AccueilExpressions par MontaigneLe dialogue social passe par une rĂ©duction du nombre de branches professionnellesLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation CohĂ©sion sociale14/02/2014ImprimerPARTAGERLe dialogue social passe par une rĂ©duction du nombre de branches professionnellesAuteur Institut Montaigne Par Fanny Anor, chargée de mission à l'Institut Montaigne et Arnaud Bastin, chargé d'études à l'Institut MontaigneLe 21 janvier dernier, lors de ses v?ux aux acteurs de l'économie et de l'emploi, le Président de la République a plaidé pour une "négociation sur la qualité du dialogue social". Cela pose la question de la rénovation de notre modèle social, et de la place (trop souvent) subalterne de la négociation collective dans les relations entre partenaires sociaux. Ă€ cet Ă©gard, l’accord conclu le 14 dĂ©cembre dernier autour de la rĂ©forme de la formation professionnelle constitue une avancĂ©e importante. La transposition lĂ©gislative de ce texte, signĂ© par quatre syndicats – CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC – et deux organisations patronales – le Medef et l’Union professionnelle artisanale –, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e le 22 janvier en Conseil des ministres et est dĂ©battue en ce moment au Parlement. L’article 15 de ce projet de loi, relatif Ă la rĂ©forme de la reprĂ©sentativitĂ© patronale, doit permettre Ă l'administration de restructurer les branches professionnelles, en rĂ©duisant drastiquement leur nombre. En effet, en 2013, seule une moitiĂ© de celles-ci – sur plus de 1000 branches recensĂ©es – Ă©tait considĂ©rĂ©e comme "active" par le ministère du Travail. Cet Ă©clatement affaiblit considĂ©rablement la capacitĂ© de nĂ©gociation, et remet en cause la notion mĂŞme de branche. Dans une note publiĂ©e en juin 2013, 10 propositions pour refonder le patronat, l’Institut Montaigne plaidait dĂ©jĂ pour une rĂ©forme des branches professionnelles. Cette publication invitait Ă en finir avec le mille-feuille patronal pour permettre enfin l’émergence d’un message unifiĂ© et d’une reprĂ©sentativitĂ© clarifiĂ©e. L’Institut Montaigne proposait Ă©galement qu’une branche ne soit considĂ©rĂ©e comme reprĂ©sentative que si deux des trois critères suivants sont remplis : que ses adhĂ©rents reprĂ©sentent au moins 15 % des entreprises, que ses adhĂ©rents emploient au moins 15 % des salariĂ©s, et que ses adhĂ©rents rĂ©alisent un chiffre d’affaires reprĂ©sentant au moins 15 % du chiffre d’affaires total du pĂ©rimètre considĂ©rĂ©. Ce recentrage vise Ă donner davantage de poids Ă la nĂ©gociation collective, particulièrement dans les petites entreprises oĂą elle est encore trop peu prĂ©sente. L’intĂ©rĂŞt d’une telle rĂ©forme, Ă©galement encouragĂ©e dans le rĂ©cent rapport du Directeur gĂ©nĂ©ral du Travail Jean-Denis Combrexelle, est de faciliter le dialogue social grâce Ă une rĂ©duction du nombre d’interlocuteurs patronaux – l’objectif affichĂ© est de faire passer leur nombre d’un millier Ă une centaine de branches d’ici dix ans – et Ă une augmentation de leur reprĂ©sentativitĂ©. Si une telle dĂ©cision des pouvoirs publics va dans le bon sens, deux enjeux de taille doivent ĂŞtre adressĂ©s : la disposition sur les pĂ©rimètres d'Ă©lection et la dĂ©signation des dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux, qui ne font pas consensus entre organisations syndicales et organisations patronales. ImprimerPARTAGER