AccueilExpressions par MontaigneLoi pĂ©nitentiaire : fin de la surpopulation dans les prisons ?La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne CohĂ©sion sociale09/03/2009ImprimerPARTAGERLoi pĂ©nitentiaire : fin de la surpopulation dans les prisons ?Auteur Jean-Jacques Prompsy Voilà vingt ans qu’on l’attendait, le Sénat l’a votée le 6 mars. A mains levées. Enfin, il a voté son texte qui n’est pas tout à fait celui du gouvernement. Toute la presse l’a souligné comme si c’était cela qui est important... L’important, c’est que ce texte va faire du juge d’application des peines, le JAP, le juge le plus puissant de France puisqu’il pourra aménager toutes les condamnations à moins de deux ans, qui constituent près de la moitié des peines de prison prononcées. Ce pouvoir pourrait faire disparaître en quelques années la surpopulation des maisons d’arrêt qui est la cause première de l’inefficacité du système pénitentiaire français.Il pourrait mettre un terme Ă l’actuelle explosion de la population carcĂ©rale qui est passĂ© de 49 000 dĂ©tenus en 2002 Ă 62 000 en 2009. Cette croissance a fait doubler le budget de l’administration pĂ©nitentiaire - il est passĂ© de 1 Ă 2 milliards d’euros entre 1997 et 2007 - et a entraĂ®nĂ© la construction de places supplĂ©mentaires – il y en aura 12 000 de plus d’ici 2012- Ă 100 000 euros la place.Tous ces efforts n’ont pas empĂŞchĂ© que sortent des prisons, chaque annĂ©e, 90 000 dĂ©tenus. 90 000 personnes qui retrouvent leur banlieue avec pour la plupart la haine au cœur et bien peu d’aides pour se rĂ©insĂ©rer. Ils seront nombreux Ă revenir sous les verrous. LĂ est l’Ă©chec de la pratique actuelle. On ne dira jamais assez que l’efficacitĂ© du système se mesure au taux de rĂ©cidive.Le SĂ©nat a rĂ©affirmĂ© le principe de l’encellulement individuel. Il a raison. Non pas pour amĂ©liorer le confort des condamnĂ©s mais pour les mettre Ă l’abri du trop probable endurcissement qu’ils subiront de leurs coturnes s’ils en partagent la cellule.Enfin, il Ă©tait bon d’affirmer que tous les dĂ©tenus doivent ĂŞtre occupĂ©s, Ă travailler ou Ă se former ou Ă faire du sport. L’oisivetĂ© est toujours la mère de tous vices, disait le proverbe conservateur ; la meilleure façon de tuer un homme est de le nourrir Ă ne rien faire, disait FĂ©lix Leclerc qui ne l’Ă©tait pas.Reste Ă voir ce que va devenir ce texte devant l’AssemblĂ©e.Consultez "Comment rendre la prison (enfin) utile"Ecoutez le dĂ©bat Libres Echanges du 03/09/2008, "Prison : machine Ă rĂ©cidiver ou machine Ă rĂ©insĂ©rer"ImprimerPARTAGER