités, il nous semble important de rappeler ici les principales conclusions que l'Institut Montaigne et l'Institut de l'entreprise ont tirées de l'analyse de la fiscalité locale dans leur rapport conjoint Mettre enfin la fiscalité au service de la croissance, publié en septembre 2013.Trois axes de rĂ©flexion et de propositions ont Ă©tĂ© soumis par Jean Marc Ayrault au CFL : - la simplification de l'architecture des impositions, redevances et taxes locales, dans un souci de meilleure lisibilitĂ©, - l'Ă©ventualitĂ© d'une refonte du système des exonĂ©rations et dĂ©grèvements, - les derniers ajustements consĂ©cutifs Ă la rĂ©forme de la taxe professionnelle. Ces objectifs ne sont pas condamnables en soi tant il est vrai que la complexitĂ© de la fiscalitĂ© locale nuit fortement Ă son efficacitĂ© et Ă l’équitĂ© ressentie par les contribuables. NĂ©anmoins, la mission assignĂ©e au CFL ne nous semble pas rĂ©pondre aux deux enjeux principaux de la fiscalitĂ© locale. La première question, fondamentale, est celle de la nĂ©cessaire clarification des compĂ©tences, vĂ©ritable serpent de mer du dĂ©bat public, tant l’organisation territoriale française est aujourd’hui devenue inextricable et dans le mĂŞme temps intouchable. La dĂ©centralisation devait reposer sur un partage clair des obligations entre l’État et les collectivitĂ©s locales – aussi bien du point de vue des dĂ©penses que des recettes – et accroĂ®tre ainsi la responsabilitĂ© des Ă©lus vis-Ă -vis des citoyens. En rĂ©alitĂ©, elle a constituĂ© un terreau favorable au dĂ©veloppement de comportements opportunistes et Ă l’investissement de nombreux champs de compĂ©tences non obligatoires, prenant appui sur le principe de libre-administration. En ce sens, le retour de la clause de compĂ©tence gĂ©nĂ©rale et la suppression du conseiller territorial Ă l’hiver 2012 constituent des signaux nĂ©gatifs. C’est en rĂ©alitĂ© dans l’autre direction qu’il est indispensable d’avancer : - l’interdiction des financements croisĂ©s doit permettre d’instaurer un système fiscal plus transparent et plus responsable ; - la clause de compĂ©tence gĂ©nĂ©rale doit ĂŞtre radicalement revue et sans doute supprimĂ©e ; - le fait mĂ©tropolitain doit l’emporter sur l’organisation juridique actuelle, ce qui supposerait la suppression de certains dĂ©partements, particulièrement en zone urbaine. En second lieu, il ne faudrait pas attendre des ajustements de recettes qu’ils viennent rĂ©gler des questions relatives au niveau des dĂ©penses. Après avoir Ă©puisĂ© nombre de leviers fiscaux, et face au constat inĂ©vitable de la rarĂ©faction des ressources, il devient inĂ©vitable pour les collectivitĂ©s de s’engager dans la maĂ®trise de leurs dĂ©penses. Alors que jusqu’à prĂ©sent l’augmentation des taxes semblait la seule rĂ©ponse Ă celle de la dĂ©pense locale, il s’agit d’inverser cette logique. A cette fin, il est impĂ©ratif de clarifier la question des consĂ©quences des transferts des compĂ©tences sur la gestion et les finances des collectivitĂ©s. Les analyses portant sur les dĂ©penses de personnel montrent ainsi qu’en dehors mĂŞme des processus liĂ©s au transfert des compĂ©tences, les collectivitĂ©s territoriales ont créé de plus de 35 000 emplois d’agents publics locaux par an depuis 1990, hors transferts de compĂ©tences. Au-delĂ , le constat de la divergence entre le dynamisme de la dĂ©pense sociale et celui des ressources des dĂ©partements ne peut rester sans rĂ©ponse. En l’absence de solutions de financement du manque Ă gagner des dĂ©partements, la refonte des dispositifs de prestations sociales mĂ©rite d’être explorĂ©e. On pourrait ainsi imaginer que les dĂ©partements modulent le niveau des prestations sociales, alors que le coĂ»t de la vie diffère largement d’un dĂ©partement Ă l’autre. La question n’est donc plus de trouver de nouvelles recettes, mais de revisiter de manière ambitieuse la pertinence et l’efficacitĂ© des dĂ©penses.ImprimerPARTAGER