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Les Entretiens de la Cohésion sociale - "De l’entreprise engagée à l’entreprise-Providence"

 Institut Montaigne
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August et Debouzy avocats, Entreprise&Personnel, et l’Institut Montaigne ont inauguré vendredi 7 septembre 2012 le premier rendez-vous des Entretiens de la Cohésion sociale à la Maison de la Chimie, sur le thème "Entreprises et pacte social : quelle nouvelle donne ?".
Après une introduction de Jean-Paul Bailly, Président-directeur général du groupe La Poste et Président d’Entreprise&Personnel, une première table ronde a réuni Gonzague de Blignières, Président du comité de surveillance et Senior Partner d'Equistone Partners Europe, Sandra Enlart, Directrice générale d’Entreprises&Personnel, et Bruno Mettling, Directeur des Ressources humaines du Groupe Orange.

Un constat largement partagĂ© est Ă  l’origine de cette table ronde : notre modèle social est Ă  bout de souffle. PensĂ© après la Deuxième guerre mondiale, il n’a su se renouveler afin de s’adapter aux changements de la sociĂ©tĂ©. Le dĂ©veloppement des nouvelles technologies, la concurrence internationale et la crise Ă©conomique et financière actuelle ont accĂ©lĂ©rĂ© ce phĂ©nomène : interpellant les modèles, ces Ă©volutions ont aussi conduit les acteurs Ă  se mettre en mouvement, nous dit Bruno Mettling.
Il est temps de dĂ©finir le nouveau pacte social français, mobilisant les entreprises et les partenaires sociaux aux cĂ´tĂ©s de l’Etat.

L’entreprise et les partenaires sociaux au cœur de cette re-dĂ©finition
Sandra Enlart rappelle que l’entreprise dispose d’un "levier extraordinaire" : l’emploi. Mais mieux vaut alors parler d’"entrepreneur-Providence", plutĂ´t que d’"entreprise-Providence", nous dit Gonzague de Blignières, reprenant les propos d’AndrĂ© Mulliez, fondateur du rĂ©seau Entreprendre : "pour crĂ©er des emplois, le plus simple, c’est de crĂ©er des employeurs".
L’entreprise ne peut redĂ©finir seule le pacte social : l’engagement de tous les acteurs est nĂ©cessaire. En 2009-2010, alors que France TĂ©lĂ©com-Orange traversait une crise sociale majeure, une reprĂ©sentante d’une organisation syndicale a rappelĂ© que, dans ces moments difficiles, "les intĂ©rĂŞts des salariĂ©s rejoignent ceux de l’entreprise dans l’absolue nĂ©cessitĂ© de reconstruire". La disponibilitĂ© des partenaires sociaux, et la qualitĂ© des Ă©changes ont Ă©tĂ© essentielles au processus de rĂ©dĂ©finition du pacte social. Et les salariĂ©s en ont conscience : le syndicat le plus engagĂ© dans ce dialogue a gagnĂ© six points lors des dernières Ă©lections au sein de l’entreprise.

Repenser la notion de performance dans une perspective de long-terme
Afin de repenser le pacte social, il faut rĂ©flĂ©chir au sens du terme "performance". Les invitĂ©s partagent un mĂŞme constat : la performance Ă©conomique ne peut ĂŞtre dissociĂ©e de la performance sociale. Il faut cesser d’opposer objectifs de profits et objectifs sociaux. Cependant, cette conciliation n’est possible que sur le long-terme. Ainsi Bruno Mettling nous rappelle que les arbitrages sociaux adoptĂ©s par France TĂ©lĂ©com ne sont pas "en opposition avec la performance Ă©conomique, sous rĂ©serve que l’on l’Ă©value dans la durĂ©e".

Ouvrir l’entreprise et ses collaborateurs sur leur environnement social
RedĂ©finir le pacte social, c’est aussi promouvoir des emplois de qualitĂ©. Sandra Enlart insiste sur le fait que l’emploi doit ĂŞtre un lieu d’apprentissage et de professionnalisation, et pas uniquement une "occupation".
"DĂ©cloisonner l’entreprise de la sociĂ©tĂ©, c’est redonner un sens Ă  sa vie professionnelle" nous dit Gonzague de Blignières. Les entreprises ont besoin d’un environnement social aussi apaisĂ© que possible, et doivent s’engager pour cela. Le premier levier dont elles disposent est Ă©videmment l’emploi : les entreprises ne peuvent fermer les yeux sur le taux de chĂ´mage dans leur rĂ©gion. Elles ont aussi un rĂ´le clĂ© Ă  jouer en matière d’orientation des jeunes, ainsi que d’insertion professionnelle, notamment des moins qualifiĂ©s.
L’engagement bĂ©nĂ©vole des salariĂ©s est aussi une condition essentielle de la performance Ă©conomique de l’entreprise. Certaines entreprises le savent bien.
Le RĂ©seau Entreprendre, prĂ©sidĂ© en ĂŽle-de-France par Gonzague de Blignières, a créé près de 80 000 emplois grâce Ă  l’accompagnement offert bĂ©nĂ©volement par des cadres et chefs d’entreprises, Ă  des repreneurs ou crĂ©ateurs d’entreprises pendant deux ans. Redynamisant l’emploi et donc l’activitĂ© Ă©conomique au niveau rĂ©gional, ces actions de mĂ©cĂ©nat de compĂ©tences sont Ă©galement un vĂ©ritable "outil de performance Ă©conomique" pour l’entreprise, soutient la directrice du dĂ©veloppement durable de HSBC France. Une enquĂŞte interne a dĂ©montrĂ© que les collaborateurs participant Ă  une activitĂ© de bĂ©nĂ©volat proposĂ©e par HSBC avaient un taux d’engagement envers l’entreprise supĂ©rieur de 7 Ă  10 % Ă  la moyenne, directement corrĂ©lĂ© Ă  leur performance.

Aller plus loin :
- Voir les vidéos de Jean-Paul Bailly et de Michel Sapin
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