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L'opposition n'est pas nécessairement là où on l'attendrait

 Philippe Manière
Auteur
Président-fondateur de Footprint > consultants

Nicolas Sarkozy n’a pas passé un très bon week-end sur le plan politique, du moins sur le plan intérieur…

Coups portĂ©s Ă  l’unitĂ© et Ă  l’action
Le programme Ă©tait chargĂ© : en quelques jours, nous avons assistĂ© Ă  3 universitĂ©s d’Ă©tĂ©. Or,

- Ă  celle du Nouveau centre Ă  Lalonde-les-Maures, HervĂ© Morin, un ministre de la rĂ©publique, a pris ses distances avec un projet du Gouvernement : le fichier Edvige

- à celle du Modem à Cap Esterel, nous avons assisté (de façon plus attendue) à une véritable attaque en règle de quasiment toutes les politiques (économique, sociale et fiscale) du Gouvernement,

- Ă  l’UniversitĂ© d’Ă©tĂ© de l’UMP Ă  Royan, enfin, derrière une unitĂ© de façade, de nombreuses interrogations sur le financement du RSA divisent la majoritĂ©. L’Ă©cole d’Alain Lambert, rĂ©voltĂ© qu’on augmente les impĂ´ts au lieu de tailler dans les dĂ©penses, a des Ă©mules…

Des voix discordantes Ă  l’unisson
Des oppositions semblent donc se cristalliser au-delĂ  les frontières partisanes, et une sorte de discours d’opposition raisonnĂ©e se met en place. A y regarder de plus près, cela n’a rien d’un hasard. En effet, A.Lambert, H.Morin et F.Bayrou ont Ă©tĂ© proches dans le passĂ©, tous appartenant Ă  cette droite libĂ©rale-chrĂ©tienne-dĂ©mocrate jusqu’alors Ă©clatĂ©e mais qui se retrouvent aujourd’hui autour des mĂŞmes rĂ©voltes. Au total, cette « opposition Â» demande plus de rigueur dans la gestion des comptes publics, et moins de rigueur dans les limites apportĂ©es aux libertĂ©s publiques.

Quels constats d’opposition ?
L’ennui, pour Nicolas Sarkozy, c’est que ce type de discours peut prendre, contrairement Ă  l’opposition du Parti Socialiste, trop largement divisĂ©, comme on a pu le constater il y a quelques jours Ă  leur propre universitĂ© d’Ă©tĂ©. A la fois, si les Socialistes ne sont pas dans une bonne posture, il est frappant de constater que ce sont eux qui se chargent de poser le diagnostic :

- Pourquoi ça ne va pas ? Tout simplement parce que le cap de Nicolas Sarkozy n’est pas très clair, il manque de boussole idĂ©ologique, et donc de cohĂ©rence dans ses actions via de nombreux allers-retours…

- Cette semaine dans le JDD, Michel Rocard a Ă©voquĂ© une politique « buissonnante et incertaine Â», la formule est Ă  la fois amusante et assez juste.

- Toujours hier, sur BFM tĂ©lĂ©, Pierre Moscovici avait parlĂ© d’une politique "un peu libĂ©rale, un peu rentière, un peu Ă©tatiste, et donc non efficace", ce qui est sĂ©vère mais pas complètement faux…

Il est assez drôle de constater que la gauche et le centre se retrouvent pour reprocher à Nicolas Sarkozy de ne pas faire deux choses qui sont nécessaires :

1) réduire les déficits et la dépense publique
2) doper la compétitivité des entreprises

Mais le plus cocasse c’est que ces deux questions sont prĂ©cisĂ©ment celles sur lesquelles la droite est normalement attendue quand elle est au pouvoir.

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