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L’immobilier de l’Etat : un sujet vendeur !

 Philippe Manière
Auteur
Président-fondateur de Footprint > consultants

Le Gouvernement a présenté les grandes lignes du projet de loi de finances pour 2008 la semaine dernière. Il y aurait évidemment beaucoup de choses à dire sur ce budget, qui n’est manifestement pas un budget de rigueur, et encore moins un budget de rupture. A certains égards on pourrait même dire que ce qui frappe, c’est à quel point il est dans la continuité des précédents – dépense stable mais pas en baisse, prévisions de recettes fondées sur une estimation optimiste de la croissance, déficit sévère, tout ça rappelle quelque chose… et même le choix des budgets prioritaires pourrait être assumé par un Raffarin, un Villepin et même un Jospin. . .

On peut trouver ça dĂ©cevant, mais en mĂŞme temps, il faut laisser Ă  un homme politique la maĂ®trise de son timing. Et apparemment, Nicolas Sarkozy, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est un homme politique accompli, a choisi de ne pas faire des coupes claires, d’attendre le rĂ©sultat de la revue gĂ©nĂ©rale des politiques publiques qui est en cours (ce qui a du sens!) et aussi peut-ĂŞtre... l’après municipales, pour restructurer les finances publiques. Accordons-lui le bĂ©nĂ©fice du doute.

Il ya quand mĂŞme un aspect qui mĂ©rite d’ĂŞtre dĂ©veloppĂ©, c’est la cession de l’essentiel de l’immobilier de l’Etat. Il faut savoir que la puissance publique est tout Ă  la fois "ruinĂ©e"... et assise sur un tas d’or ! On sait Ă  quel point l’immobilier vaut aujourd’hui très cher, et l'Etat en possède d'Ă©normes quantitĂ©s. Du coup, la question s’impose d’elle-mĂŞme. Ne serait-ce pas le moment de vendre une partie du patrimoine de l’Etat ? Le projet de loi de finances prĂ©voit « seulement Â» 600 millions d’euros de produits de cession d’immeubles appartenant Ă  l’Etat. Certes, c’est un peu plus que l’an dernier mais peut-ĂŞtre aurait-il Ă©tĂ© judicieux d’aller un peu plus loin.


Qu’on ne se mĂ©prenne pas, il n’est Ă©videmment pas question de demander Ă  l’Etat de vendre par exemple le château de Versailles, ça va de soi. Il ne s’agit pas non plus de vendre les murs d’un commissariat de police ou d’un bureau de poste pour lequel il faudra ensuite payer un loyer, ce qui ne serait pas forcĂ©ment malin.

En revanche, l’Etat est Ă  la tĂŞte de millions de m2 de bureaux banalisĂ©s qui ne sont pas toujours bien utilisĂ©s. D’une partie, il pourrait s’en dĂ©faire sans difficultĂ©. Ce serait Ă  coup sĂ»r un formidable levier pour la rĂ©forme de l’Etat.


C’est la raison pour laquelle Ă  l’Institut Montaigne, nous proposons la crĂ©ation d’une grande sociĂ©tĂ© foncière, une entitĂ© d’Etat gĂ©rĂ©e par exemple par la Caisse des dĂ©pĂ´ts, dans laquelle on mettrait tout cet immobilier « banal Â» que nous venons d’Ă©voquer.


Cette foncière pourrait ĂŞtre cotĂ©e maintenant ce qui rapporterait immĂ©diatement de très grosses sommes Ă  l’Etat, permettant ainsi de rĂ©duire la dette publique. Par la suite, il serait envisageable de demander Ă  des professionnels de faire vivre ce patrimoine en vendant peu Ă  peu, sans pression. En effet, jusqu’Ă  prĂ©sent, l’Etat dĂ©gage seulement quelques centaines de millions de cessions par an, mais en vendant dans l’urgence puisqu’il faut tenir le chiffre inscrit au Budget. Dans le fond, il faut sortir le sujet du pĂ©rimètre de l’Etat pour qu’ensuite il soit traitĂ© convenablement et avec sagesse.

Rapport « L’immobilier de l’Etat : quoi vendre, pourquoi, comment

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