AccueilExpressions par MontaigneLes primaires en Italie : Ă chaque Ă©lection sa primaireLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne17/01/2017ImprimerPARTAGERLes primaires en Italie : Ă chaque Ă©lection sa primaireAuteur Marc-Antoine Authier Ancien chargĂ© d'Ă©tudes - Energie, DĂ©veloppement durable Ă l'Institut Montaigne Pour la première fois en France, les candidats à l'élection présidentielle des deux principales familles politiques seront issus de primaires ouvertes. D?autres pays ont déjà institutionnalisé cette innovation politique, les États-Unis en tête. En quoi les primaires à l'étranger diffèrent-elles de celles qui ont été testées en France ? Un modèle français commence-t-il à se dessiner en creux ? Après le modèle argentin, focus sur le modèle italien.Une histoire de changement d’échelleL’Italie a Ă©tĂ© l’un des tout premiers pays europĂ©ens Ă adopter les primaires. Dès octobre 1998, une primaire fermĂ©e est organisĂ©e pour dĂ©signer le candidat Ă l’élection municipale de Bologne. Le dispositif Ă©tait directement issu des rĂ©formes Ă©lectorales engagĂ©es entre 1993 et 1995 et qui visaient Ă instaurer l’élection directe des maires et des prĂ©sidents des conseils gĂ©nĂ©raux et rĂ©gionaux. Le mĂ©canisme a progressivement changĂ© d’échelle : d’abord appliquĂ© au niveau municipal, il a Ă©tĂ© rĂ©pliquĂ© au niveau rĂ©gional et enfin au niveau national.En France, le dispositif est apparu plus tardivement. On peut ainsi considĂ©rer que l’histoire hexagonale des primaires commence en 2006 avec la primaire semi-ouverte du Parti Socialiste (PS). Soit dans la perspective d’une Ă©lection prĂ©sidentielle, alors que c’est dans le cadre d’élections locales qu’elles ont Ă©mergĂ© en Italie.Un succès populaireĂ€ l’exception de l'Argentine, oĂą elles sont obligatoires, les primaires constituent le plus souvent un droit supplĂ©mentaire octroyĂ© au citoyen, qu’il lui appartient de saisir ou non. Par consĂ©quent, les primaires sont leur propre plĂ©biscite : la participation au scrutin indique leur succès populaire. Les premières primaires tenues Ă l’échelle nationale en Italie, organisĂ©e par la coalition de l’Olivier - rassemblant diffĂ©rents courants de centre-gauche - le 16 octobre 2005, rassembla 4,3 millions de votants. Romano Prodi en sortit vainqueur avec 75 % des voix avant d’être Ă©lu quelques mois plus tard chef du gouvernement.Les primaires ont changĂ© le paysage politique de la Botte. Et si les personnalitĂ©s politiques font les primaires, les primaires font aussi les personnalitĂ©s politiques. Ainsi de Matteo Renzi, qui a construit sa carrière politique sur ce type d’élection. Après avoir remportĂ© la primaire Ă l’investiture pour les Ă©lections municipales de Florence, il devint maire de la capitale toscane en juin 2009. Puis, Ă l’échelle nationale, il remporta la primaire nationale du Partito Democratico en dĂ©cembre 2013 avec 68 % de votants. Avant de devenir PrĂ©sident du Conseil en fĂ©vrier 2014. Et après avoir perdu les prĂ©cĂ©dentes primaires Ă cette mĂŞme investiture en 2012…Quelles diffĂ©rences avec la France ?En Italie comme en France, le dĂ©veloppement des primaires Ă l’échelle nationale s’est nourri d’un besoin exprimĂ© d’alternance, lĂ -bas en opposition Ă Silvio Berlusconi en 2005, ici en opposition Ă Nicolas Sarkozy en 2011. Il existe donc des similitudes entre les contextes dans lesquels ont Ă©mergĂ© ces dispositifs de part et d’autre des Alpes. En revanche, l’ancrage territorial des primaires demeure beaucoup plus fort en Italie. En France, quelques expĂ©riences locales, Ă Marseille, au Havre ou Ă Aix-en-Provence, sont peut-ĂŞtre les prĂ©mices d’une extension prochaine de ce type de dispositif.En tous les cas, un modèle français sera nĂ©cessairement placĂ© sous le signe de l’élection prĂ©sidentielle car c’est Ă son aune qu’il s’est dessinĂ©. C’est sans doute ce qui constitue sa singularitĂ© en Europe, car le fonctionnement des primaires tend Ă copier celui de l’élection qu’elles anticipent. Ainsi, le modèle italien, mĂŞme pour ce qui concerne seulement les Ă©lections nationales, se dessine sur le patron des Ă©lections d’un rĂ©gime parlementaire. L’instabilitĂ© gouvernementale stimule la frĂ©quence de l’organisation de primaires.L’Institut Montaigne formule dix propositions concrètes pour faire des primaires un vĂ©ritable outil de redynamisation de notre vie politique. Ces propositions s’articulent autour de quatre principes - honnĂŞtetĂ©, Ă©quitĂ©, pluralitĂ©, dĂ©libĂ©ration - dont nous dĂ©taillons les fondements dans l’ouvrageLes primaires pour les Nuls, dirigĂ© par Olivier Duhamel.Sur le mĂŞme sujetLes primaires en France : une rĂ©ussite sous conditionsLes primaires au Royaume-Uni : former l’oppositionLes primaires en Argentine : un pas en avant ?Le système des primaires aux États-UnisImprimerPARTAGER