AccueilExpressions par MontaigneLes chiffres du chĂ´mage... Et ceux de l'emploi ?La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation05/06/2008ImprimerPARTAGERLes chiffres du chĂ´mage... Et ceux de l'emploi ?Auteur Institut Montaigne L'Insee a publié ce jeudi les chiffres du chômage au 1er trimestre 2008. On comprendra aisément que la ministre de l'économie se réjouisse de cette nouvelle baisse?Des chiffres Ă saluer Excellente nouvelle pour Christine Lagarde, le taux de chĂ´mage a baissĂ©, pour atteindre 7,2 % de la population active en France mĂ©tropolitaine au premier trimestre, soit 0,2 point de moins qu’au prĂ©cĂ©dent trimestre. En un an, nous sommes passĂ©s de 8,4 Ă 7,2 % de taux de chĂ´mage. On enregistre ainsi la 7ème baisse consĂ©cutive sur 7 trimestres. Ce rĂ©sultat est d’autant plus prĂ©cieux qu’on pouvait craindre une inversion, puisque la dĂ©crue du chĂ´mage a commencĂ© en 2006 mais a buttĂ© sur un palier au tournant de l'annĂ©e 2006-2007, avant de reprendre, il y a un an. Cette fois, elle se poursuit.Un peu mieux pour les jeunes En regardant les chiffres dans le dĂ©tail, on constate que le taux de chĂ´mage a encore reculĂ© pour les moins de 25 ans. La dĂ©crue les concerne donc aussi. Cela dit, ces niveaux demeurent deux fois supĂ©rieurs au taux de chĂ´mage des 25-49 ans. 17,2 % de chĂ´meurs parmi les jeunes, c’est nettement moins qu’il y a un an, lorsque l’on dĂ©passait les 20 %, mais ce chiffre reste très, trop Ă©levĂ©, Ă©videmment.Peut (encore) mieux faire Si l’on se penche cette fois sur les 25-49 ans, nouveau progrès, on tombe Ă 6,6 % de chĂ´mage concernant cette population. Autant dire que l’on n’est plus si Ă©loignĂ©s du plein emploi. Et au total, il faut tout de mĂŞme retenir que le taux de chĂ´mage publiĂ© ce jeudi est le plus bas jamais observĂ© en France depuis 1983, comme l’a rappelĂ© Laurent Wauquiez, secrĂ©taire d’Etat Ă l’emploi. Pourtant, il nous reste de gros progrès Ă faire, pour les jeunes, mais aussi pour la qualitĂ© de l’emploi : parmi les actifs, nombreux sont ceux qui sont Ă temps partiel et qui aimeraient travailler plus. La bataille n’est pas gagnĂ©e…Du cĂ´tĂ© de la Suède Des combats restent Ă mener, Laurent Wauquiez l’admet lui-mĂŞme, et propose de regarder du cĂ´tĂ© de la Suède, pour faire en France les rĂ©formes structurelles. Excellente rĂ©fĂ©rence, puisque la Suède est partie du chĂ´mage de masse dans les annĂ©es 90 pour atteindre 5 % seulement de chĂ´mage aujourd’hui. IngrĂ©dients du succès suĂ©dois : la rĂ©forme de la formation professionnelle, la crĂ©ation d'une agence unique de service public de l'emploi avec des objectifs de rĂ©sultats, et aussi des contrĂ´les accrus pour que personne ne profite du système. Tout cela trouve d’ailleurs un Ă©cho dans les rĂ©formes qui sont en cours en France… Cela Ă©tant, un autre problème reste Ă rĂ©gler, celui de la mesure, des chiffres et de leur transparence.Plus de transparence En effet, si l’on observe les chiffres exploitĂ©s aujourd’hui, il y a de quoi ĂŞtre surpris ! Le taux de 7,2% de chĂ´mage publiĂ© ce jeudi matin correspond Ă 2 millions de chĂ´meurs au sens du BIT, le Bureau International du Travail. Or, en France, on compte 2,6 millions de personnes, qui ne sont pas toutes des chĂ´meurs au sens du BIT (parce qu’elles ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler ou parce qu’elles n'ont pas effectuĂ© de dĂ©marches actives de recherche d'emploi dans le mois prĂ©cĂ©dent).Pour afficher le taux d’emploi Pour plus de clartĂ©, nous proposons donc, Ă l’Institut Montaigne, de fixer les objectifs politiques en termes de hausse du taux d’emploi plutĂ´t que de baisse du taux de chĂ´mage. Car le taux de chĂ´mage est discutable, variable dans ses dĂ©finitions et permet pas mal de manipulations (contrats aidĂ©s, emploi public, radiation de chĂ´meurs). Le taux d’emploi, en revanche, mesure le nombre de personnes qui travaillent en pourcentage de la population. Il chiffre donc la capacitĂ© d’un pays Ă faire participer, sans discrimination, l’ensemble de sa population active Ă la crĂ©ation de richesses.Des progrès Ă relativiser Ainsi donc, si l’on utilisait plutĂ´t le taux d’emploi, on passerait d’une logique de mesure de la pĂ©nurie d’emplois (ce qu’indique le taux de chĂ´mage) Ă une logique d’accroissement du potentiel productif. On verrait aussi qu’il nous reste de gros progrès Ă faire, puisque notre taux d’emploi est passĂ© de 64,7 % Ă 65,1 %, quand en Allemagne et mĂŞme au Portugal, il est de 68 %. Sans compter qu’au Danemark il atteint mĂŞme 77 % !ImprimerPARTAGER