AccueilExpressions par MontaigneMĂ©tropole du Grand Paris : une Ă©nième strate pour le mille-feuille francilien ?La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Action publique29/01/2016ImprimerPARTAGERMĂ©tropole du Grand Paris : une Ă©nième strate pour le mille-feuille francilien ?Auteur Institut Montaigne Le 22 janvier, la Métropole du Grand Paris (MGP) a élu son (premier) président : le député-maire (Les Républicains ? LR) de Rueil-Malmaison Patrick Ollier. Si le nom de cette nouvelle collectivité, née le 1er janvier 2016, est aujourd'hui familier, la réalité qu'elle recouvre demeure extrêmement floue. Entité complexe, la nouvelle métropole vient ajouter une strate supplémentaire à l'amoncèlement d'échelons qui recouvrent aujourd'hui le territoire de Paris et sa région. Ville et département de Paris, région Île-de-France, petite et grande couronne? Comment la nouvelle métropole peut-elle trouver sa place au sein de cet écheveau ? Est-elle une synthèse ou un élément de complexité supplémentaire ? Décryptage.Une entitĂ© juridique complexeCréée par la loi MAPTAM (modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des mĂ©tropoles) du 27 janvier 2014 et retouchĂ©e par la loi NOTRe (nouvelle organisation territoriale de la RĂ©publique) du 7 aoĂ»t 2015, la MGP est un Ă©tablissement public de coopĂ©ration intercommunale (EPCI). Il s’agit donc d’un regroupement de communes – ici 131 – rĂ©unies sous la forme d’un Ă©tablissement public afin de dĂ©velopper des compĂ©tences en commun. La MGP est placĂ©e sous le rĂ©gime de la fiscalitĂ© professionnelle unique : par ce rĂ©gime, elle se substitue progressivement aux communes pour la gestion et la perception des impĂ´ts et taxes professionnels (CET, TASCOM et une partie de l’IFER). Enfin, les 131 communes regroupĂ©es constituent dĂ©sormais douze Ă©tablissements publics territoriaux (EPT), qui remplacent les intercommunalitĂ©s existantes. Concrètement, ce n’est pas une structure qui est créée mais bien 13 : cohabitent dĂ©sormais au sein d’une mĂŞme entitĂ© cinq niveaux d'administration locale : commune, Ă©tablissements publics territoriaux, dĂ©partements, mĂ©tropole et rĂ©gion, un enchevĂŞtrement qui n’est pas vecteur de simplification.Des compĂ©tences partagĂ©esOrganiser le dĂ©veloppement Ă©conomique de la "rĂ©gion capitale" en crĂ©ant un pĂ´le mĂ©tropolitain dynamisant l’économie : telle est l’ambition initiale du "Grand Paris", tel qu’il a Ă©tĂ© imaginĂ© en 2008 par Nicolas Sarkozy. Depuis, le projet d’origine a considĂ©rablement Ă©voluĂ©. La nouvelle structure mĂ©tropolitaine de Paris va dĂ©sormais devoir composer avec la rĂ©gion qui exerce, comme elle, une compĂ©tence en matière de dĂ©veloppement Ă©conomique, mais Ă©galement le pouvoir de soutenir l'accès au logement, la politique de la ville et la rĂ©novation urbaine. Dès 2016, les EPT qui composent la MGP seront compĂ©tents pour l’élaboration des plans locaux d’urbanisme (PLU) ; en 2017, la mĂ©tropole se verra confier l’élaboration du schĂ©ma de cohĂ©rence territoriale ; en 2018, elle sera compĂ©tente en matière d’amĂ©nagement mĂ©tropolitain. Autant de domaines qui ne relèveront pas de sa seule responsabilitĂ© et qui devront ĂŞtre mis en Ĺ“uvre de façon cohĂ©rente en respectant les prĂ©rogatives des autres Ă©chelons territoriaux.Un dĂ©coupage territorial contestĂ©Plus vaste que Paris et sa petite couronne, mais plus rĂ©duite que la rĂ©gion ĂŽle-de-France, la MGP rassemble plus de 7 millions d'habitants, rĂ©partis sur la commune de Paris, les 123 communes des dĂ©partements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), une commune du Val-d'Oise (Argenteuil) et 6 communes de l'Essonne. Ce dĂ©coupage fait l’objet de nombreuses critiques. Elles Ă©manent d’acteurs divers : les dĂ©partements de la grande couronne fustigent un système qui marginaliserait leurs territoires, au profit d’un centre qui concentre dĂ©jĂ l’ensemble de l’attention et des richesses. ValĂ©rie PĂ©cresse, nouvelle prĂ©sidente LR de la rĂ©gion ĂŽle-de-France, a, de son cĂ´tĂ©, exprimĂ© publiquement sa ferme opposition au projet. François de Mazières, dĂ©putĂ©-maire de Versailles, a qualifiĂ© la MGP de "vĂ©ritable aberration", de "nouveau scandale du mille-feuille administratif" et de "rĂ©forme inutile, politicienne et coĂ»teuse". Ă€ peine Ă©lu, le nouveau prĂ©sident de la MĂ©tropole doit donc dĂ©jĂ faire face Ă de nombreux opposants. Les dĂ©fis Ă relever sont grands pour cette nouvelle collectivitĂ©, qui devra parvenir Ă s’affirmer pour accomplir ses missions statutaires et s’imposer comme un Ă©chelon lĂ©gitime. Un enjeu crucial de la dĂ©centralisation analysĂ© par l’Institut Montaigne dans son dernier rapport : DĂ©centralisation : sortons de la confusion. Par Blanche Leridon pour l’Institut MontaigneImprimerPARTAGER